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Déconfinement : pour le 11 mai, Philippe s’en remet aux élus locaux et à la discipline des Français

Déconfinement : pour le 11 mai, Philippe s’en remet aux élus locaux et à la discipline des Français

Par : Anthony Berthelier

 Dans son discours, Édouard Philippe a demandé de la prudence aux Français et laissé une grande marge de manœuvre aux maires dans la mise en branle de son plan de déconfinement.

 “On ne peut pas faire les malins avec le virus”. Cet avertissement, Édouard Philippe, l’a décliné en plusieurs nuances tout au long de sa conférence de presse ce jeudi 7 mai. Si le chef du gouvernement, accompagné de six de ses ministres, a d’emblée confirmé que le déconfinement commencerait bien le 11 mai, à la date annoncée par Emmanuel Macron, il n’a cessé d’alerter les Français sur les risques que ferait courir un retour à “la vie d’avant” trop hâtif.

C’est pourquoi le Premier Ministre a décliné, comme il l’a fait depuis plusieurs jours, une sortie du confinement “très progressive”, en fonction des territoires et de leur situation sanitaire. Et pour cela, il a décidé de s’appuyer sur les élus locaux.

La réouverture des écoles ? Ce sera aux maires de trancher. L’accès aux plages et aux lacs ? Aux édiles, également d’en faire la demande aux préfets de département. Autant de sujets pour lesquels le gouvernement a donné raison aux élus mobilisés. Comme une preuve que ce déconfinement s’appuierait sur deux jambes : les autorités locales… et la responsabilité de la population.

Appel à “la bonne intelligence des Français”

 C’est en tout cas ce qu’ont expliqué, en creux, les différents responsables gouvernementaux invités à s’exprimer aux côtés du Premier Ministre.

Après deux mois de confinement globalement respecté sur l’ensemble du territoire, “la France est divisée en deux”, a immédiatement constaté Édouard Philippe, martelant, dans la foulée : “pas de relâchement de la vigilance.”

Tour à tour, Olivier Véran, Christophe Castaner ou Elisabeth Borne se sont succédé pour expliquer la stratégie du gouvernement dans leurs domaines respectifs. Mais tous se sont accordés sur un point: la réussite du déconfinement tient en partie sur l’esprit de responsabilité des Français.

C’est pourquoi, le gouvernement n’a par exemple prévu ni “assouplissement supplémentaire” dans les Ehpad, ni confinement obligatoire pour les “personnes âgées et vulnérables.” Pas de mesures contraintes donc, mais un appel à “la bonne intelligence des Français”, selon les mots d’Édouard Philippe. Le ministre de la Santé Olivier Véran a notamment appelé les citoyens dits ”à risque”, à “limiter au strict minimum leurs sorties et leurs contacts.” Et ce dans “l’esprit de responsabilité de chacun pour le bien de tous.”

Même insistance sur la question des limites imposées aux Français dans leurs déplacements : le gouvernement prévoit quelques règles, comme celle des 100 kilomètres, mais compte avant tout sur la prudence de la population alors que les trajets au sein d’un même département sont autorisés. “Là encore, nous comptons sur le civisme et la responsabilité des Français mais les contrevenants seront sanctionnés”, a ainsi expliqué Christophe Castaner.

Les maires ont les mains libres

 Plus largement, les ministres n’ont cessé d’agiter la carotte et le bâton : si le virus circule à nouveau massivement dans la population, le gouvernement n’hésitera pas à reconfiner les Français. Un nouveau point d’étape sera d’ailleurs effectué le 2 juin, afin de “passer à une nouvelle phase” ou, en cas de “mauvais résultats”, “en tirer les conséquences”, a averti le chef du gouvernement.

Pour éviter un tel scénario, le gouvernement compte sur les autorités locales. En première ligne depuis la crise sanitaire, les maires, préfets et autres patrons de département sont plus que jamais mis à contribution dans le plan de déconfinement du gouvernement. Ce sont eux qui décideront de nombreuses modalités pratiques et concrètes du retour à la vie -presque- normale.

Le gouvernement a notamment donné raison aux édiles sur deux des dernières questions cruciales qui restaient en suspens : la réouverture des plages et des salles de classe.

Après la bronca des élus, notamment d’Île-de-France, Emmanuel Macron avait fait savoir au cours de la semaine qu’il ne “braquerait personne”, laissant de fait une grande marge de manœuvre aux maires craignant notamment pour leur responsabilité pénale. Message reçu: dans une lettre datée du mercredi 6 mai et envoyée aux préfets, que l’émission “Quotidien” s’est procuré peu avant le grand raout gouvernemental de ce jeudi, Édouard Philippe demande aux préfet de ne pas envisager la réouverture des écoles si le maire de la commune y est opposé.

Dans le même esprit, Christophe Castaner a répondu à la colère de nombreux élus des territoires littoraux. Beaucoup d’entre eux se sont émus, au cours des derniers jours, de devoir garder leurs plages fermées alors que la circulation du virus dans leurs départements est souvent très faible. Finalement, les préfets pourront en réouvrir l’accès au cas par cas sur demande des maires.

Interrogé sur les édiles qui prennent, ou promettent, des décrets imposant le port du masque dans l’espace publique, Édouard Philippe s’est en revanche montré prudent. Il a simplement expliqué que ce n’était “pas le choix” du gouvernement, refusant de commenter la décision de ces élus locaux et encore moins de la condamner. Et ce même si ces maires ne peuvent légalement pas prendre ce type de disposition. “On ne peut pas faire les malins avec le virus”, a averti le Premier ministre lors de son discours. Et avec le droit ?

Source : HUFFPOST 08/05/2020

 

 

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