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Hénin-Beaumont / Pas-de-Calais en région Hauts-de-France : Pose hautement symbolique de la première pierre d’une mosquée / Dalil Boubakeur : « Nous sommes là pour pacifier… »

Hénin-Beaumont / Pas-de-Calais en région Hauts-de-France

Pose hautement symbolique de la première pierre d’une Mosquée

Dalil Boubakeur : « Nous sommes là pour pacifier… »

Par : Mohammed Chouaki

La future Mosquée « En nasr, dont la pose de la première pierre a eu lieu samedi, se veut être un « trait d’union entre République et islam ». Un beau projet qui voit le jour à la lueur du mois sacré du Ramadhan. Tout un symbole avec un grand et important message en ces temps difficiles pour l’Islam de France…en France.

La cérémonie, hautement symbolique, mais qui annonce officiellement le lancement du projet, s’est déroulée en présence de centaines de personnes, de Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris et de Rachid Belbaki, consul général d’Algérie. Le projet qui veut rappeler « qu’Islam et République peuvent cohabiter ensemble », avait connu sa première mouture en 2007.

Revu, retravaillé et amélioré, sa réalisation a débuté en novembre 2017. Dix ans après. Pour Dalil Boubakeur, « ce lieu de culte représente un grand espoir pour défendre le vivre ensemble dans sa diversité, c’est l’illustration de l’ouverture et de la tolérance ». Commentant cet événement, et allant dans le même sens, le consul général d’Algérie, Rachid Belbaki, souligne : « la diversité des personnes présentes aujourd’hui en est le meilleur exemple de cette ouverture et cette tolérance ».

Abdelkader Aoussedj, président de la Fédération régionale de la Grande mosquée de Paris ne pouvait résumer mieux le lancement officiel de ce projet : « Ce jour, souligne-t-il, est très symbolique pour la communauté musulmane  », et d’ajouter : « La mosquée n’a jamais été et ne doit jamais être assimilée à une usine à terroristes ». Il va dans le sens des propos de l’imam héninois, Khalifa Bechatta qui insistait : « C’est un lieu sacré de paix où chaque musulman vient se ressourcer ».

De son côté, le président de l’actuelle mosquée héninoise, Boufeldja Lasri, apprécie « le dialogue constructif avec le maire » et note l’acceptation de « la liberté de culte pour tous  », avant d’ajouter que « c’est un beau jour pour notre religion et pour la France. »

Le projet estimé à 1 M € avec un financement participatif, sera certainement très lourd à porter et difficile à gérer, mais l’engagement est là pour parer à toutes les contraintes liées au financement. Mais le plus important c’est le message qu’on veut transmettre. « La mosquée est et sera une école où les fidèles s’imprègnent de valeurs fondamentales de l’islam : le respect, la tolérance et la paix… » Insiste Boufeldja Lasri.

Dalil Boubakeur, recteur de la Grande mosquée de Paris, et premier président du Conseil français du culte musulman qui a tenu à être présent, a plaidé dans son intervention « pour une intégration de l’islam dans la République française, dans le respect des valeurs de cette dernière ». Une position qu’il défend depuis qu’il est à la tête de la Mosquée de Paris.

Il profite de cette tribune pour clarifier et expliquer certaines choses, notamment une réaction sur le « manifeste contre le nouvel antisémitisme » étalé il y a quelques jours dans les médias et qui a secoué et boulversé la communauté musulmane. Dalil Boubakeur, calmement, sobrement, comme à son habitude souligne que « L’antisémitisme ne fait pas partie de la doxa musulmane, ni en France, ni ailleurs ». Concernant sa présence dans une ville frontiste, il note : « Lorsque Marine Le Pen prend position contre l’islam radical, je ne peux pas la critiquer. Nous sommes là pour pacifier, pour amener une religion (l’Islam) ancrée dans la laïcité ». Pour finir, le recteur se félicite de la cérémonie : « C’est un exemple de ce qu’il faut faire, que tous les musulmans devraient imiter ».

Tous les intervenants ont évoqué le vivre ensemble, la tolérance, le dialogue, le respect de la laïcité. A leur tête le représentant de l’évêque d’Arras, Jacques Senellart, qui a insisté sur le rapprochement entre croyants. Il dira avec conviction : « Il faut combattre l’ignorance d’abord et connaître l’autre ». Jean-François Roussel, secrétaire général de la préfecture, s’est réjoui de ce rassemblement « autour de la République laïque, de ce lieu de prière et d’humanisme  ».

PHOTO LUDOVIC MAILLARD

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