L'édito

Edito de Fayçal CHARIF

Edito

C’était « Novembre »…de tous les espoirs !

L’anniversaire du 1er novembre revient au galop comme depuis 62 ans, et comme à chaque fois c’est tout un peuple qui se réveille pour regarder à nouveau son histoire et tenter de comprendre ce qui s’est passé depuis qu’une « bande » de jeunes révolutionnaires ont pris les choses en main et décidé de prendre les armes contre un occupant farouche et déterminé et prêt à tout pour ne pas « lâcher » son « Algérie française ».

Au delà du souvenir, de l’hommage et des commémorations, au delà de la mémoire, de la souffrance et du sang versé, il y a le devoir de savoir et de comprendre. Il y a l’histoire à visiter ou à revisiter, il y a ses phases à écrire ou à réécrire.

62 ans après, il est temps (on est peut être en retard !), il est important, primordial, capital et vital  de « réinventer » l’histoire de notre révolution dans l’audace et le courage de « dire » les choses et dans l’objectivité de « lire » les faits et les événements.

Un peuple sans « Histoire » est un peuple sans avenir. Un peuple avec une histoire « à langue de bois », une histoire faussée, volée ou occultée est un peuple qui ne peut pas avancer. Il restera figé, à la case départ, incapable d’avancer ou de reculer. En un mot, il ne peut évoluer et faire évoluer le pays et la société.

Notre Histoire est immense comme l’immensité de cette terre Algérie. Une terre belle et rebelle qui ne s’avoue jamais vaincue. L’histoire universelle le dit. Aujourd’hui, nous avons besoin, le peuple a besoin, la nation a besoin, de l’écriture « vraie » et »sincère » de son histoire. Toute son Histoire, et pas seulement l’Histoire de cette grande révolution qui a boulversé le monde à l’époque.

Mais l’histoire de « novembre » est une urgence pour réparer-peut être- l’irréparable, pour réconcilier un peuple avec son histoire de la révolution et de l’indépendance. Une urgence, parce que Novembre est un symbole fort et une référence incontournable et une date qui a donné au peuple Algérien sa liberté et sa dignité au prix de larmes, de souffrances et de sang.

Urgent aussi, parce que les générations post-indépendance se sont petit à petit détachées de leur histoire récente. Beaucoup ne savent pas, ou beaucoup ne veulent pas savoir, le contenu de cette révolution imaginée et faite par leurs « pères » et « mères » il y a à peine un petit demi siècle.

Pourquoi la jeunesse algérienne tourne le dos à son histoire récente ? Pourquoi ne peuvent-ils pas, ou ne veulent-ils pas retenir les noms de leurs héros, qui ont donné leur vie pour eux ? Pourquoi toute cette embrouille ?

La réponse est dans « Novembre » qui devait être de tout temps un mois de fierté absolue, un mois de tous les espoirs pour l’Algérie, un mois qui allait faire émerger un pays, et faire sortir un peuple et une nation des ténèbres de la colonisation aux lumières de la liberté. Novembre a chassé le colonisateur et a ouvert les portes de l’indépendance, de la liberté et de l’espoir ! La « suite » n’est pas aussi belle à raconter.

Ne dit-on pas que la révolution dévore ses enfants ? Oui, et on sait que la révolution est déclenchée par des génies, que le peuple en paye le prix, et qu’à la fin elle profite aux opportunistes de tous bords, même aux « traîtres ». Pour y remédier, il n’y a que l’écriture de la « vraie » histoire pour réparer l’irréparable qui demeure.

Novembre doit rester un espoir pour tout un peuple. Un peuple qui n’a pas su rebondir dans le confit des « el khawa » avant, pendant et après la révolution. Un peuple qui n’a pas su protéger et soigner sa liberté et son indépendance. Les années de l’indépendance, avec tous ses avantages, ont connu des ratés mémorables de l’histoire au point où nous sommes aujourd’hui en marge de l’histoire, ne pouvant influer sur elle.

Novembre est un acquis pour le peuple Algérie, mais il a surtout été décidé pour les générations futures, les jeunes. Tant de choses restent à faire pour eux, et tant de vérités restent à dire à cette incroyable jeunesse oubliée et délaissée et qui aurait pu hisser un peuple et un pays au rang des grandes nations.

Quand Novembre sera « raconté » à sa juste valeur et à sa juste vérité, ce jour là, nous iront à la rencontre de nos martyrs avec sincérité, respect et fierté pour leur rendre hommage. Ce jour là, déposer une gerbe de fleurs, chanter « Kassaman » et pleurer à chaudes larmes de reconnaissance pour nos chouhada aura tout son sens !

F.C

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