FranceNewsSociété

France : Réforme des retraites : ces « mesures paramétriques » que le gouvernement pourrait lâcher

Paris : Ces options budgétaires, censées permettre de résorber le déficit du système des retraites, font bondir les syndicats, y compris la CFDT.

France : Réforme des retraites : ces « mesures paramétriques » que le gouvernement pourrait lâcher

Paris par : Romain Herreros

Paris : Ces options budgétaires, censées permettre de résorber le déficit du système des retraites, font bondir les syndicats, y compris la CFDT.

RÉFORME DES RETRAITES – Un terme barbare et technocratique qui a fini par s’imposer dans le débat sur la réforme des retraites. Alors que le Premier ministre doit dévoiler ce mercredi 11 décembre “l’architecture générale” du système imaginé par l’exécutif, une partie de l’attention se focalise sur ses potentiels éléments “paramétriques”: des mesures d’économies accompagnant la réforme dans le but de combler le déficit annoncé à l’horizon 2025.

À l’origine, la réforme voulue par Emmanuel Macron avait été pensée comme “systémique”, avec pour objectif unique de remettre à plat le système actuel des retraites pour l’uniformiser via un système à points. Mais entre-temps, le rapport publié par le Conseil d’orientation des retraites (COR) anticipant un déficit de 8 à 17 milliards d’euros en 2025 a conduit l’exécutif à sérieusement envisager d’inclure des mesures d’économies dans son projet.

Hausse des cotisations, âge légal…

Et des mesures de gestion sur les retraites, il n’y en a pas cinquante. Comme ses prédécesseurs, le gouvernement dispose de trois leviers principaux. Un allongement de la durée de cotisation qui passerait par “une mesure d’âge”, comme l’instauration après “l’âge légal de départ” d’un ”âge pivot” à partir duquel un salarié bénéficierait de sa retraite à taux plein. En d’autres termes, un report de deux ou trois ans de l’âge de départ, puisque “l’âge légal” fixé à 62 ans ne permettrait pas à un retraité de bénéficier de la totalité de ses droits.

Autre option paramétrique : l’augmentation des cotisations. Une mesure qui consisterait à demander aux salariés de payer davantage pour résorber le déficit. Ce qui, immanquablement, se verrait sur la fiche de paie, et donc minerait le pouvoir d’achat. À moins de rajouter des heures de travail dans la semaine, ce qui est aussi une façon d’augmenter les cotisations.

Enfin -et on peut être à peu près sûrs que le gouvernement n’ira pas sur ce terrain-là- il reste l’option de la baisse des pensions.

Mais pour l’heure, les intentions du gouvernement ne sont pas encore connues, même si Édouard Philippe répète à l’envi qu’il inclurait bien des mesures d’économies dans la réforme. “Il ne faut pas opposer systémique et paramétrique. Il faut prendre en compte la nécessité absolue -absolue !- de mettre en place des transitions acceptables”, a déclaré mardi 10 décembre le Premier ministre lors d’une réunion avec le groupe LREM à l’Assemblée nationale. Sans trop en dévoiler, le locataire de Matignon avait fait savoir que sa préférence allait vers une mesure d’âge. “Il faut dire aux Français clairement, tranquillement, le faire progressivement, que nous allons travailler plus longtemps”, expliquait-il la semaine dernière. Problème: la CFDT, seul syndicat favorable à une réforme systémique, s’oppose catégoriquement à ce type de mesures.

“L’heure n’est pas aux rééquilibrages” 

Laurent Berger, leader du syndicat réformiste, le répète à chaque sortie médiatique : si le gouvernement ajoute à la réforme du système des mesures de gestion, la CFDT appellera à manifester. “L’heure n’est pas aux rééquilibrages. L’heure est à la justice. Les salariés ont fait leurs efforts avec plusieurs réformes paramétriques successives. Nous soutiendrons une réforme de justice, pas une réforme budgétaire”, fait-on savoir au siège de la CFDT, soulignant que cette réforme sensible ne peut pas se payer le luxe de la confusion.

Une analyse que partagent les économistes qui ont inspiré Emmanuel Macron sur cette réforme. “Vouloir mener de pair réforme systémique et réforme de financement, c’est risquer de brouiller les enjeux”, expliquent-ils dans une tribune publiée dans Le Monde. Comme Laurent Berger, ces experts dénoncent le “manque de clarté” et estiment que “les objectifs centraux de la réforme -lisibilité, sécurité, confiance, équité- ont été obscurcis par des considérations budgétaires”.

Au-delà du risque de voir la CFDT se joindre à un mouvement social parti pour durer, le gouvernement s’exposerait aux critiques des syndicats farouchement opposés à la réforme, lesquels dénoncent déjà un système injuste qui fragilisera les plus faibles. C’est en tout cas ce que pense Yves Veyrier, secrétaire général de Force ouvrière. “Je ne sais pas pourquoi ils rajoutent une couche là-dessus. Ils donnent le bâton pour se faire battre et éclairent ce que nous disons sur le danger de ce système, à savoir qu’il s’agit d’une réforme paramétrique permanente aux mains des gouvernements successifs pour faire des économies”, explique-t-il au HuffPost.

Des risques assez conséquents pour encourager l’exécutif à lâcher du lest sur cet aspect-là de la réforme ? Réponse dans l’après-midi.

Source : HuffPost 12/12/2019

 

Montrer plus
Erreur, aucun identifiant de pub n'a été mis! Vérifiez votre syntaxe.

Articles Liés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Bouton retour en haut de la page
Fermer
Fermer
%d blogueurs aiment cette page :