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France : Réforme des retraites – « l’apparente unité » du front syndical

Tous les syndicats de salariés, même les plus "réformistes", seront dans la rue mardi 17 décembre. Même s'ils ne partagent ni les mêmes revendications, ni la même stratégie. SOCIAL - Ensemble, mais pas côte à côte. Ce mardi 17 décembre, à l’occasion d’une nouvelle manifestation contre la réforme des retraites, les syndicats à l’origine du mouvement de grève (CGT, FO, FSU, Solidaires) seront en tête de cortège, comme d’habitude. Nouveauté qui n’était pas arrivée depuis 2010 et la réforme Fillon, d’autres centrales, comme la CFDT qui soutenait à l’origine la réforme, les ont rejoints.

France : Réforme des retraites – « l’apparente unité » du front syndical

Tous les syndicats de salariés, même les plus « réformistes », seront dans la rue mardi 17 décembre. Même s’ils ne partagent ni les mêmes revendications, ni la même stratégie.

SOCIAL – Ensemble, mais pas côte à côte. Ce mardi 17 décembre, à l’occasion d’une nouvelle manifestation contre la réforme des retraites, les syndicats à l’origine du mouvement de grève (CGT, FO, FSU, Solidaires) seront en tête de cortège, comme d’habitude. Nouveauté qui n’était pas arrivée depuis 2010 et la réforme Fillon, d’autres centrales, comme la CFDT qui soutenait à l’origine la réforme, les ont rejoints.

Laurent Berger, son secrétaire général, a dénoncé le 11 décembre “une ligne rouge”, en réponse au discours d’Édouard Philippe devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui a annoncé la création d’un âge pivot à 64 ans. Mais le leader du premier syndicat français, dit “réformiste”, défilera à l’arrière, avec la CFTC, l’UNSA et FAGE, loin de leurs homologues Philippe Martinez (CGT), Yves Veyrier (FO) ainsi que Solidaires, FSU et les organisations étudiantes. Un indice parmi d’autres que les revendications et les stratégies de ces deux pôles sont loin d’être les mêmes face au gouvernement.

“Il y a quelque chose qui ne va pas du tout”

En attendant, ce front commun reste une bonne nouvelle pour Yves Veyrier “Quand il y a l’unité apparente, ça légitime d’autant plus le mouvement pour les salariés qui se disent : ‘à l’évidence, il y a quelque chose qui ne va pas du tout’”, se félicite pour Le HuffPost, le secrétaire général de Force ouvrière.

En effet, au-delà de la CFDT, de l’UNSA et de la CFTC et de Fage qui partagent les mêmes revendications, le syndicat de cadres CFE-CGC qui avait manifesté le 5 décembre, mais attendait les annonces d’Édouard Philippe avant d’appeler à redescendre dans la rue, sera lui aussi présent en tête de cortège ce mardi. “Malheureusement, le Premier ministre ne nous a pas rassurés, il s’est passé l’inverse”, déplore auprès du HuffPost Pierre Roger, secrétaire national en charge de la question des retraites de la CFE-CGC, membre de l’Intersyndicale avec FO et la CGT.  “Ce n’est pas rien d’avoir les cadres avec nous!” se félicite pour Le HuffPost Céline Verzeletti , secrétaire confédérale de la CGT.

Pierre Roger, représentant du syndicat des cadres, dénonce justement un “mensonge par omission” de la part du gouvernement qui ne “dit pas que son but final est la capitalisation”. “Ce gouvernement n’a même pas été capable de créer un noyau dur autour de lui. Cela montre que ce projet de loi est très mal ficelé, qu’il n’arrive pas à faire un consensus à minima et qu’ils n’ont pas accepté beaucoup d’amendements pendant 18 mois”, regrette ce responsable syndical qui n’ira pas manifester  “de gaieté de cœur”, d’autant plus que ce n’est pas “dans l’ADN” de son syndicat.

Un appel largement suivi qui devrait venir gonfler les rangs des manifestants au cœur d’une semaine cruciale dans le bras de fer qui se poursuit entre les représentants des salariés et le gouvernement. “Je ne suis pas sûr que la CFDT va apporter plus de troupes, nuance Yves Veyrier, mais plutôt créer un appel d’air sur la nécessité de s’interroger et donc de se mobiliser puisque tous les syndicats y sont”.

