Deux partis indépendantistes catalans demandent une commission d’enquête sur les charges policières du 1er octobre

Deux partis indépendantistes catalans demandent une commission d’enquête sur les charges policières du 1er octobre

MADRID – Deux partis indépendantistes catalans en l’occurrence le parti démocrate européen de la Catalogne de l’ex-président Carles Puigdemont (Pdecat) et la gauche républicaine catalane (ERC) ont déposé mardi au congrès espagnol une demande dans laquelle ils réclament l’établissement d’une commission d’enquête sur les charges policières du premier octobre dernier, lors de la tenue du référendum d’indépendance illégal et émaillé de heurts ayant fait de nombreux blessés.

Cette commission d’enquête devrait “aller au fond des incidents pour donner des explications sur ce qui s’est passé” car la “réponse du gouvernement était autoritaire et sans précédent en Europe”, a indiqué le porte-parole du Pdecat au congrès, Carles Canpuzano qui a souligné par ailleurs que “les responsables doivent assumer leurs responsabilités”.

Le même responsable a informé la presse que 150 personnalités de divers partis indépendantistes ont signé lundi un manifeste dans lequel ils incluent dans leurs programmes “la négociation d’un référendum pacté sans fixer de délais”, indiquant que sa formation politique “a toujours gardé cette porte ouverte” en se référant à la lettre de Carles Puigdemont envoyé au Premier ministre Mariano Rajoy dans laquelle il s’est dit ouvert au dialogue.

Abordant le rendez-vous électoral du 21 décembre prochain, le dirigeant indépendantiste a souligné que “les urnes vont réaffirmer l’engagement de la société catalane en faveur du droit de décider et de l’indépendance” en  insistant sur le fait qu’un problème politique ne peut être résolu que politiquement. “Jamais le code pénal ou l’emprisonnement n’a résolu dans aucun endroit du monde un problème comme celui que soulève la  Catalogne”, a-t-il conclu.

Puigdemont réitère son appel à la liste commune des indépendantistes pour les élections

En prévision des prochaines élections régionales convoquées par le gouvernement de Rajoy après la mise sous tutelle de la Catalogne, et devant la division des partis indépendantistes sur la manière de se présenter à ces élections, Carles Puigdemont interviewé par la radio catalane, a réitéré mardi, son appel à une liste commune englobant les partis de la gauche républicaine, le pdecat, la candidature pour l’unité populaire (CUP) et les autres formations qui voudront se joindre comme l’a demandé l’assemblée nationale catalane. “Nous avons un objectif pour le 21 décembre, devant cette situation d’urgence nationale il est urgent de former un bloc démocratique, sinon, nous ne pouvons pas défendre la Catalogne et ses institutions”, a-t-il souligné.

Laissé en liberté sous conditions par la justice belge avec quatre de ses anciens ministres, Puigdemont a également assuré qu’il était “prêt” à être extradé vers l’Espagne par la justice belge et qu’il savait que lui et les quatre ministres pouvaient “finir dans les prisons espagnoles”.

Rappelant que son départ vers la Belgique répondait à “une stratégie devant permettre l’internationalisation de la question catalane”, Puigdemont a souligné que lui et les autres ministres “ne se sont jamais dérobés de leurs responsabilités”. Il s’agit ,a-t-il poursuivi “de pouvoir administrer de la meilleure façon possible la défense de nos droits, non en tant qu’individus mais en tant que gouvernement de la Catalogne”.

L’ancien président de la généralité de Catalogne, Carles Puigdemont et les quatre anciens conseillers comparaîtront devant le tribunal de première instance de Bruxelles le 17 novembre qui décidera de l’exécution du mandat d’arrêt européen lancé par la justice espagnole le 3 novembre dernier contre les cinq membres du gouvernement régional catalan destitué.

Plus d’un mois après le référendum d’indépendance de la Catalogne, jugée illégal et émaillé d’incidents et après la déclaration unilatérale d’indépendance suivie juste après par la mise sous tutelle de la Catalogne avec toutes les mesures prises dans le cadre du 155 notamment la destitution du gouvernement régional, la dissolution du parlement, la convocation de nouvelles élections régionales suivies en parallèles de poursuites judiciaires à l’encontre des membres du gouvernement catalan et des membres du parlement, les citoyens espagnols estiment selon une enquête du centre espagnol de recherches sociologiques, réalisée entre le 2 et le 11 octobre dernier  que “l’indépendance de la Catalogne est l’un des principaux problèmes de l’Espagne”. 29 pc des répondants contre 7,8 pc qui ont mentionné cette préoccupation un mois plus tôt se sont dits inquiets.

La première préoccupation pour les Espagnols reste le chômage, cité par 66,2pc mais l’indépendance de la Catalogne dépasse déjà d’autres problèmes importants tels que la corruption et la fraude, les problèmes économiques ou le terrorisme international.

Aps

 

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