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L’article à lire pour comprendre pourquoi la Turquie frappe la Syrie et ouvre sa frontière avec la Grèce

La situation est explosive dans la province d'Idleb, en Syrie, avec des combats intenses et une catastrophe humanitaire. Des milliers de personnes ont fui en Turquie, qui a ouvert sa frontière avec la Grèce. 

L’article à lire pour comprendre pourquoi la Turquie frappe la Syrie et ouvre sa frontière avec la Grèce

La situation est explosive dans la province d’Idleb, en Syrie, avec des combats intenses et une catastrophe humanitaire. Des milliers de personnes ont fui en Turquie, qui a ouvert sa frontière avec la Grèce. 

Une crise humanitaire, diplomatique, et militaire. Voilà ce qui se joue en ce moment à la frontière à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, mais aussi à la frontière Greco-Turque. « La crise sanitaire qui se déroule sous nos yeux est la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale« , estime même dans L’Express Hassan El Abdullah, médecin et fondateur de l’association SOS Syrie. Des dizaines de milliers de personnes ont afflué vers la Grèce depuis que le président Erdogan a ordonné l’ouverture des frontières de son pays, après l’offensive du régime de Damas dans la région d’Idleb. Le Conseil des ministres de l’intérieur européens doit aborder, mercredi 4 mars, la question de la gestion de la frontière extérieure de l’Union européenne, de nouveau sous l’angle sécuritaire.

Franceinfo vous résume les causes et les enjeux de cette crise majeure, qui déstabilise une nouvelle fois la région.

Quel est le point de départ de cette crise ? 

Le cessez-le-feu n’aura pas duré longtemps. En août 2019, la Syrie accepte de cesser les combats dans la région d’Idleb, dernier bastion rebelle et jihadiste situé dans le nord-ouest du pays. Depuis fin avril, la région était pilonnée par le régime de Damas et son allié russe. Mais la trêve s’arrête brutalement en décembre. Dès le 16 décembre, les forces du régime, soutenues par l’aviation russe, intensifient leurs bombardements dans cette région et de violents combats au sol les opposent aux jihadistes et rebelles. Il s’agit notamment, précise Le Monde, des jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (« Organisation de libération du Levant »), issu du Front al-Nusra, l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda. D’autres groupuscules jihadistes et rebelles sont également présents.

« Pour le régime, il est extrêmement important de reprendre cette zone pour pouvoir afficher une victoire de la reprise des forces gouvernementales sur l’ensemble du territoire syrien, analyse pour France Culture Agnès Levallois, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique. Des moyens extrêmement importants sont mis en œuvre pour cela, et ils sont aidés par les Russes. Sans les Russes, les troupes gouvernementales n’ont pas les moyens et la capacité de tenter de pouvoir reprendre cette poche. »

Quelles ont été les conséquences de cette offensive syrienne sur la population ?

La région d’Idleb abrite quelque trois millions de personnes, dont la moitié ont été déplacées depuis d’autres parties du pays reconquises par Damas. Cette nouvelle offensive syrienne suscite les craintes de la communauté internationale, alors que la situation humanitaire y est déjà catastrophique. De fait, dix jours après le début des combats, on recense déjà plus de 235 000 déplacés, note Le Monde. Ces déplacements concernent surtout la ville-clé de Maarat Al-Nouman, « quasiment vidée », comme ses environs, de ses habitants qui se dirigent plus au Nord, assure l’ONU.

Depuis décembre, la situation s’est aggravée. L’offensive du régime à Idleb a provoqué une grave crise humanitaire, déplaçant près d’un million de personnes en direction de la frontière turque, selon l’ONU. Quelque 470 civils ont également perdu la vie selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Pourquoi la Turquie s’est-elle impliquée et comment a-t-elle répliqué ? 

La Turquie avait déjà multiplié les frappes de drones contre les positions du régime de Bachar Al-Assad à Idleb. Mais là, pour la première fois, Ankara a annoncé officiellement, le 1er mars, que celles-ci s’inscrivent dans le cadre d’une opération plus générale. Le ministre Hulusi Akar a indiqué que le but de l’opération était de « mettre fin aux massacres du régime et empêcher une vague migratoire ». Depuis dimanche, l’aviation turque a abattu trois avions de l’armée syrienne.

Le 27 février, plus de 30 militaires turcs ont été tués dans des frappes aériennes attribuées par Ankara au régime syrien. « L’opération ‘Bouclier du printemps’, déclenchée après la vile attaque du 27 février à Idleb, se poursuit avec succès« , a déclaré le ministre turc de la Défense Hulusi Akar à la télévision.

 Source : franceinfo 04/03/2020

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