Analyse

Dossier sahraoui : Pessimisme ambiant sur la tentative de Kohler

Dossier sahraoui : Pessimisme ambiant sur la tentative de Kohler

Par : Kharroubi Habib

L’émissaire Onusien pour le Sahara Occidental, l’ancien Président Allemand Horst Kohler entreprend à compter d’aujourd’hui 23 juin et jusqu’au 1er juillet une nouvelle tournée dans la région qu’il débutera par Alger et le mènera successivement à Tindouf, Nouakchott puis Rabat. Selon des sources Onusiennes, sa visite vise « à approfondir la compréhension de M. Kohler de la réalité sur le terrain et de discuter comment aller de l’avant dans le processus de paix dirigé par l’ONU conformément à la résolution 2414 de l’ONU, laquelle a souligné la nécessité de faire des progrès dans la recherche d’une solution politique réaliste pragmatique et durable à la question du Sahara. Le vote de cette résolution a été accueilli avec « satisfaction» par les parties prenantes du conflit. Pour autant il n’est par certain qu’elle ait donné à l’envoyé onusien l’atout qui lui permettrait de lever les obstacles qui bloquent la reprise du processus de paix, tant les parties en question ont fait des lectures contradictoires de ses stipulations, qui ont mis en évidence que malgré son vote elles persisteront dans les positions qui sont leurs sur le dossier du Sahara Occidental.

Les observateurs se déclarent tous pessimistes sur les chances qu’aurait Horst Kohler de parvenir à faire bouger les lignes sur le dossier du Sahara Occidental. Ils ne voient pas comment en effet il pourrait convaincre le Maroc ou le Polisario à accepter de retourner à la table des négociations du moment que le premier dénie au second la qualité d’interlocuteur et exige que ce soit l’Algérie qui doit s’asseoir à cette table, alors que celui-ci n’envisage d’y retourner que si Rabat renonce à tout préalable à la reprise des négociations dont celui inacceptable pour lui que la seule discussion devrait porter sur le projet « d’autonomie» administrative pour le Sahara Occidental présenté par le souverain Marocain comme étant l’unique concession que fait son pays sur le dossier. Depuis le vote de la résolution 2414, la situation s’est singulièrement tendue entre le Maroc et le Front Polisario suite à l’accusation farfelue lancée par le Makhzen contre ce dernier d’être une organisation «terroriste» ayant partie liée avec l’Iran et le Hezbollah dans un plan de déstabilisation du Maroc et d’atteinte à sa sécurité nationale. L’accusation a été à l’évidence proférée pour servir de justification au refus prévisible que Rabat ne manquera pas d’opposer à la tentative de l’émissaire onusien de lui faire reprendre le chemin de la négociation avec le Front Polisario. Dans un contexte qui fait apparaître que la monarchie alaouite voit ses assises ébranlées par une contestation populaire allant en s’amplifiant, il ne faut pas s’attendre à ce que Mohamed VI se fasse conciliant sur l’affaire du Sahara occidental. L’instrumentalisation de celle-ci a permis jusque-là à la monarchie de désamorcer la colère des Marocains et de compter sur le soutien populaire pour une poursuite aventureuse du maintien du statu quo qui prévaut sur la question, même si la résolution onusienne 2414 a clairement fait ressortir que les Nations Unies en exigent franchement le dépassement et en ont confié la tâche à Horst Kohler.

KH.H

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