Retrait du projet vs retrait de l’âge pivot

Derrière ce front commun, réuni à la même date et sur le même parcours pour afficher son opposition à la réforme “historique” souhaitée par Emmanuel Macron, se cachent toutefois des positions bien différentes. La CGT réclame “le retrait du texte”, Force ouvrière ne parle pas de “retrait”, mais espère de nouvelles négociations sur d’autres bases. “Ce n’est pas la peine de se précipiter sur un projet de réforme que le gouvernement, au bout de trois ans, n’arrive pas à défendre. Alors on met de côté les mauvaises idées, on appuie sur le bouton-stop et on discute sur d’autres bases. Nous avons fait beaucoup de propositions sur l’emploi des seniors, les stages pris en compte dans le droit à la retraite, question des femmes et le temps partiel subis, il y a beaucoup à négocier”, promet le leader de FO.

Quant à la CFDT, contrairement à la CGT et à FO, elle soutient toujours le principe d’un système universel à points, mais demande la suppression des mesures paramétriques et donc de l’âge pivot. “Chacun s’assume avec sa position qui n’est pas la même. Je trouve ça dommage, parce que nous avons raison de dire avec le système à point, on ira mécaniquement vers un âge pivot”, insiste Yves Veyrier de Force ouvrière.

“Dommage”, c’est également ce que pense la CGT. “Qu’on soit de plus en plus d’organisations à se mobiliser c’est une bonne chose, après ce serait plus simple qu’on soit sur les mêmes revendications. On serait beaucoup plus efficace et on gagnerait plus vite”, constate pour Le HuffPost, Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la centrale de Montreuil.

Trêve de Noël

Autre grand sujet de division entre les centrales : faut-il poursuivre les grèves pendant les vacances de Noël qui arrivent à grands pas ?  “Non” pour le leader de la CFDT qui “espère” que la CFDT-Cheminots, engagée depuis le 5 décembre dans le mouvement, observera cette trêve. “Ma réponse est extrêmement claire, oui, il faut une trêve à Noël”, a redit, sur France Info, Laurent Berger, ce lundi 16 décembre.

Du côté de la CGT, on ne l’exclut pas. “Nous prendrons notre décision jeudi ou vendredi”, a déclaré Philippe Martinez sur BFMTV dimanche 15 décembre, rappelant que “les syndiqués de la CGT font aussi Noël avec leurs enfants, avec leurs familles”, refusant ainsi les arguments du gouvernement qui voudraient selon lui qu’il y ait “ceux qui veulent pourrir les fêtes des uns contre les autres”.

“Pour l’instant, dans le secteur des transports, les salariés n’envisagent pas de trêve s’il n’y pas de geste fort, même si ça peut évoluer”, assure Céline Verzeletti de la CGT. “Si le gouvernement ne fait pas de signe, on ne voit pas comment on ferait une trêve”, concède la responsable qui estime que “si on veut que ça ne dure pas éternellement il faut de la pression, sinon ils ne reculeront pas”.

“Le piège” de la grève à Noël

Quant au leader de Force ouvrière, il répète son mantra habituel : “à chaque jour suffit sa peine”. “Moi, je n’en suis pas là. J’en suis à ce soir et demain, ce qui m’importe c’est de convaincre les salariés qu’il faut se mobiliser”, exprime celui qui, comme la CGT, rejette la responsabilité du blocage du pays sur le gouvernement : “Il savait très bien depuis le mois de mars que s’il ajoutait cette forme de provocation avec des mesures âge pivot nous irions en grève”. “Si le gouvernement recule, il n’y aura pas de blocages à Noël’”, répètent les deux leaders à chaque interview.

Pierre Roger, de la CFE-CGC, ne veut pas “parler au nom des autres fédérations de transports qui n’ont pas eu de réponses à leurs revendications”. Mais il craint que cette bataille, si elle continue pendant les vacances, ne soit au final contre-productive : “Franchement, faire en sorte que les entreprises voient leurs entreprises s’écrouler au mois de décembre, que les familles ne puissent pas se rencontrer… On n’a pas pris de position ferme, mais on prend le danger de retourner l’opinion publique et ce n’est pas une bonne chose. C’est même un piège”. Car si les Français soutiennent encore le mouvement des grévistes, pas sûr que cette popularité se maintienne si ces derniers ne peuvent rentrer chez eux pendant les vacances.

Source :  HuffPost

 

 

 

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