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France : la réforme des retraites contestée, continue d’alimenter les débats

Paris - Le mouvement social contre la réforme des retraites, lancé le 5 décembre par une intersyndicale ainsi que quatre organisations étudiantes et lycéennes, auquel s'est mêlé un grand nombre de "Gilets Jaunes", continue d'alimenter les débats et les médias en France. 

France : la réforme des retraites contestée, continue d’alimenter les débats

Paris – Le mouvement social contre la réforme des retraites, lancé le 5 décembre par une intersyndicale ainsi que quatre organisations étudiantes et lycéennes, auquel s’est mêlé un grand nombre de « Gilets Jaunes », continue d’alimenter les débats et les médias en France. 

Selon les médias, l’année 2019 n’était décidément pas la meilleure année pour la France ! Alors que la dette publique du pays a dépassé le seuil des 100% du PIB fin septembre, le mouvement contestataire des Gilets Jaunes se poursuit dans le pays depuis le 17 novembre 2018.

Si les Gilets Jaunes continuent de descendre dans la rue avec le sentiment d’injustices et inégalités économiques, le gouvernement français ne cesse de raviver le mécontentement social avec de nouvelles propositions dont la récente « réforme des retraites » inscrite dans le programme électoral de 2017 du Président Emmanuel Macron.

Nommé en septembre 2017 comme haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye a préparé un rapport sur le nouveau système des retraites, censé inspirer un projet de loi qui sera soumis en Conseil des Ministres le 22 janvier et au Parlement fin février.

Avec une telle réforme, ce qui se joue n’est pas seulement l’avenir des millions de Français mais aussi le quinquennat de Macron puisque s’il ne parvient pas à convaincre le public Français du bien-fondé de son projet, c’est sa crédibilité qui sera mise en jeu auprès de son électorat, estiment des analystes cités par des médias locaux.

Néanmoins la proposition d’une telle réforme n’est pas bien accueillie par la majorité du public représenté par différents syndicats qui ont lancé une forte mobilisation de contestation à travers tout le pays. Les grèves qui se poursuivent bloquent la vie en France et le bout du tunnel ne semble pas proche.

Avec un peu moins de 14% de la production économique, les dépenses Françaises en matière de retraites publiques sont parmi les plus élevées du monde.

Dans un contexte mondial où l’avenir économique de la France est incertain il serait donc judicieux pour le gouvernement d’adapter le système de retraites aux prévisions économiques du pays en faisant des « économies », soulignent des analystes.

Or au lieu d’expliquer clairement les véritables objectifs d’une telle réforme, le gouvernement avance l’idée selon laquelle le système actuel avec 42 régimes différents est opaque et injuste et propose d’introduire un système « universel » à points où la pension de chacun est calculée de la même manière. Cela traduit donc la fin des régimes spéciaux, mais aussi celle des multiples régimes organisés par profession.

Principaux points de désaccord 

La proposition du gouvernement rencontre une forte opposition de la part des syndicats qui affirment que la réforme obligera les personnes des secteurs public et privé à travailler plus longtemps pour un versement de retraite plus faible.

Les principaux points de contestation concernent le système à points considéré comme « injuste », le report de l’âge de la retraite à taux plein de 62 à 64 ans ainsi que la remise en cause des conditions de calcul des droits de retraite des bénéficiaires des régimes spéciaux (RATP, SNCF) et des fonctionnaires, en particulier des enseignants et des infirmiers.

Pour la grande majorité des Français, une retraite calculée sur toute une carrière sera forcément plus basse que celle calculée sur les 25 meilleures années, comme c’est le cas aujourd’hui.

En France, il est indéniable que la question de la réforme des retraites reste un sujet sensible capable de mettre en branle le corps social dans son ensemble tant elle semble éminemment toucher à la question de la répartition des richesses et du niveau de vie à long terme des citoyens.

Une forte mobilisation à travers tout le pays 

Le mouvement social contre la réforme des retraites est lancé le 5 décembre par une intersyndicale regroupant la CGT, FO, la FSU et Solidaires, ainsi que quatre organisations étudiantes et lycéennes (UNEF, FIDL, MNL et UNL). Un grand nombre de Gilets Jaunes se joignent également au mouvement.

Il existe de nombreux syndicats différents représentant différents types de travailleurs, mais ceux qui ont le plus d’impact sur la vie quotidienne en France sont les travailleurs des transports.

Les départs massifs des travailleurs de la SNCF ont entraîné l’annulation d’environ 85% des trains, tandis que les services de transports en commun à Paris et dans d’autres villes ont été gravement perturbés pendant les grèves.

Mais d’autres salariés se mobilisent également, notamment les enseignants, les salariés d’EDF, les postiers, les notaires, les fonctionnaires et les transporteurs.

Pendant la grève du 5 décembre, plus de 800.000 manifestants sont descendus dans la rue dans toute la France.

Le 17 décembre, le ministère de l’Intérieur a comptabilisé 615 000 manifestants partout dans le pays, dont 76 000 à Paris.

Même si la grève perturbe fortement la vie des Français, selon un sondage IFOP publié le 22 décembre par Le JDD, 51 % des Français soutiennent la grève – ils étaient 46 % le 1er décembre, avant le début du mouvement, et 53 % après la première mobilisation du 5 décembre.

Pour l’instant, un compromis n’a pas pu être assuré entre le gouvernement et les syndicats. Le 23 décembre, le gouvernement a dévoilé le calendrier des concertations prévues dans le cadre du projet de réforme des retraites.

Les partenaires sociaux seront reçus le 7 janvier par plusieurs membres du gouvernement sur les questions de pénibilité et de gestion de fin de carrière.

Actuellement, personne ne sait encore jusqu’à quand vont durer les grèves et si le gouvernement qui se dit « ferme mais pas fermé » renoncera ou non à son projet, alors que les travailleurs français perdent environ un jour de salaire pour chaque jour de grève.

Aps

 

 

 

 

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