Juste avant son « décès » : Le cri de détresse et de colère d’un jeune médecin algérien

Juste avant son « décès »
Le cri de détresse et de colère d’un jeune médecin algérien

Par Fayçal Charif

Dans la tourmente des médecins qui sont montés au créneau ses dernières semaines pour dire leur colère sur la situation dégradante dans leur métier et réclamer des droits. Et dans la bain de la situation générale inquiétante du monde de la blouse blanche en Algérie, un drame vient de secouer toute la corporation et toute l’Algérie. Un médecin est décédé.

Docteur Djamel Abache, un jeune médecin, originaire de Sétif, a été découvert dimanche dernier sans vie à son domicile à Haï El-Maqqari (ex-Saint Eugène) par des éléments de la protection civile. Son corps en état de décomposition avancé a été transféré à la morgue pour les besoins d’une autopsie ordonnée par le procureur de la République.

Plus troublant et inquiétant à plus d’un titre, c’est le dernier message laissé par le jeune sur sa page Facebook. Un message qui en dit long sur l’état d’esprit du jeune médecin.  Profondément choqués et touchés par ses propos, ses confrères ont diffusé son écrit : « Dites à ceux qui nous obligent à travailler durant toute la semaine que nous ne sommes pas des esclaves. Dites-leur que vous nous avez lésés avec votre égoïsme (…) vous nous avez fatigués et marginalisés ».

Tout le monde s’accorde à dire que ce dernier message du Docteur Abache, était son ultime et dernier cri de détresse juste avant sa mort. Un message émouvant qui a été largement diffusé sur les réseaux sociaux et qui questionne sur les causes du décès. S’est-il suicidé à cause de cette situation professionnelle qu’il décrit comme insoutenable ?

Dans son dernier message, le jeune docteur décrit une situation intenable des résidents et condamne l’attitude des responsables qui « leur imposent un rythme de travail très contraignant ». On décèle bien la colère, mais aussi un vrai désarroi et même un ras le bol exprimé par cette catégorie professionnelle qui est descendue dans la rue pour se faire entendre en demandant l’amélioration de leur conditions socioprofessionnelles.

En attendant les conclusions de l’autopsie et de l’enquête, il est certain que « ce décès » a choqué plus d’un. Il interpelle toute une corporation et met les institutions de l’état devant leurs responsabilités. Le monde de la santé est trop sérieux pour un pays pour l’ignorer et ignorer celles et ceux qui le font.

 

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