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Dix jours après le crash : Des questionnements !!

Dix jours après le crash
Des questionnements !!

Par Fayçal Charif

Le peuple a su tout faire et en même temps, pleurer ses enfants militaires et les toutes les autres victimes, aller au soutien des familles des victimes, informer et crier sa douleur et sa peine sur les réseaux sociaux. Il a été critique et virulent envers les imperfections qui se succédaient à une cadence soutenue et insoutenable durant les heures et les jours qui ont suivi.

Autour du terrible drame du crash de l’avion militaire algérien, il a été remarqué avec colère et amertume un certain nombre d’anomalies et des dysfonctionnements dans la gestion d’un dossier de cette importance et de cette ampleur. C’était bel et bien un drame national, et le peuple algérien, dans sa majorité absolue l’a fait savoir à haute voix à ceux qui voulaient minimiser la douleur, la portée, et les responsabilités.

Si l’institution militaire a de suite pris la main sur le terrain et si son implication a été totale dès l’annonce du crash et si à ce jour elle a considéré tous les aspects de ce drame, y compris celui des familles des victimes, il faut reconnaître que l’absence de « communication officielle » de la part de l’Etat a donné lieu à des imperfections improbables et des fausses notes impardonnables et cela allait se vérifier très vite.

Juste après le drame, cela sautait au yeux, ça ne tournait pas rond, quelque chose n’allait pas. Comme si la machine était rouillée, et qu’elle n’arrivait pas à fonctionner pour suivre l’étendue et l’effet de la catastrophe sur l’Etat et sur tout un peuple. Un constat se faisait pressant : ce qui devait se faire, ne s’est pas fait, ou tout bonnement, on ne sait pas faire. Comme si on n’arrivait pas à gérer une catastrophe de cette ampleur dans tous ses aspects, y compris émotionnels.

Les imperfections et les ratés ont été nombreux et cela dénote d’un manque flagrant d’expérience et de savoir faire. Plus encore pour certaines anomalies, c’est de l’amateurisme, de l’incompétence et du bricolage. Première anomalie, le périmètre de la catastrophe n’a pas été quadrillé, ce qui devait se faire dès l’arrivée des services de sécurité. Si on peut comprendre les premières interventions des particuliers par souci d’aide et d’assistance, on ne comprend pas pourquoi l’espace n’a été interdit d’accès, sauf aux militaires (concernés directement par le drame), aux secouristes et aux hauts responsables en rapport avec la gestion de la catastrophe, que bien plus tard. Même si c’est un détail, il faut reconnaître que cela vaut son pesant d’or pour l’intervention efficace et pour l’enquête.

Mais le plus grave est venu de cette « majorité » de la presse algérienne qui était complètement à côté de la plaque. Les médias lourds cherchaient le sensationnel dans la douleur et laissant défiler les mêmes programmes de télévision au lieu de les adapter à la situation. La télévision algérienne « officielle » est resté muette et ne reprenait que « l’officiel ». Du coup c’est les réseaux sociaux qui ont pris le relais.

Sur le plan  politique, il y a eu cette sortie médiatique hasardeuse et désastreuse de Ould Abbes, chef de fil du FLN, qui annonçait et déclarait que l’avion militaire qui s’est crashé transportait des… « Sahraouis ». Avait-il le droit (ou le feu vert) de dire ce que revient de droit au ministère de la défense et à un des grands chefs de l’armée, à savoir donner cette information, ou encore au chef du gouvernement, le grand absent lors du drame . Mais sincèrement, au cœur de la catastrophe, est-ce que c’était important, primordial, stratégique ou vital de donner cette information !? Personne ne le pense vraiment, et personne n’a compris l’intérêt de cette déclaration au moment où l’Algérie était encore sous le choc et pleurait ses enfants. Plus tard, on saura que les « Sahraouis » qui étaient dans l’avion, étaient des enfants, des femmes et des vieillards malades.

Le pire allait venir. Deux jours après le drame, ce fut au tour du sport de dévier de la logique et du respect. La fédération, et là, la responsabilité du ministère et du nouveau ministre est engagée sérieusement, a maintenu des rencontres de football le deuxième jour du deuil. Un deuil de trois jours non respecté, qui avait été décrété par l’état et qui a été décrié parce que beaucoup pensaient que c’était peu par rapport à la terrible catastrophe.

Le plus terrible c’est quand « l’officiel » ne communique pas, ne parle pas, ne réagit pas. Et là, c’est la mission de l’exécutif qui aurait du assurer des conférences de presse en fonction de l’évolution de la situation. Cela aurait permis d’être informé « officiellement », de suivre l’actualité du drame et connaître les décisions prises par l’Etat. Mais encore plus, cela aurait permis d’empêcher toute intrusion et toute fausse information. La gestion d’une crise c’est également communiquer, qui viendrait se joindre à un certain nombre de dispositions sur le terrain. Professionnalisme et compétences, c’est ça gérer une crise !

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