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Analyse : En France parfum de mai 68, en Algérie celui d’octobre 88

Si en France il y a comme un parfum de mai 68 dans la protestation citoyenne qui secoue le pays menée par le mouvement des « gilets jaunes » auquel a donné naissance l'augmentation des prix des carburants mais aussi le ras-le-bol de la France d'en bas contre la présurassions fiscale, l'injustice sociale et une classe politique qui a mené le pays au mur, en Algérie il flotte celui d'octobre 88.

Analyse :

En France parfum de mai 68, en Algérie celui d’octobre 88

Oran par : Kharroubi Habib

Si en France il y a comme un parfum de mai 68 dans la protestation citoyenne qui secoue le pays menée par le mouvement des « gilets jaunes » auquel a donné naissance l’augmentation des prix des carburants mais aussi le ras-le-bol de la France d’en bas contre la présurassions fiscale, l’injustice sociale et une classe politique qui a mené le pays au mur, en Algérie il flotte celui d’octobre 88. Le président Bouteflika qui a peut-être eu vent que le climat dans le pays est lesté de tous les ingrédients qui ont contribué à l’explosion d’octobre 88 a probablement pensé exorciser une perspective similaire qui rendrait chaotique la fin de son quatrième mandat déjà passablement agitée en adressant aux Algériens le message que leur pays est la cible d’un complot tramé en interne par des « cercles de prédateurs », des « cellules dormantes » et des « aventuristes » pour le faire basculer dans l’inconnu.

En agitant l’existence d’un complot, le chef de l’Etat a visé à titiller la fibre patriotique de ses compatriotes et à les détourner des milieux qui prônent le changement politique et le rejet de l’option d’un cinquième mandat comme solution à la crise dans laquelle l’Algérie se débat. Il n’est pas sûr du tout qu’il a bien visé tant la perte de confiance qu’a subie auprès des Algériens le pouvoir qu’il incarne les a convaincus que c’est lui et plus que toute autre partie qui est le problème de l’Algérie. Tout ce que les citoyens ont retenu de l’adresse que Bouteflika leur a faite par le biais du message lu en son nom devant la réunion gouvernement-walis est qu’il est dans l’intention de s’accrocher au pouvoir et déterminé à s’y maintenir quoi qu’il puisse advenir.

Le patriotisme des Algériens est certes interpellé en ce temps où leur pays est malmené dans sa dignité, en butte qu’il est à la visée internationale pour le spectacle qu’il donne de lui d’aller à la dérive sous la conduite de dirigeants qui ont atteint le degré zéro de l’incompétence. Proposer à ces Algériens d’approuver la continuité d’une telle situation en leur insinuant en plus qu’ils n’ont le choix qu’entre elle et le chaos qui en résulterait de toute autre, c’est faire insulte à leur intelligence politique. C’est bien ce à quoi a opté Bouteflika en leur faisant cyniquement ce chantage. Loin d’avoir rassemblé autour du pouvoir, le message présidentiel dont la morgue et la suffisance du contenu ont choqué a au contraire attisé la frustration tant citoyenne que de la classe politique injustement accusée d’être complotiste et pourrait même produire l’effet tant redouté par ce pouvoir d’une insurrection politico-sociale porteuse de l’alternative au statu quo qu’il tente de pérenniser quitte à priver l’Algérie de toute chance d’opérer son redressement. Pour sûr que l’on respire en Algérie une atmosphère d’octobre 88 et qu’il n’y a pas lieu d’en nier la réalité à moins d’être dans l’optimisme débile.

KH.H

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