Analyse

L’apriori de la vision occidentale sur la rencontre de Sotchi

L’apriori de la vision occidentale sur la rencontre de Sotchi

Par : Kharroubi Habib

Pour les médias occidentaux, le congrès du dialogue national syrien qui s’est ouvert hier à Sotchi sous l’égide de la Russie et auquel prennent part plus d’un millier de participants représentatifs de l’ensemble des sensibilités politiques, sociales et religieuses syriennes serait voué à l’échec du seul fait que l’opposition au régime de Damas ayant leur faveur a décidé de boycotter la tenue. Peu leur chaut en l’occurrence que cette opposition regroupée sous le label du Conseil des négociations syriennes (CNS) n’a de visibilité que par le soutien que lui octroient leurs Etats et la médiatisation qu’ils font à ses revendications alors qu’elle n’a qu’une négligeable audience auprès de la société syrienne et nulle capacité militaire qui lui permette d’influer sur le rapport de force qui prévaut en Syrie sur ce plan.

Malgré cela, les Etats et les médias occidentaux persistent à en faire l’acteur principal sans lequel il ne peut s’envisager de solution au conflit syrien. C’est parce que le voulant ainsi que les puissances qui soutiennent cette opposition à l’exclusion de celle en désaccord avec leur agenda pour la Syrie ont donné au processus de négociations pour la Syrie à Genève sous l’égide de l’ONU un format qui lui a fait la part belle en l’instituant seule interlocutrice valable face au gouvernement de Damas. Leur approche sur le dialogue inter-syrien se résume à permettre au CNS de poser au régime de Damas des préalables non négociables et inacceptables pour lui et prendre prétexte de ses refus pour lui imputer l’échec des négociations. C’est pour démontrer qu’il est possible que les Syriens ouvrent un dialogue entre eux autrement que celui biaisé qui se déroule à Genève que la Russie a en accord avec la Turquie et l’Iran convenu d’organiser la rencontre de Sotchi. Et si l’opposition labellisée CNS a décidé de ne pas y participer c’est pour ne pas apparaître pour ce qu’elle est finalement, à savoir qu’elle n’a de syrienne que la nationalité des personnages qui la composent.

Il est compréhensible pourquoi les Occidentaux ont de prime abord décrété que le congrès du dialogue national syrien est voué à tourner court. Il y a en effet qu’ils ne pourront pas manipuler ses composantes et leur faire revendiquer la mise en œuvre d’un processus de paix en Syrie à même de faire triompher leurs visées pour ce pays. Le faire avorter est la seule carte dont ils disposent. Ils s’y emploient en faisant le maximum de bruit sur l’absence de l’opposition sponsorisée par eux et en semant le doute sur les intentions de ses organisateurs qu’ils présentent comme cherchant à sortir les Nations unies du processus du dialogue inter-syrien aux fins d’imposer leur solution au conflit.

La Russie étant parvenue à leur damer le pion au plan militaire en Syrie, ils font tout pour qu’elle ne l’emporte pas aussi politiquement sur eux. C’est pourtant ce que préfigure le fait qu’elle est parvenue à faire venir à Sotchi ce qu’il y a de plus représentatif des sensibilités syriennes dont le dialogue peut accoucher d’une solution consensuelle et authentiquement nationale au conflit long et atroce qui ravage leur pays.

KH.H

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