La Diaspora Algérienne en France : Entre Etat et élus…

La Diaspora Algérienne en France
Entre Etat et élus…

Par Fayçal Charif

La visite officielle du Premier Ministre Ahmed Ouyahia récemment à Paris retentit toujours par son déroulement, son contenu et son importance. Les décisions prises lors de la 4ème session du Comité Intergouvernemental de Haut Niveau ( CIHN) avec son homologue français Édouard Philippe poussent à l’analyse, qui mène à l’appréciation ou à la critique. L’écho de la visite de travail, qui a été décidée par les deux parties reste vivace, en France et en Algérie. Mais la visite a été également une occasion pour Ouayhiya de rencontrer les algériens de France. Que s’est-il passé sur ce chapitre un peu passé sous silence ?


Ce qu’il faut retenir c’est que le Premier Ministre, en tant que tel, et au nom de l’Etat Algérien avait rencontré des membres de la « Diaspora » algérienne installés en France suite à une invitation de l’ambassade d’Algérie. L’objectif premier était de présenter la situation du pays et aussi échanger sur les moyens d’améliorer les liens entre la communauté, dans toutes ses composantes, et leur pays. Mais apparement, la rencontre a beaucoup déçu Ouyahia qui n’avait pas en face de lui les bonnes personnes pour échanger sérieusement.

Le choix des représentants des personnes représentant la Diaspora algérienne a été hasardeux et les échanges « désastreux » si on en croit certaines sources très fiables. l’ambassadeur d’Algérie en France, Abdelkader Mesdoua, lui même était mal à l’aise par rapport à des choix de personnes qui ont mené à des échanges avec le Premier Ministre considérés de qualité fort discutable.

Ce faux pas de l’Ambassade n’a pas empêché Ouyahia d’annoncer au nom du Président Abdelaziz Bouteflika, la série de mesures en faveur de la Diaspora Algérienne et la communauté algérienne en France. Les yeux grands ouverts, les présents suivaient les grandes décisions : Accès des membres de la communauté algérienne à l’étranger à tous les programmes de promotion immobilière publique en Algérie, hors le logement social. Accès des jeunes de la communauté souhaitant investir en Algérie dans le cadre du dispositif de micro-crédit (ANSEJ). Les investisseurs et les industriels algériens non résidents vont accéder à tous les dispositifs de soutien des investissements au même titre que les résidents. Confirmation de l’ouverture d’une succursale de la banque algérienne BEA, en France, début 2018. « Les détails de ses mesures seront annoncés par le gouvernement prochainement » a assuré le Premier Ministre.

Sur un autre registre, aussi important et délicat, il a été décidé la prise en charge par la CNAS (Caisse nationale de l’assurance sociale) du rapatriement depuis la France des patients ou de leurs dépouilles. Le projet de loi relatif au protocole de soins entre les gouvernements algérien et français, signé le 10 avril 2016, et qui passera prochainement à l’assemblée française, devrait minimiser les litiges financiers avec la CNAS concernant les Algériens qui se soignent en France, en prenant en charge notamment les prolongations de soins et le rapatriement des patients ou de leurs dépouilles.

En faisant le point de la situation sur cette visite et sur les décisions prises par « l’Etat Algérien » en faveur de la communauté algérienne, on peut trancher et dire que les représentants des algériens en France, les élus, n’ont pas été à la hauteur des aspirations, et ce depuis des lustres. Ces décisions prises par l’Etat algérien, certains élus veulent s’en approprier la teneur et se disent en être les instigateurs. Depuis quelques jours, des élus sont montés au créneau, criant sur les toits des médias et prétendant être derrière ces décisions et qu’ils ont fait le forcing sur le gouvernement.

Rien de cela est vrai, parce que tout d’abord, c’est des demandes pressentes qui datent et que ces élus n’ont jamais pu les concrétiser. Certains sont sur plusieurs mandats et leur bilan est négatif à plus d’un titre. Des élus qu’on ne voit que lors des campagnes électorales et qui s’évaporent tout au long de leur mandat.

C’est vrai, et c’est déplorable, l’Etat a pris beaucoup de temps pour décider de ces mesures, et la communauté attend avec impatience l’application rapide et efficace des textes. On sait aussi que beaucoup de problèmes restent encore en suspend et que beaucoup de travail restent à faire. On sait également qu’Ouyahia est venu faire les yeux doux à une communauté et une Diaspora oubliées et délaissées dans ces problèmes…mais ces élus de la république, ils servent à quoi vraiment, à part mépriser une grande communauté et une riche Diaspora !!!

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