Analyse

L’arroseur se plaint d’être arrosé

La Russie est accusée par plusieurs Etats occidentaux d'être derrière des cyberattaques ayant visé des organismes sur leur territoire national et qu'ils prétendent avoir décelées et déjouées. Lancée par le Royaume-Uni, l'accusation a été quasi simultanément relayée par les Pays-Bas, les Etats-Unis, l'Allemagne et la France, chacun de ces Etats la reprenant en déclarant être lui aussi la cible d'attaques de même nature dont l'origine ne ferait pas de doute puisqu'ils sont parvenus à en identifier les auteurs présumés qu'ils disent être le Kremlin et le GRU, l'un de ses services secrets voué à mener ce genre d'entreprises. 

L’arroseur se plaint d’être arrosé

Par : Kharroubi Habib

La Russie est accusée par plusieurs Etats occidentaux d’être derrière des cyberattaques ayant visé des organismes sur leur territoire national et qu’ils prétendent avoir décelées et déjouées. Lancée par le Royaume-Uni, l’accusation a été quasi simultanément relayée par les Pays-Bas, les Etats-Unis, l’Allemagne et la France, chacun de ces Etats la reprenant en déclarant être lui aussi la cible d’attaques de même nature dont l’origine ne ferait pas de doute puisqu’ils sont parvenus à en identifier les auteurs présumés qu’ils disent être le Kremlin et le GRU, l’un de ses services secrets voué à mener ce genre d’entreprises.

Il est possible que la Russie s’adonne à la guerre cybernétique contre les puissances occidentales qui de leur côté ne rechignent pas à s’en prendre à elle en faisant de même mais aussi par d’autres moyens tels que les sanctions économiques et diplomatiques qu’ils appliquent à ce pays dans le but de contrer sa montée en puissance et en influence sur l’échiquier des relations internationales qui sont tout aussi contestables que le recours aux cyberattaques.

C’est un secret de polichinelle que les accusateurs de la Russie mènent eux aussi des cyberattaques qui ne sont qu’un aspect de la guerre de l’ombre qu’ils font à tous les Etats qui de leur point de vue représentent une menace potentielle pour leurs intérêts et sécurité nationaux. A ce jeu-là qu’ils veulent interdire à la Russie, leurs services secrets s’y adonnent à une échelle dont ils ne cachent pas l’amplitude.

La NSA, la plus puissante organisation du renseignement américain, ne fait pas en effet mystère qu’elle écoute le monde entier et procède à des cyberattaques contre les ennemis des Etats-Unis. Certes, c’est le droit des Etats accusateurs de la Russie de dénoncer les cyberattaques qu’ils prétendent venues de ce pays, mais qu’ils cessent de le faire en le présentant comme violant par ces actes le droit international et les règles admises dans les relations entre nations. Ce droit et ces règles sont essentiellement mis à mal et piétinés par leurs agissements auxquels des puissances comme la Russie ou toute autre qui en sont les cibles ne peuvent rester passives et sans parade.

L’arroseur arrosé que peuvent être les Etats occidentaux qui tirent en concertation sur la Russie sous le prétexte de ses prétendues cyberattaques ne peut convaincre qu’il est lui insoupçonnable du même méfait.

La NSA et toutes les officines occidentales ayant même vocation qu’elle ne sont pas plus « morales » que celle de la Russie dans le choix des armes utilisées dans la guerre souterraine qui oppose l’Occident à Moscou sur fond de lutte d’influence pour la gestion des affaires internationales. Que la Russie puisse leur damer le pion en la matière n’est nullement réprouvable et serait même souhaitable car cela aurait un effet dissuasif certain sur ces officines occidentales par trop aveuglées par la toute-puissance subversive qu’elles revendiquent et leur fait commettre sans retenue des actes attentatoires à la souveraineté des Etats qu’elles ont en point de mire.

KH .H

 

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