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Guinée Equatoriale : Aggravation de la crise politique du régime d’Obiang

Guinée Equatoriale
Aggravation de la crise politique du régime d’Obiang

Par Mohamed Chouaky

Dans un communiqué la « Coalition de Restauration de l’Etat Démocratique (CORED)  de la Guinée Equatoriale « dénonce l’aggravation de la crise politique du régime d’Obiang en Guinée Equatoriale ». Après avoir déjoué une tentative de coup d’Etat fin décembre de 2017, qui visait à la neutralisation du président lors de son séjour familial à Mongomo, le régime de Teodoro Obiang se trouve dans une impasse politique sans précédent.

La situation dans ce pays est inquiétante à plus d’un titre. D’un côté, se déroule une guerre de succession interne au pouvoir.  Une partie du clan présidentiel, qui s’oppose au transfert du pouvoir au fils d’Obiang, Teodorin Obiang, a participé à l’élaboration de la récente tentative de prise de pouvoir par la force.

D’un autre côté, comme l’indique le communiqué « cette crise met sous les projecteurs la réalité du parti unique de fait. Le pouvoir venait de concéder un unique député à l’opposition, mais le parti Citoyens pour l’Innovation à qui est censé appartenir ce député refuse de l’accepter ». C’est d’ailleurs pour cette raison que la répression s’abat actuellement sur ce parti politique.

Les échos qui parviennent de ce pays affirment que Téodoro Obiang mène, depuis les élections législatives de novembre 2017, une campagne de répression à l’encontre des militants du Parti CI. Dans le communiqué on peut lire : « Une répression qui vient de faire une première victime, Santiago Ebee Ela, décédé au commissariat central de Malabo à la suite de tortures infligées par les forces de sécurité ».

A propos des arrestations, dans une interview le 17 janvier sur RFI et France24, le chef de l’Etat nie d’abord que la mort soit le fait de tortures et reconnait l’existence d’au moins 20 prisonniers du Parti politique CI dans tout le pays. Sur internet, le monde a pu voir ces images de la torture mortelle infligée à Santiago Ebee Ela, « un aperçu des nombreux crimes politiques commis par le clan au pouvoir qui terroriste la population depuis l’indépendance du pays il y a presque 50 ans ».

Le président Obiang, n’admet apparemment pas l’existence de la crise liée à sa longévité au pouvoir et à son projet de transfert monarchique du pouvoir. « Le pouvoir en profite pour continuer de s’attaquer à l’opposition démocratique, en tentant d’impliquer les opposants qui n’ont rien à voir avec les événements et qui pourraient le menacer à plus long terme ».

Par ailleurs, les événements impliquent de soi-disant opposants en exil qui se font appeler « Coalition CORED » et dont les actions n’ont jamais amené des progrès vers la libération du pays de la dictature. A la suite de ces événements tragiques, la CORED : « Condamne la tentative de coup d’Etat, tentative de ‘révolution de palais’, contraire à la démarche non-violente pour une restauration démocratique à laquelle nous travaillons, à la manière des pères de l’indépendance ».

Dans son communiqué, la CORED « Condamne les tortures, l’assassinat politique de Santiago Ebee Ela, la répression continuelle contre l’opposition démocratique, et la désorganisation de cette opposition à la suite à la tentative de coup d’Etat ».

Elle condamne aussi les manipulations du régime, qui ne souhaite pas dévoiler les noms de toutes personnalités du clan au pouvoir impliquées, et exprime la profonde déception du peuple de l’Equato-Guinéen concernant la visite du représentant de Nations- Unies, François Lounceny Fall, qui a déclaré que les Nations-Unies allaient soutenir la Guinée Equatoriale dans ces efforts de stabilisation sans avoir rencontré l’opposition interne

Elle s’inquiète également de l’élection de la Guinée Equatoriale au Conseil de Sécurité de l’ONU, qui démontre la persistance des dysfonctionnements de l’Onu sur la question des régimes non-démocratiques. A la fin du communiqué, la CORED rappelle qu’« en l’absence de démocratisation, le peuple Equato-Guinéen ne voit plus plus d’issue possible avec le régime et qu’il existe un risque important de déstabilisation du pays dans un affrontement violent pour la succession au pouvoir ».

La CORED interpelle l’ONU et lui demande « d’agir pour l’Etat de droit et la démocratisation rapide de la Guinée Equatoriale ». Il se passe des choses dans l’Afrique profonde !!!

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