AMÉRIQUENewspolitique

L’Argentine paralysée

Avions cloués au sol, transports publics à l'arrêt, incidents avec la police: l'Argentine vit au ralenti en raison de la grève générale à l'appel des principales organisations syndicales, la première contre le Président libéral Mauricio Macri.

L’Argentine paralysée

Montréal par : Abdelkader DJEBBAR

Avions cloués au sol, transports publics à l’arrêt, incidents avec la police: l’Argentine vit au ralenti en raison de la grève générale à l’appel des principales organisations syndicales, la première contre le Président libéral Mauricio Macri.

«Le pays a été paralysé. Nous soulignons l’ampleur de cette grève et le niveau d’organisation et de discipline», a déclaré lors d’une conférence de presse Juan Carlos Schmid, secrétaire général de l’influente Confédération générale du travail (CGT). Le mouvement est «suivi à 90 %», a assuré Pablo Micheli, dirigeant de la Centrale des travailleurs d’Argentine (CTA).

La grève coïncidait avec le Forum économique mondial sur l’Amérique latine, déclinaison régionale du rendez-vous annuel de Davos, en Suisse. D’importantes mesures de sécurité entouraient l’hôtel accueillant l’évènement, inauguré par le président Macri et attirant de nombreux leaders du monde des affaires et de la politique à Buenos Aires. Durant la grève générale, d’une durée de 24 heures, aucun vol national ni international n’a décollé ni atterri, affectant 60 000 passagers selon l’Aviation civile, et tous les transports publics étaient à l’arrêt.

L’industrie, la santé, l’éducation et le secteur bancaire ont également été paralysés par l’appel des trois principales organisations syndicales, poussant M. Macri à parler «de comportements mafieux» qui «n’aident pas les travailleurs». Le ministre du Travail Jorge Triaca a reconnu que «la grève était très suivie», tout en accusant les syndicats d’avoir des motivations politiques, en cette année d’élections législatives, prévue en octobre. Lors d’une conférence de presse, il a d’ailleurs qualifié ce mouvement social de «non nécessaire».

La gréve générale est «une mesure extrême qui coûte 1 milliard $ au pays», avait d’ailleurs regretté la vice-présidente Gabriela Michetti avant le début du mouvement.
«Il y a un mal-être énorme car la politique économique ne donne pas de résultats» en appliquant des recettes libérales pour relancer le pays, a rétorqué Juan Carlos Schmid, de la CGT. Élu en décembre 2015, M. Macri avait promis de redresser une Argentine en pleine récession mais ses choix économiques de plus en plus contestés ces derniers mois ont poussé à la multiplication des manifestations, notamment contre l’austérité prônée par le gouvernement.

Au Forum économique jeudi, le président Macri a défendu ses mesures: «il est évident que ce qui a commencé il y a 15 mois dans notre pays est beaucoup plus profond qu’un changement économique», a-t-il dit, saluant notamment le retour de l’Argentine en catégorie d’investissement selon les agences de notation et le début de contrôle de l’inflation.

Le peso argentin vaut aujourd’hui la moitié de ce qu’il valait au début de l’année. Quant à l’inflation, elle dépassera les 30% d’ici la fin décembre. En clair : les poches des Argentins se vident pendant que les prix augmentent, le tout à très grande vitesse. Selon les chiffres officiels, 33% des Argentins sont aujourd’hui considérés comme « pauvres ». La classe moyenne n’est pas épargnée : gel des pensions, gel des salaires, hausse vertigineuse des tarifs des services publics. La consommation est en chute libre, les commerces et les entreprises ferment en nombre.

Pour faire face à cette situation, qui rappelle aux Argentins le traumatisme de la crise de 2001, le président Mauricio Macri a annoncé au début du mois un plan d’austérité d’une extrême violence : 13 ministères sur 23 ont été supprimés, dont ceux de la Santé et du Travail, et les taxes sur les exportations ont été augmentées. Taxes qui concernent les exportations agricoles, l’énergie et les mines.
L’objectif est à la fois de remplir les caisses de l’Etat et de satisfaire aux injonctions du FMI. Le Fonds monétaire international qui accorde des prêts d’urgence en échange de réformes structurelles, notamment sur la réduction du déficit budgétaire.

A.D

Montrer plus

Articles Liés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Voire aussi

Fermer
Fermer
Fermer
%d blogueurs aiment cette page :