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Egypte : Fin des travaux de la 34ème réunion du Comité intergouvernemental de hauts fonctionnaires et d’experts pour l’Afrique du Nord

La ville d’Assouan en Haute Egypte, située sur la rive droite du Nil, a abrité cette année les travaux de la 34ème réunion du Comité intergouvernemental de hauts fonctionnaires et d’experts pour l’Afrique du Nord, du 25 au 28 novembre.

Egypte : Fin des travaux de la 34ème réunion du Comité intergouvernemental de hauts fonctionnaires et d’experts pour l’Afrique du Nord

Assouan (Egypte) par : Bakari Gueye  

 

La ville d’Assouan en Haute Egypte, située sur la rive droite du Nil, a abrité cette année les travaux de la 34ème réunion du Comité intergouvernemental de hauts fonctionnaires et d’experts pour l’Afrique du Nord, du 25 au 28 novembre.

Ont pris part à ce conclave des délégations venus des pays Bureau sous-régional de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) en Afrique du Nord qui couvre sept pays : l’Algérie, l’Égypte, la Libye, le Maroc, la Mauritanie, le Soudan et la Tunisie.

La cérémonie d’ouverture qui s’est déroulée à l’hôtel  MOVENPICK, a été marqué par les allocutions successives de Mme Kalthoum Hamzaoui, Directrice générale de la coopération multilatérale, Ministère du développement, de l’investissement et de la coopération internationale (Tunisie) et Présidente du bureau sortant, le Dr. Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique qui est intervenu par un message  H.E. Dr. Hala Helmy El Said, et enfin le Ministre de la planification, de du suivi et de la réforme administrative de l’Égypte dont le discours a été lu par un haut responsable de son département.

Dans son discours, Mme Kalthoum Hamzawi a mis en exergue l’importance du thème retenu cette année soulignant au passage que l’emploi constitue une priorité pour les pays de la région, et au-delà, pour toute l’Afrique. Et d’ajouter que le lancement de la ZLECAF, en juillet 2019, à Niamey, a une importance symbolique, très forte car la suppression des frontières est un préalable pour l’assainissement du marché africain dont le potentiel a été estimé Mme Hamzawi à 1, 3 milliards de consommateurs.

Selon elle, cette réunion constitue une opportunité pour poser les jalons pour un démarrage réfléchi et réussi de la ZLECAF. Et pour ce faire, il faudrait relever plusieurs défis dont entre autres le renforcement du marché des capitaux, l’accroissement des investissements et le développement des infrastructures et le renforcement du secteur privé.

Pour sa part, Mme Vera Songwé qui a d’emblée regretté son absence a souhaité une bonne réussite des travaux. Elle a déploré le fait que 64% du commerce africain se fait avec l’Union Européenne. La Secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique a préconisé un renforcement des échanges entre les pays de la région, ce qui aurait un impact positif sur le taux de chômage qu’elle juge très élevé. Elle a donné l’exemple du secteur de la pharmacie en Egypte qui mobilise un chiffre d’affaires de sept milliards de dollars, ce qui pourrait profiter aux autres pays du continent.

Enfin le Ministre de la planification, de du suivi et de la réforme administrative par la bouche de son représentant a affirmé que son pays accorde une grande importance à cette réunion dans le cadre de son partenariat avec la CEA.

Pour lui, le développement est une responsabilité collective et chacun doit jouer sa partition et d’ajouter : « Comme cela est prévu par l’Agenda 63 de l’Afrique, nos pays ont besoin de cette action collective et la mise en place de projets d’intégration, comme prévu par l’Agenda 2063. »

Et de poursuivre que : « Cet agenda vise à resserrer les rangs pour les cinquante années à venir et à accélérer l’intégration. »

Et cela est d’autant plus important dit-il, que la mise en œuvre de la ZLECAF va renforcer les liens entre africains grâce à la réalisation de l’union douanière et de l’intégration économique des pays africains.

Enfin le responsable égyptien a fait état des efforts entrepris dans son pays dans certains secteurs clés comme le transport maritime (et routier) au niveau du canal de Suez, un exemple régional et mondial, assure-t-il et de conclure que l’Egypte coordonne avec l’Union Africaine pour que l’Agenda 2063 soit réalisé.

