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Déconfinement : Macron attendu au tournant par le monde de la culture

Emmanuel Macron doit faire ce mercredi des annonces pour aider un secteur particulièrement touché par la crise.

Déconfinement : Macron attendu au tournant par le monde de la culture

Par : Astrid de Villaines

Emmanuel Macron doit faire ce mercredi des annonces pour aider un secteur particulièrement touché par la crise.

 POLITIQUE – Il y a travaillé jusqu’au dernier moment. Le 5 mai au soir, Emmanuel Macron était toujours “en réunion” à l’Élysée pour peaufiner les annonces qu’il doit délivrer ce 6 mai dans la matinée au monde de la culture, particulièrement touché par la crise économique liée au coronavirus.

Selon nos informations, le président échangera avec des artistes par visioconférence avant de dévoiler les contours de ces aides très attendues par un secteur rassemblant près d′1,3 million d’emplois et qui se sent considéré “comme la dernière roue du carrosse” de la politique gouvernementale au regard des milliards qui sont injectés dans l’économie depuis le début de cette crise.

“Le Président échangera avec des artistes de différents champs culturels sur l’impact de la crise sur leurs métiers, sur les mesures d’accompagnement pour mieux les protéger et soutenir les structures qui les produisent et les diffusent”, expliquait-on à l’Élysée ce 5 mai au soir. Le chef de l’État s’attachera ”à écouter la part de rêve et d’imagination des artistes sur la construction de l’après”, précisait-on aussi pour Le HuffPost.

“La culture contribue plus au PIB que l’industrie automobile !”

Dans une lettre ouverte au Premier ministre publiée sur notre site ce 6 mai, les députés socialistes relaient le cri d’alarme du secteur en ces termes : “25 millions d’euros en aide à la Culture quand des milliards sont consentis, à juste titre, à l’économie… Permettez-nous de vous rappeler, Monsieur le Ministre que la culture contribue sept fois plus au PIB que l’industrie automobile !”.

“C’est très réducteur”, réagissait, le 5 mai, auprès du HuffPost la députée LREM Céline Calvez, membre de la commission des Affaires culturelles. Si la députée n’était pas au courant des mesures prévues par le chef de l’État à la veille de ses annonces, elle estime important de “rappeler tout ce qui a été fait”.

“Ces 25 millions correspondent aux aides des grands centres nationaux auxquels il faut ajouter 75 millions d’euros du fonds de solidarité – qui ne fait qu’augmenter -, les mesures de chômage partiel et les mesures d’aides aux secteurs en difficulté de 8 milliards d’euros dont la culture fait partie”, tempère l’élue des Hauts-de-Seine.

“Il est temps de déclarer l’État d’urgence culturel”

Si les librairies, galeries et “petits” musées doivent rouvrir le 11 mai, les cinémas, salles de concerts, théâtres et les autres musées vont rester rideau tiré jusqu’à nouvel ordre, avec des conséquences financières désastreuses. “La situation sera réévaluée fin mai pour une décision effective au 2 juin”, a rappelé le 4 mai le Premier ministre devant le Sénat.

Tournages à l’arrêt, répétitions impossibles : la création artistique est elle aussi en crise. “Il est temps de déclarer l’état d’urgence culturelle, une urgence sans condition (…) parce que la culture est incompatible avec la distanciation sociale”, insiste la comédienne Isabelle Adjani dans une lettre adressée au président Macron lue mardi sur France Inter.

“S’il y a bien un métier impossible à faire avec la distanciation sociale, c’est celui de comédien”, soulignait lui aussi récemment dans Le Monde le cinéaste Christophe Honoré. Dans le contexte, des “idées aberrantes” circulent, comme “faire venir tous les acteurs d’un film quinze jours avant le tournage pour les mettre en quarantaine, confiner toute l’équipe dans le même lieu pendant toute la durée du travail”.

Un protocole “impraticable”

La grande question pour le secteur reste comment concilier la situation sanitaire avec des lieux où convivialité rime avec promiscuité ? Sur ce point, le Pr François Bricaire, infectiologue, vient de rendre un rapport aux autorités, où il préconise, outre le port de masque, un temps d’aération dans les lieux clos, la suppression des vestiaires, des bars/buvettes ainsi que des entractes, l’instauration d’un à deux sièges d’écart entre les spectateurs, selon le degré de déconfinement.

Il imagine un “monde d’après” où il faudra “distancer les artistes grâce à une mise en scène adaptée” et recommande, quand ce n’est pas possible, l’instauration de tests sérologiques et la prise de température sur les plateaux.

Des propositions qui passent mal. “Absolument impraticable”, a estimé Stéphane Lissner, de l’Opéra de Paris sur France Inter le 5 mai. Dans Le Figaro, le producteur de théâtre Jean-Marc Dumontet explique que ce rapport “nie l’esprit du spectacle”.

“On ne peut pas revenir au monde d’avant”

“Il faut trouver la ligne de crête pour leur permettre de survivre et dans le même temps revisiter la façon dont ils vont se produire”, observe, pour sa part, Céline Calvez, députée LREM de la commission des Affaires culturelles.

“Il faut se réinventer, penser au numérique, penser autrement que lorsqu’on était serrés les uns contre les autres”, prévient l’élue, alarmiste. “Comme l’a dit le Président de la République, on ne peut pas revenir au monde d’avant. Certains acteurs du monde culturel veulent revenir au monde d’avant, ils freinent la reprise”, estime la députée

Prolonger les droits des intermittents

Les intermittents attendent des annonces précises sur la prolongation de leurs droits. “Pour les structures, on attend que les mesures de chômage partiel soient étendues aussi longtemps que les salles sont fermées”, affirme, à l’AFP, Aurélie Hannedouche du SMA. “Si le chômage partiel s’arrête le 2 juin et qu’on ne peut reprendre qu’en septembre ou janvier, on va mourir”.

Deux pétitions, “Culture en danger” et “AnnéeNoire2020″ ont réuni quelque 250.000 signatures pour réclamer “une année blanche” pour ces professionnels au statut particulier. Si le ministre de la Culture travaille à la prolongation de ces dispositifs pendant l’été, il ne se prononce pas sur une mise à zéro des compteurs en termes de décompte des droits. “Cela nécessite des évaluations, des discussions avec mes collègues du gouvernement”, a déclaré le ministre de la Culture Franck Riester le 5 mai sur Europe 1. “Il y a encore des arbitrages sur la prolongation. On sait qu’on doit les prolonger, mais comment c’est la question”, abonde Céline Calvez pour Le HuffPost. Réponse ce 6 mai dans la matinée, à moins qu’Emmanuel Macron préfère dessiner les grands axes et laisser à son ministre de la Culture le soin d’en préciser les contours.

 Source : HUFFPOST  06/05/2020

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