Analyse

En finir avec la fiction du cadre constitutionnel

Ce jour mardi 9 juillet le cadre constitutionnel dans lequel le haut commandement de l'armée et son homme fort, le vice-Ministre de la Défense et chef d'état-major, s'obstinent à confiner la recherche d'une sortie de crise a incontestablement pris fin. Anticipant cette échéance et conscients du vide institutionnel et constitutionnel qui en découlerait pour le pays, les défenseurs intransigeants du respect de ce cadre ont obtenu du Conseil Constitutionnel une très controversée « Fetwa » proclamant « licite » la prolongation de la transition codifiée post-déchéance de l'ex-Président de la République dont le pilotage a été dévolu à Abdelkader Bensalah en sa qualité de Président du Conseil de la Nation.

En finir avec la fiction du cadre constitutionnel

Oran par : Kharroubi Habib

Ce jour mardi 9 juillet le cadre constitutionnel dans lequel le haut commandement de l’armée et son homme fort, le vice-Ministre de la Défense et chef d’état-major, s’obstinent à confiner la recherche d’une sortie de crise a incontestablement pris fin. Anticipant cette échéance et conscients du vide institutionnel et constitutionnel qui en découlerait pour le pays, les défenseurs intransigeants du respect de ce cadre ont obtenu du Conseil Constitutionnel une très controversée « Fetwa » proclamant « licite » la prolongation de la transition codifiée post-déchéance de l’ex-Président de la République dont le pilotage a été dévolu à Abdelkader Bensalah en sa qualité de Président du Conseil de la Nation.

Cette prolongation est censée permettre la poursuite de la mise en œuvre du processus menant à la sortie de crise sans déroger au cadre constitutionnel. Les partisans d’une solution extra de ce cadre l’ont dénoncée comme révélatrice d’une manipulation de l’esprit et de la lettre de la loi fondamentale visant à faire de la Présidence de l’Etat incarnée par Bensalah le passage obligé s’imposant encore à la perspective d’une sortie de crise alors que ce personnage n’a pu dans le délai légal imparti à son intérim concrétiser la mission dont l’a investi la Constitution.

Envisager qu’il y parvienne passer ce délai relève de l’incongru tant le maintien de ce personnage est vécu quasi unanimement comme la négation de ce dont est l’expression du soulèvement citoyen pacifique qui s’est mis en branle contre Bouteflika, son régime et l’ensemble de ses symboles.

Son pilotage de la transition dans le cadre constitutionnel qui plus est ne devant plus sa légitimité après le 9 juillet aux dispositions de la loi fondamentale ne peut disposer à la levée du boycott dont il est frappé. Ce que même les partisans d’un « compromis » avec le pouvoir visant à débloquer la situation d’impasse politique qui se prolonge n’envisagent pas de faire. Il est temps pour le pouvoir de fait qui clame l’urgence d’un dialogue entre lui et les acteurs de la crise, mouvement populaire, société civile et classe politique, de se faire à la réalité que le pays est dans une situation exceptionnelle qui a rendu fantasmagorique son entêtement à circonscrire la solution de sortie de crise au respect d’un cadre constitutionnel dont l’obsolescence a été d’emblée proclamée par les millions de marcheurs du vendredi.

S’en tenir aux apparences de ce cadre dans le contexte révolutionnaire qui prévaut dans le pays ne fera que perpétuer l’impasse politique et provoquer des tensions dans le face-à-face pouvoir-peuple génératrices de possibles dérapages aux enchaînements dramatiques. Pour convaincre un tant soit peu de la sincérité de son engagement à faire droit aux revendications populaires, le pouvoir de fait aux commandes du pays ne peut qu’en finir avec la fiction que le cadre constitutionnel est l’unique espace dans lequel une solution à la crise serait envisageable.

KH.H

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