Déroulement des travaux

A noter que le programme de cette rencontre était riche et varié.

Il se décline comme suit. A la séance d’ouverture le lundi 25 novembre, il y a eu l’allocution de Mme Kalthoum Hamzaoui, Directrice générale de la coopération multilatérale au Ministère du développement, de l’investissement et de la coopération internationale, de Tunisie, présidente du bureau sortant. Il y a eu par la suite celle du Dr. Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique qui s’est exprimée par un message vidéo.

Les allocutions ont été clôturées par le Dr Hala Helmy El Said, qui s’est exprimé au nom du Ministre de la planification, de du suivi et de la réforme administrative de l’Égypte.

S’en est suivi l’élection du Bureau et l’adoption de l’ordre du jour et du programme de travail. La première session extraordinaire de cette première journée avait pour thème : « La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) et l’emploi : L’impact d’une amélioration de la facilitation des échanges et de l’intégration régionale en Afrique du Nord. »

La session sur la ZLECA et l’emploi, domaine de spécialisation du Bureau sous régional, a permis des discussions approfondies pour analyser les opportunités et les défis pour la sous-région, et identifier les ajustements nécessaires à apporter à la ZLECA en vue de la création d’emplois. Le modérateur de cette session était le Dr. Gehan Saleh, Conseiller en économie auprès du Premier ministre égyptien ; quant aux  panelistes il y avait : le Dr. Ahmed Kamaly, Ministère de la planification, Égypte, M. Menghestab Haile, Directeur de pays, Programme alimentaire mondial, Mme Shehrazade Benrhouma Belaiba, Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), de Tunisie, M. Samson Bilangna, Organisation mondiale des douanes et M. Hamza Babetta, de l’Union nationale de commerce de  Mauritanie.

La seconde session du jour était consacrée à l’ouverture de la réunion du groupe d’experts, sous le thème : « Facilitation du commerce en Afrique du Nord pour une meilleure intégration économique régionale : Défis, opportunités et solutions ».

Après le mot d’ouverture prononcé par Mme Lilia Hachem Naas, Directrice du Bureau sous régional Afrique du Nord de la CEA, il y a eu une présentation des objectifs de la réunion et du programme de travail, par Mme Amal Nagah Elbeshbishi de la CEA, suivi d’une présentation de S.E. Ambassadeur Yasser Hashem, du Ministère égyptien des affaires étrangères.

La session 1 était titrée : « Politiques, procédures et mécanismes de facilitation du commerce en Afrique du Nord ». Il s’agissait d’une séance d’introduction pour préparer le terrain et faire le point sur la position de la CEA concernant les politiques, procédures et mécanismes de facilitation du commerce en Afrique du Nord, y compris les forces et les faiblesses, suivie d’une brève session de questions-réponses. Le modérateur ce fut S.E. l’Ambassadeur Omar Aboueich (Egypte) et les présentateurs sont dans l’ordre : Mme Amal Nagah Elbeshbishi (CEA), M. Souleymane Abdallah (CEA), M. Aminur Rahman (Banque mondiale) et le Dr. Ahmed Ghoniem, Professeur d’économie (Égypte).

Il s’en est suivie une discussion générale et cette première journée a été couronnée par un dîner de Gala dans l’Arena Garden du fastueux hôtel MOVENPICK RESORT. Durant la deuxième journée, il y a eu la poursuite de la réunion du Groupe d’experts sur la « Facilitation du commerce en Afrique du Nord pour une meilleure intégration économique régionale ». La session 2 a consisté à une présentation et discussion des études de cas nationaux.

Cette session a présenté quelques études de cas nationaux et discuté de nombreuses questions telles que les avantages économiques de la facilitation du commerce ; les accords commerciaux bilatéraux et régionaux ; les politiques, pratiques et opportunités de facilitation du commerce ; et les défis majeurs pour le commerce intra-Africain.

