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Djamila Boupacha : « Le supplice d’une Moudjahida »

Djamila Boupacha

« Le supplice d’une Moudjahida »

Par Fayçal Charif

Elle était belle. A 22 ans, elle est arrêtée, torturée et violée…Elle a vécu le supplice extrème…c’est Djamila Boupacha.

Née à Alger en 1938, la belle algéroise, n’a pas encore 20 ans quand elle rejoint avec conviction et détermination le FLN. Elle se donne corps et âme à la cause de son peuple. La guerre d’Algérie fait rage et la bataille d’Alger n’en finit pas. Djamila Boupacha est arrêtée en février 1960, accusée d’avoir déposé une bombe à la brasserie des facultés à Alger le 27 septembre 1959. La bombe avait été désamorcée.
Emprisonnée dans un endroit secret avec toute sa famille, elle sera violentée, torturée et violée pendant un mois, par les membres de l’armée française, d’où le qualificatif qui allait faire le tour du monde « Le supplice de Djamila ».
Des sévices racontés par Simone de Beauvoir, dans son article poignant dans « Le Monde » du 2 juin 1960 et qui allait bouleverser les français. Dans « Pour Djamila Boupacha », Simone de Beauvoir, qui avait été sollicitée par l’avocate Gisèle Halimi, a écrit : « On lui fixa des électrodes au bout des seins avec du papier collant Scotch, puis on les appliqua aux jambes, à l’aine, au sexe, sur le visage. Des coups de poing et des brûlures de cigarettes alternaient avec la torture électrique. Ensuite on suspendit Djamila par un bâton au-dessus d’une baignoire et on l’immergea à plusieurs reprises.»

Un mois avant, Gisèle Halimi avait pris en main l’affaire Boupacha. A Paris, elle se rapproche des hommes politiques et intellectuels français pour raconter le supplice de Djamila et les méthodes de guerre de l’armée française. Simone de Beauvoir sera la première à l’écouter et la soutenir. Les deux femmes vont aller jusqu’au bout pour défendre la prisonnière.

Un comité de défense pour Djamila Boupacha présidé par Simone de Beauvoir est mis en place en juin 1960. Il rassemble des personnalités de de renom comme Jean-Paul Sartre, Elsa Triolet, Germaine de Gaulle, Jean Amrouche, Édouard Glissant, René Julliard ou encore Aimé Césaire. Le comité sera d’un grand soutien à Djamila….même si cette dernière sera jugée et condamnée à mort, l’exécution n’aura jamais lieu grâce à eux.

En 1961, Beauvoir et Halimi éditent « Djamila Boupacha » chez Gallimard pour entretenir la pression sur l’administration française. En décembre 1961, le grand et célèbre peintre Pablo Picasso offre son art à l’icône de la révolution algérienne en réalisant un portrait légende. La même année, le peintre Roberto Matta la raconte dans « pour Le Supplice de Djamila » en 1962, le musicien Luigi Nono lui consacre de belles notes de musique en hommage à sa souffrance et à son courage.

Djamila Boupacha sera sauvée d’une exécution imminente grâce à ceux qui ont cru à sa cause et ont compati avec ce qu’elle a enduré. Elle sera libérée le 7 mai 1962, un peu plus d’un mois après la signature des accords d’Évian entre l’Algérie et la France. La fin du cauchemar pour Djamila et pour l’Algérie !

Portrait de Djamila Boupacha : Le tableau chef-d’œuvre de Picasso

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