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Covid-19 : le nombre de décès peu élevé en Afrique par rapport à l’Europe et aux USA

ALGER - Des spécialistes ont expliqué pourquoi le nombre de décès liés au coronavirus reste peu élevé en Afrique par rapport à l'Europe et aux Etats-Unis, alors que des études alarmistes prévoyaient un scénario "catastrophe" sur le continent.

Covid-19 : le nombre de décès peu élevé en Afrique par rapport à l’Europe et aux USA

ALGER – Des spécialistes ont expliqué pourquoi le nombre de décès liés au coronavirus reste peu élevé en Afrique par rapport à l’Europe et aux Etats-Unis, alors que des études alarmistes prévoyaient un scénario « catastrophe » sur le continent.

Mi-février, alors que l’épidémie de Covid-19 se répandait à travers le monde, les instances internationales craignaient pour l’Afrique, considérée plus vulnérable. Pourtant, trois mois plus tard, le continent reste largement épargné par le virus, les Etats ayant d’ores et déjà pris leurs dispositions.

Eviter à tout prix une contagion généralisée et circonscrire les cas. Sur le continent africain, où le nombre de décès liés au Covid-19 reste peu élevé, les autorités nationales tentent via des mesures plus ou moins restrictives, de freiner la propagation du virus et s’organisent pour prendre en charge rapidement les malades.

Mise à jour quotidiennement, une carte évolutive dresse le panorama en temps réel de l’état d’avancée de la maladie. Elle se concentre sur trois variables : le nombre de décès liés au virus, le nombre total de cas déclarés depuis le début de l’épidémie, et le nombre de guérison recensés.

Pour l’OMS, l’urgence était d’éviter que le virus n’atteigne « les pays dont les systèmes de santé sont les plus faibles ».

Le 22 février, le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, tirait la sonnette d’alarme lors d’une réunion exceptionnelle avec les ministres de la santé des pays de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba (Ethiopie).

C’est avant tout le continent africain qui « préoccupait » le directeur de l’OMS à cause du manque d’infrastructures médicales qui pourraient vite être débordées en cas d’épidémie rapide. Mais alors que des dizaines de cas avaient été identifiés en Europe, une seule personne avait été testée positive en Afrique.

Depuis, plusieurs études trop alarmistes ont exploré la piste d’une « catastrophe africaine », qui, près de trois mois après le début de la crise, n’a pas eu lieu. Alors que l’Europe et les Etats-Unis ont dépassé le million de cas, le nombre officiel de contaminations en Afrique s’élève, à la mi-mai, à 75 530 cas enregistrés, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union Africaine (CDC Afrique).

Au début de la pandémie, des chercheurs ont tenté d’évaluer la progression du virus. Le 25 mars, une étude de la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM) a conclu que, fin avril, tous les pays africains auraient dépassé la barre des 10 000 cas. Un résultat 10 fois supérieur à la réalité.

Pour le professeur Antoine Flahault, épidémiologiste spécialiste de biomathématiques et directeur de l’Institut de santé globale à Genève, ce type d’erreur n’est pas surprenant : « On a tendance à généraliser ces études mathématiques pour prédire l’évolution des pandémies, or elles servent avant tout à évaluer des situations présentes, comme le taux d’immunité d’une population. En termes de prédictions, elles sont très peu fiables et souvent catastrophistes. D’autant plus qu’il s’agit de l’adaptation d’un modèle utilisé pour la grippe, or on sait aujourd’hui que le mode de diffusion du Covid-19 est différent ».

Des mesures préventives fortes et efficaces

Dans son discours du 22 février, le Directeur Général de l’OMS exhortait les pays Africains à « faire front commun pour être plus agressifs ». Un appel visiblement pris très au sérieux sur le continent.

« Avant l’arrivée du virus, nous avons fait un état des lieux avec nos pays partenaires », explique le docteur Mary Stephen, responsable technique au bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, qui travaille avec 47 pays sur le continent.

« Nous avons pu adapter les processus déjà en place pour d’autre épidémies comme Ebola assez rapidement, d’autant plus que le personnel médical était déjà formé à la gestion de ce type de crises. »

En février, le nombre de laboratoires pouvant effectuer des tests Covid dans la région est ainsi passé de deux à 26, selon les chiffres de l’OMS.

En parallèle, plusieurs pays ont étendu leurs capacités d’accueil de malades dans l’hypothèse d’une propagation rapide de la maladie. C’est le cas notamment du Ghana, du Cameroun ou bien encore du Nigeria, qui a converti le stade Balogun de Lagos en centre d’isolation des malades.

Enfin, des mesures préventives et efficaces ont été mises en place de manière préventive, comme les contrôles renforcés dans les aéroports internationaux, des campagnes de dépistage ou le port du masque obligatoire.

Début avril, alors que le bilan des contaminations n’était que de 6 200 sur l’ensemble du continent, 32 pays Africains sur 55 avaient déjà totalement fermé leurs frontières terrestres.

« Tout a été fait pour contrôler l’épidémie et limiter au maximum la propagation de cas graves et ces mesures ont porté leurs fruits », assure le Dr Stephen.

Le premier cas de Covid-19 en Afrique est apparu en février 2020 en Egypte. 53 pays africains sur 54 sont désormais touchés par le coronavirus.

Le 15 mai, le continent africain comptait 2559 décès confirmés et 27 227 guérisons pour 75 530 cas enregistrés, selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union Africaine.

Aps

 

 

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