Analyse

Crise libyenne : Ghassan Salamé marque un point

Crise libyenne : Ghassan Salamé marque un point

Par : Kharroubi Habib

Désigné en juillet dernier en tant qu’émissaire de l’ONU pour la Libye, le diplomate libanais Ghassan Salamé a dès sa prise de fonction le 20 septembre affiché d’emblée qu’il n’entend pas laisser l’organisation qu’il représente être marginalisée dans le traitement de la crise libyenne comme le voudraient certaines des parties libyennes et étrangères qui y sont prenantes. Ce qu’il a traduit en rendant publique la feuille de route qu’il compte suivre dans laquelle il est réaffirmé que le seul cadre valable pour les discussions sur la Libye est celui des accords de Skhirat signés fin 2015 sous l’égide de l’ONU. Ce qui revient à dire que l’ONU n’entend pas suivre ces parties qui prêchent la caducité de ces accords au prétexte qu’ils n’ont pas permis de dénouer la crise et ont lancé des initiatives qui visent ni plus ni moins qu’à dessaisir les Nations unies de la médiation entre ses acteurs libyens.

Pragmatique néanmoins, Ghassan Salamé a admis qu’il y a nécessité imposée par la réalité du terrain en Libye d’aller vers un amendement de ces accords qui permettrait de réintégrer tous les acteurs libyens ayant été ostracisés ou marginalisés dans le processus visant à la réconciliation interlibyenne. C’est dans ce but que l’émissaire onusien a organisé à Tunis une rencontre sous son égide de représentants des deux camps libyens qui se disputent le pouvoir en Libye. La rencontre qui a duré une semaine aurait selon Salamé permis qu’il se dégage un consensus entre les représentants des deux camps sur les points qui doivent être amendés dans l’accord de Skhirat pour correspondre aux développements de la situation en Libye.

Mais pour que le consensus qui s’est dégagé à Tunis entre les « frères ennemis » libyens sous l’égide de l’émissaire onusien ait une chance de se matérialiser en des étapes conduisant à la restauration d’un Etat et d’autorités autour desquels se rangeraient toutes les factions qui se sont constituées dans le sillage du conflit qui a provoqué la chute du régime de Muammar El Kadhafi, il y a nécessité impérative que cessent les ingérences externes qui à des fins intéressées attisent leurs dissensions. Ces ingérences sont présentées par ceux qui en sont les acteurs comme étant des contributions ne cherchant qu’à conforter le rôle onusien dans le conflit libyen.

Nul n’est pourtant dupe des intentions qui en sont le moteur et certainement pas l’émissaire onusien qui a franchement pris ses distances avec elles en se fixant une feuille de route qui replace l’ONU au centre de la recherche d’un accord de paix et de gouvernement pour la Libye. Sa détermination ne peut que satisfaire l’Algérie dont la méfiance justifiée contre le foisonnement d’initiatives sur la Libye hors du cadre des Nations unies s’est exprimée sans ambages car suscitée par le constat qu’elles entretiennent confusion et surenchères qui sapent systématiquement les fragiles avancées qui s’esquissent sur la crise libyenne. Ghassan Salamé ne fait pas mystère que dans sa mission il est en parfaite communion avec elle de vision et en façon de procéder pour rapprocher les parties libyennes et les convaincre que l’intérêt de la Libye est dans un dialogue et des négociations entre elles excluant les ingérences extérieures intéressées.

 

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