Analyse

De scandale en scandale

De scandale en scandale

Par : Kharroubi Habib

Depuis dimanche soir, pas moins de 107 journaux à travers le monde divulguent une masse d’informations inédites à laquelle ils ont eu accès dévoilant l’ampleur sidérante de l’évasion fiscale internationale dont les auteurs sont outre des milliers d’anonymes, de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement en exercice, des milliardaires, des grands noms du sport, des célébrités et des personnalités de tous les milieux. Il est révélé que tout ce «beau» monde a recouru à des montages offshore en paradis fiscaux pour dissimuler leurs actifs.

Pratiquement tous les pays sont concernés et l’Algérie n’est pas en reste puisque dans la première liste de noms dévoilée figure celui de son ministre de l’Industrie et des Mines Abdeslam Bouchouareb, présenté fiche à l’appui comme détenteur d’une compagnie domiciliée au Panama du nom de «Royal Arrival Corp». L’on apprend que cette compagnie est dirigée via une société luxembourgeoise baptisée «Compagnie d’étude et de conseil» (CEC) et que ses activités couvrent la représentation et la négociation commerciales, les travaux publics et le transport ferroviaire et maritime en Turquie, au Royaume-Uni et en Algérie. Ainsi donc, Abdeslam Bouchouareb serait coupable d’évasion et fraude fiscales tout en étant ministre de la République.

Mais du fait que sa société aurait activé en Algérie, il peut s’avérer coupable d’autres délits. Bouchouareb n’est probablement pas la seule personnalité algérienne en «délicatesse» avec la loi d’où il faut s’attendre à ce que les noms d’autres apparaissent au fur et à mesure que les 11,7 millions de documents établissant le gigantisme de la fraude fiscale mondiale seront rendus publics.

Le moins qui est attendu maintenant par les Algériens serait que le ministre Bouchouareb soit immédiatement « démissionné ». Le pouvoir ne peut accuser de « complot » les 107 journaux qui ont étalé la preuve de sa forfaiture. Son affaire tombe on ne peut plus mal pour le clan au pouvoir dont il est l’une des étoiles montantes que l’on présentait comme destinée à accéder à plus haut qu’un poste ministériel. Elle conforte en effet chez les Algériens la conviction que leur pays et ses affaires sont gérés par une classe dirigeante sans foi ni loi et aucune morale.

A des citoyens s’étant fait cette conviction, il est impossible de prêcher la modération dans leurs réactions face à la prédation à laquelle leur pays est soumis. Le changement qu’ils se sont contentés de revendiquer pacifiquement et de façon ordonnée et sans confrontation se produira inéluctablement mais pas en cette forme vu la nature des gens du pouvoir en place qui sont déterminés à le rester même si les scandales dont ils sont la cause les ont irrémédiablement discrédités et leur ont enlevé toute légitimité. L’odeur du pourri qui s’exhale des hauteurs de l’Etat algérien rend insoutenable toute autre réaction qu’une insurrection citoyenne visant à mettre fin à cet état de fait qui humilie l’Algérie, ce pays du million et demi de chouhada.

 

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