Analyse

De quelle justice accouche la révolution du sourire ?

Depuis que le chef de l'état-major de l'armée a déclaré lundi dernier « la nécessité pour la justice de poursuivre les individus impliqués dans des affaires de corruption» et qu'il attend que les instances judiciaires «accélèrent la cadence du traitement des différents dossiers concernant certaines personnes ayant bénéficié indûment de crédits estimés à des milliers de milliards causant préjudice au Trésor public et dilapidant l'argent du peuple», les Algériens ont compris qu'une opération « mains propres » allait être déclenchée et ont tôt fait de supputer sur qui parmi la faune de prédateurs ayant sévi dans le pays allait en faire les frais. Ils n'ont pas eu à attendre longtemps pour en avoir la réponse. 

Analyse : De quelle justice accouche la révolution du sourire ?

Oran par : Kharroubi Habib

Depuis que le chef de l’état-major de l’armée a déclaré lundi dernier « la nécessité pour la justice de poursuivre les individus impliqués dans des affaires de corruption» et qu’il attend que les instances judiciaires «accélèrent la cadence du traitement des différents dossiers concernant certaines personnes ayant bénéficié indûment de crédits estimés à des milliers de milliards causant préjudice au Trésor public et dilapidant l’argent du peuple», les Algériens ont compris qu’une opération « mains propres » allait être déclenchée et ont tôt fait de supputer sur qui parmi la faune de prédateurs ayant sévi dans le pays allait en faire les frais. Ils n’ont pas eu à attendre longtemps pour en avoir la réponse.

La justice pressée par l’homme fort du pays a en effet frappé vite et fort en convoquant des personnages politiques ou d’affaires qui ont été des piliers du régime Bouteflika et paraissaient intouchables du fait des protections qui leur sont prêtées et conservant encore la capacité de les prémunir de toutes atteintes. Voir Ahmed Ouyahia, Djamel Ould Abbés, une flopée d’autres dignitaires du régime ainsi que des oligarques, il y a peu arrogants et sûrs de l’impunité, être convoqués ou embastillés par la justice comme des citoyens lambdas est pour ces derniers un spectacle abasourdissant qu’ils commentent avec délectation.

Si cela est devenu possible, c’est à l’extraordinaire révolution du sourire qui a changé la donne dans le pays qu’on le doit. Mais pour que cette révolution reste sublime, elle ne doit pas permettre que la soif de justice des Algériens soit exploitée à des fins de règlement de comptes. S’il n’est pas question d’impunité pour quiconque qui a été corrompu parmi les affidés du régime Bouteflika ou a pris part à l’immonde prédation à laquelle a donné lieu ce régime, il est néanmoins impératif que la justice traite le dossier de chacun dans le respect de l’Etat de droit.

Les millions d’Algériens qui ont rendu possible la révolution du sourire mettent en avant la revendication prioritaire pour eux d’avoir une justice indépendante ne fonctionnant pas aux coups de fil ordonnateurs ou à l’injonction des détenteurs du pouvoir.

L’opération de salubrité qu’attendent d’elle les Algériens, la justice doit la mener avec rigueur et une équité non entachée de parti pris sur à qui demander des comptes. La révolution du sourire donne l’occasion aux magistrats du pays de prouver qu’ils sont eux aussi déterminés à rompre avec la justice inique qui a été l’un des piliers du régime corrompu et prédateur qu’ils ont servi pendant des décennies.

KH.H

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