Le modérateur de cette session était M. Dialel Guisset, directeur des études au ministère mauritanien du commerce et représentant de l’administration de son pays à ce conclave du comité intergouvernemental de la CEA.

La présentation des consultants nationaux s’est déroulée comme suit : le Dr. Mohamed Boumghar, Etude de cas d’Algérie, le Professeur Fathy Al Tony, Etude de cas de l’Egypte, et M. Abdoul Kane, Etude de cas de la Mauritanie. La Session 3 a porté également sur une présentation et discussion des études de cas nationaux.

Cette session a présenté la suite des études de cas nationaux et discuté de nombreuses questions telles que les avantages économiques de la facilitation du commerce ; les accords commerciaux bilatéraux et régionaux ; les politiques, pratiques et opportunités de facilitation du commerce ; et les défis majeurs pour le commerce intra-africain.

La modératrice fut Mme Zahra Maafiri (Maroc) et les consultants nationaux sont : le Dr. Nabil Boubrahimi, Etude de cas du Maroc, le professeur Mutasim Abdelmawla, Etude de cas du Soudan et le professeur Chokri Thabet, Etude de cas de la Tunisie.

Au cours de cette journée il y a eu des tables rondes (travail en groupes) et discussions ouvertes sur les domaines de coopération et opportunités possibles dans le développement de la facilitation du commerce sous régional et des applications du guichet unique : défis, opportunités et perspectives d’avenir.

Il s’agit d’une session de travail, avec la répartition des participants en deux groupes, qui a offert un espace pour des discussions ouvertes entre un large éventail d’acteurs. Les groupes de travail interactifs devraient identifier les difficultés, les opportunités et la voie à suivre en matière de facilitation du commerce.

Les modérateurs des 2 groupes : « Défis, opportunités et voie à suivre » réserver au pays hôte, avec le Dr. Ashraf Mokhtar ; et deux experts de la CEA, en la personne de Mme Amal Nagah Elbeshbishi et M. Aziz Jaid.

La session 5 fut consacrée à l’ « Évaluation des politiques et programmes de facilitation du commerce en Afrique du Nord: bonnes pratiques, défis, opportunités et recommandations proposées ».

Cette session a discuté des politiques, programmes et initiatives nécessaires pour encourager et promouvoir le commerce en Afrique du Nord. La séance a porté sur les moyens de garantir une coopération efficace entre les douanes et les autres autorités compétentes en matière de facilitation des échanges et de conformité douanière, ainsi que sur les besoins en assistance technique et en renforcement des capacités dans ce domaine. Enfin, des recommandations politiques ont été présentées. Le modérateur fut M. Chafik Chiti (Algérie) et pour les recommandations on avait désigné Mme Amal Nagah Elbeshbishi.

La troisième journée a été marquée par la poursuite de la 34ème Réunion du Comité intergouvernemental d’experts, qui ont planché sur « l’évolution des conditions économiques et sociales en Afrique du Nord : examen du profil régional-Afrique du Nord. »

Il y a eu également la présentation du rapport établi par la CEA sur la situation socioéconomique régionale qui a été présenté par M. Aziz Jaid de la CEA et débattu de fond en comble avec les participants.

Autre point à l’ordre du jour : l’examen de la mise en œuvre des accords et programmes régionaux et internationaux (Programmes de développement et initiatives spéciales).

Le rapport établi par la CEA sur l’application des accords et programmes régionaux et internationaux a été présenté par M. Omar Abdourahman de la CEA et débattu avec les participants. Des discussions sur les questions statutaires étaient également à l’ordre du jour ainsi que le programme de travail de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) pour 2020, une présentation du doyen Demba Diarra de la CEA. Cette présentation a été suivi de celle du rapport sur les activités du Bureau sous régional de la CEA pour l’Afrique du Nord (octobre 2018 – septembre 2019) et programme de travail pour 2020, une présentation de Mme Lilia Hachem Naas, directrice du Bureau Afrique du Nord de la CEA.

Ce même jour les participants ont eu droit à une présentation des messages clés issus de la cinquième session du « Forum régional africain sur le développement durable et du Forum politique de haut niveau sur le développement durable sous les auspices de l’Assemblée Générale des Nations Unies. », une présentation assurée par M. Mohammed Maktit, du Ministère de l’énergie, des mines et de l’Environnement du Maroc.

