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Djamila Amrane Une autre Moudjahida s’en va !

Djamila Amrane

Une autre Moudjahida s’en va !

Par : Fayçal Charif


La Moudjahida algérienne Djamila Amrane est décédée ce samedi à l’âge de 78 ans. Cette grande Dame, militante farouche de l’indépendance de l’Algérie, est partie dans l’humilité et la discrétion comme tous les noms sincères de la révolution algérienne. Ce qui rend l’Algérie peinée ce n’est pas seulement sa disparition, mais aussi la non reconnaissance à sa juste valeur de son combat et l’ignorance des jeunes générations de son parcours.

Ce que beaucoup ne savent pas, c’est que Djamila Amrane était française de naissance et d’origine, portant le nom de Danièle Minne, elle a donné sa vie pour l’Algérie qui allait devenir son pays. Elle était née le 13 août 1939 à Neuilly-sur-Seine (France) et quand la révolution algérienne avait donné le ton, Danièlle avait à peine 15 ans, mais elle se posait déjà de grands questionnements sur cette colonisation française

de l’Algérie qui durait depuis plus d’un siècle.
A 17 ans, elle devient une fervente militante de la cause nationale et intègre avec détermination et conviction les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN) jusqu’en 1962. Un an après son ralliement à l’ALN, le 26 janvier 1957, lors de la très célèbre « Bataille d’Alger », elle participe à l’une des trois opérations décidées par FLN dans trois brasseries de la rue Michelet située dans le quartier européen. Elle est chargée de poser sa bombe dans le bar Otomatic à Alger, tandis que deux autres jeunes filles déposent d’autres engins explosifs au Coq-Hardi et à La Cafétéria : ce sont Djamila Bouazza, âgée de 19 ans et Zoubida Fadila.
Djamila Amrane échappe à l’arrestation et gagne alors le maquis FLN. Elle sera arrêtée avec certains de ses camarades en novembre 1957. Condamnée le 4 décembre 1957 à sept ans de prison et incarcérée à la prison de Barberousse. Elle sera transférée en France et ne sera libérée qu’en avril 1962 à Rennes, amnistiée en application des Accords d’Évian.

 

Après l’indépendance, Danièle Djamila Amrane Minne, a opté pour la nationalité algérienne et devient historienne. Elle intègre l’université d’Alger où elle y enseigne l’histoire et produit la première étude sur les femmes dans la guerre de libération. Elle deviendra en 1999 professeur d’histoire et d’études féminines à l’université de Toulouse. Elle était également auteur de plusieurs ouvrages littéraires ainsi que de poèmes. Parmi ses publications, “Les femmes algériennes et la Guerre de libération nationale” (1989), et « Femmes au combat », préface de André Mandouze, Alger, éditions Rahma, (1993), « Des femmes dans la guerre d’Algérie » Karthala, (1996).
Le destin, qui parfois fait bien les choses et donne des signes, a voulu que Djamila Amrane, décède le même jour et le même mois que Fernand Yveton, l’autre français engagée. Un autre inconnu de la cause algérienne. Fernand était né en Algérie au Clos-Salembier. Militant communiste français, anticolonialiste et fervent défenseur de l’Algérie libre, il avait opté pour le FLN. Il sera guillotiné le 11 février 1957 Djamila Amrane, a rejoint Fernand Yveton 60 ans après…comme pour nous dire des choses !

 

F .C

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