Analyse

La thèse de la vacance de pouvoir validée par le cafouillage au sommet

La thèse de la vacance de pouvoir validée par le cafouillage au sommet

Par : Kharroubi Habib

La thèse d’une vacance de pouvoir au sommet de l’Etat qui a été soutenue par une partie de l’opposition quand le président Bouteflika a été victime d’un invalidant AVC et sur la base de laquelle elle a revendiqué le recours à l’article 88 de la Constitution apparaissait avoir été abandonnée. Le grand cafouillage auquel a donné lieu la passe d’armes entre le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune et Ali Haddad, entrepreneur et président du FCE, l’a ressuscitée car ayant donné à voir qu’en se réclamant respectivement du soutien présidentiel ses protagonistes ont ravivé l’impression qu’il n’y a plus de capitaine aux commandes à la barre du pays et qu’ils en profitent pour prêter à celui qui est censé l’être de cautionner les griefs dont ils s’accusent réciproquement.

Si le citoyen lambda s’était montré très circonspect à épouser la thèse de la vacance de pouvoir que l’opposition a cherché à faire valoir dès que le chef de l’Etat a connu ses ennuis de santé, le déroulé des péripéties auxquelles donne lieu la sourde guerre que se livrent Tebboune et ses soutiens et ceux qui avec Ali Haddad en contestent les positions et l’autorité, lui fait désormais admettre que ses tenants ont été dans le vrai et que Bouteflika est effectivement dans l’incapacité de gouverner et que ce sont des cercles n’ayant aucune légitimité à le faire qui décident en son nom en prétendant exécuter ses orientations et instructions. D’où il en résulte que sachant que sa thèse étant désormais largement partagée au sein de l’opinion publique, l’opposition en refait son cheval de bataille contre le pouvoir qui cumule les preuves qu’il a imposé en clans qui s’en disputent le contrôle chacun sous couvert d’être dans la fidélité aux volontés présidentielles.

D’aucuns segments de cette opposition ont même rajouté à l’argumentaire dont ils ont usé pour avancer la thèse de vacance de pouvoir celui qu’ils ont désormais la certitude que la grande empoignade à laquelle s’adonnent les clans rivaux au sein du pouvoir atteste que le chef de l’Etat serait même dans l’incapacité intellectuelle d’appréhender ce qui se dit et se fait par eux en son nom face à la prise de conscience citoyenne qu’il existerait bel et bien une vacance de pouvoir au sommet de l’Etat que le sérail tente de cacher par des subterfuges de moins en moins opérants et au retour à la charge sur le sujet par l’opposition les affidés du régime dénient sans convaincre l’existence d’une telle situation allant jusqu’à le « jurer » solennellement comme l’a fait Djamel Ould Abbès le controversé chef du FLN. Dans cet exercice et pour soutenir contre l’évidence la « normalité » d’une situation où le président de la République n’est plus visible et sans s’être adressé directement à la nation depuis des années, ils ont perdu tout crédit et leur insistance à y persister produit incontestablement l’effet contraire à celui visé par eux.

 

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