Suivra une autre « présentation de la panoplie d’instruments de la CEA pour la planification intégrée et l’établissement de rapports : Une panoplie d’outils pour l’intégration des plans nationaux de développement dans les objectifs du développement durable et l’Agenda 2063. », une présentation de M. Ahmed Al-Awah de la CEA.

La dernière journée a été marquée par l’examen et l’approbation des recommandations de la réunion du groupe d’experts : « Facilitation du commerce en Afrique du Nord pour une meilleure intégration économique régionale » ; ainsi que l’examen et l’adoption du rapport et des recommandations du Comité intergouvernemental d’experts. Ces recommandations concernent plusieurs volets. D’abord celles relatives à la session spéciale : « ZLECA et Emploi ». Concernant les pays membres les recommandations suivantes ont été retenues :

  • Mieux accompagner les opérateurs économiques, à travers une meilleure information sur le marché africain, la création d’instruments financiers novateurs, et la mise en place de mesures de promotion des exportations, pour une plus grande implication du secteur privé ;

  • Améliorer la qualité des infrastructures, notamment celles relatives au transport international et des postes transfrontaliers, et revoir le cadre juridique et réglementaire pour la promotion des investissements intra-africains et la facilitation des échanges ; -Améliorer la qualité du système éducatif et de la formation professionnelle, particulièrement en faveur des jeunes et des femmes, afin de réaliser le potentiel attendu de l’opérationnalisation de la ZLECA ;

  • Mettre en place un système de compensation nécessaire, notamment financier, pour assurer un meilleur partage des retombées attendues du projet continental ;

  • Accélérer la mise en place des mesures de facilitation des échanges pour tirer un profit optimal et réaliser le potentiel de la ZLECA, notamment en ce qui concerne l’investissement et l’emploi.

Des recommandations similaires ont été faîtes. Elles ont trait au profil sous-régional ; au rapport sur la mise en œuvre des agendas régionaux et internationaux de développement et des initiatives spéciales en Afrique du Nord ; et enfin des recommandations relatives au programme de travail de la CEA en 2020.

A l’issue des travaux de cette 34ème réunion, nous avons recueilli les impressions de quelques participants. D’abord M. Dialel Guissé, responsable au ministère du commerce (directeur des études), seul représentant officiel de la Mauritanie à cette réunion. Pour M. Guissé : « Ce type de réunion a toujours l’avantage de permettre le partage des expériences entre les pays. La ZLECA c’est un formidable outil, qui va permettre aux pays africains de mieux commercer entre eux et de devenir moins dépendants des pays occidentaux. »

Et M. Guissé d’ajouter que : « Globalement les résultats de la rencontre sont satisfaisants. Les pays d’Afrique du Nord pris individuellement, ont des économies solides et souvent dans le top 10 de l’Afrique, mais ces pays pris ensemble, sont les moins intégrés de l’Afrique. Il y a donc beaucoup de choses encore à faire. »

Concernant la participation de la Mauritanie M. Guissé a affirmé que : « Contrairement aux autres pays, la délégation de la Mauritanie était sous-représentée. Il manquait notamment des représentants de l’Economie et des Finances (Douanes), qui sont partie prenante de la thématique de l’atelier. Cependant la Mauritanie a pu tirer son épingle du jeu, en s’octroyant le poste de Rapporteur du nouveau bureau du CIE. Par ailleurs le représentant du secteur privé a fait partie des panélistes, et moi, en tant que représentant de l’administration, j’ai assuré la modération de la session sur les études de cas, de la facilitation du commerce par l’intégration régionale. »

A son tour, M. Souleymane Abdellah, expert de la CEA, suivant de près la mise en place de la ZLECA : « Les états africains doivent se préparer et préparer leur système productif car s’ils ne se préparent pas, ce sont les autres qui vont venir pour en profiter. »

Notons enfin que la prochaine réunion du CIE, aura lieu en Algérie.

B.G

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