Analyse

Deux votes qui influeront durablement

Deux votes qui influeront durablement

Par : Kharroubi Habib

Pour aussi arrogantes et méprisantes qu’aient été leurs Réactions au double vote onusien condamnant et rejetant la décision de Donald Trump sur le statut d’El Qods, Washington et Tel-Aviv sont ébranlés par le fait que leurs pressions et menaces n’ont pas désuni le front des Nations unies que les Palestiniens sont parvenus à susciter.

Américains et Israéliens ont beau éructer que ces votes ne les dévierons pas de leur politique sur le dossier palestiniens. Ils vont inéluctablement devoir convenir qu’ils sont condamnés à le faire. Certes, le veto mis par Washington au projet de résolution sur le statut d’El Qods soumis au Conseil de sécurité et le caractère non contraignant de celle massivement adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU font qu’ils persistent à camper dans l’entêtement qu’ils ont raison contre la communauté internationale quasi-unanime dans son refus de cautionner l’initiative américaine. Mais cette posture va leur apparaître rapidement intenable tant les votes onusiens, même n’ayant pas force de loi, sont tout de même à prendre en compte pour la solution du conflit israélo-palestinien. La condamnation internationale de la décision du président américain vaut surtout parce qu’elle s’est accompagnée de la réitération de la communauté internationale de son rejet des sous-entendus qu’elle véhicule, à savoir qu’elle prépare à l’abandon insidieux de Washington de la solution à deux Etats, à la satisfaction de Tel-Aviv.

Ils sont aussi révélateurs que la communauté internationale rechigne de plus en plus résolument à accepter la conduite américaine qui vise à traiter les affaires du monde de façon unilatérale. Malgré leur vives et insultantes répliques, Washington et Tel-Aviv ont bien décrypté que les votes onusiens sont la marque que cette communauté internationale n’entend plus se soumettre passivement à l’arrogance américaine qui s’appuie sur la force militaire et le chantage, aux sanction économiques et financières et au mépris israélien ressortant de la certitude conférée par le soutien indéfectible de la plus grande puissance mondiale. Trump peut bien encore menacer de ses foudres les Etats mal votant et Natanyahu traiter l’ONU de «boîte à mensonge», ils ont néanmoins découvert que l’ordre mondial qui a fonctionné à leur avantage au sortir de la guerre froide fait l’objet d’une contestation de sa pérennisation et du refus des injustices qu’il leur permet de commettre dont celle dont est victime le peuple palestinien est la plus inacceptable parce qu’elle a trop duré et étant révélatrice du cynisme qu’ils mettent à s’en défendre en arguant de leur prétention à être seuls à s’estimer gardiens de la légalité internationale même quand la communauté qui est censée en être la source désapprouve leurs actes et initiatives. En traitant l’ONU de «boite à mensonge» Benyamin Netanyahu a exprimé cette prétention mais sans se rendre compte qu’il a du même coup donné du crédit à ceux qui contestent l’existence de l’Etat sioniste rendue possible par une organisation internationale qu’il a traitée de la sorte. Il est vrai que la défaite et les revers font dire et faire n’importe quoi.

KH.H

 

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