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Coronavirus : L’Union Européenne sera-t-elle la prochaine victime ?

Alors que le Conseil Européen se réunit ce jeudi en visioconférence, chacun a conscience que l'Europe joue gros dans cette crise. INTERNATIONAL - Des médecins Cubains qui débarquent en fanfare et en urgence en Italie, brandissant drapeaux nationaux et portraits de Fidel Castro. L’image n’a pas de quoi rassurer l’Union Européenne accusée d’avoir été en retard dans le soutien à l’Italie touchée de plein fouet par la crise du coronavirus.

Coronavirus : L’Union Européenne sera-t-elle la prochaine victime ?

Par : Romain Herreros

Alors que le Conseil Européen se réunit ce jeudi en visioconférence, chacun a conscience que l’Europe joue gros dans cette crise.

INTERNATIONAL – Des médecins Cubains qui débarquent en fanfare et en urgence en Italie, brandissant drapeaux nationaux et portraits de Fidel Castro. L’image n’a pas de quoi rassurer l’Union Européenne accusée d’avoir été en retard dans le soutien à l’Italie touchée de plein fouet par la crise du coronavirus.

Après la Chine, qui a livré des masques, voilà que Cuba offre à son tour ce que Bruxelles n’a pas su proposer dans la lutte contre le coronavirus: un contingent de spécialistes débarqués en urgence. Deux événements qui portent un sacré coup à l’image de l’Union Européenne.

88% des Italiens considèrent que l’UE ne les aide pas

Un symbole qui fait particulièrement mal quand 88% des Italiens considèrent que l’UE n’aide pas leur pays face à l’épidémie et qui doit être à l’ordre du jour du conseil européen qui se tient en visioconférence ce jeudi 26 mars et auquel Emmanuel Macron participera.

Bien sûr, les Eurosceptiques se sont engouffrés dans la brèche. Mais où est donc passé la fameuse ‘solidarité’ si chère aux fanatiques de l’UE?”, ironise sur Twitter l’Eurodéputé RN Jérôme Rivière, qui souligne que Cuba est le troisième pays à s’investir aux côtés de Rome, après la Chine et la Russie.

En réalité, il n’a pas fallu attendre le pic épidémique observé en Italie ni l’assistance apportée par d’autres pays, pour voir surgir le refrain anti-UE à l’extrême droite dans la crise du coronavirus. Le 26 février sur France inter, Marine Le Pen se demandait ”à quoi” servait l’Union Européenne dans ce combat, considérant que le “seul propos qu’elle a tenu, c’est de condamner ceux qui envisageraient de maîtriser des frontières”.

Pourtant, la Commission Européenne avait déjà agi en débloquant des fonds, que ce soit pour aider l’OMS à hauteur de 114 millions d’euros ou pour investir dans la rechercher médicale via une enveloppe de 100 millions. Malgré ces efforts consentis très tôt et les mesures annoncées dans un second temps (comme la suspension inédite de la règle des 3% et les 750 milliards débloqués par la BCE), Bruxelles concentre les critiques depuis des semaines. Y compris venant du camp pro-Européen, comme le montre ce tweet de Raphaël Glucksmann, dans lequel l’Eurodéputé social-démocrate prévoit des lendemains difficiles pour l’Union Européenne une fois la crise passée.

Luttes géopolitiques

“Ces critiques sont très dures. La santé ne fait pas partie des prérogatives de l’UE, mais de celles des États membres. Les mêmes qui disent habituellement qu’il y a trop d’Europe, affirment maintenant qu’il n’y a pas assez d’Europe”, regrette auprès du HuffPost Tara Varma, directrice du Bureau de Paris de l’European Council on Foreign Relations (ECFR). Il est vrai que selon l’article 168 du Traité, l’UE “encourage la coopération” sur les questions sanitaires et “complète les politiques nationales” sans s’y substituer.

Ainsi, les interventions d’autres pays en Italie illustrent davantage les luttes géopolitiques qui se greffent à la crise sanitaire plus qu’une carence grave de Bruxelles. “Certes, l’Europe a tardé à réagir et en comparaison, la Chine a été très prompte avec ses livraisons de matériel. Mais attention, ce ne sont pas des dons, ce sont des livraisons. Nous ne sommes donc pas dans un mécanisme de ‘solidarité’ comme cela est présenté”, poursuit Tara Varma. Des initiatives intéressées qui concernent aussi les autres intervenants.

De l’aveu même de la presse Russe, l’envoi d’aide en Italie “sur ordre personnel de Vladimir Poutine” n’est pas dénué d’arrière-pensées. Non seulement les spécialistes Russes pourront engranger de l’expérience et des connaissances sur place qui leur seront utiles une fois rentrés en Russie, mais le Kremlin a aussi beau jeu de jouer la carte interventionniste sur le vieux continent. “Les pragmatiques diront qu’il s’agit aussi pour la Russie d’une opportunité stratégique de faire parler d’elle alors que le coronavirus met à l’épreuve l’unité de l’Europe”, reconnaît le quotidien russe Vedomosti.  ”C’est maintenant à la Commission Européenne de proposer un narratif opposé”, observe Tara Varma.

Source : HUFFPOST 26/03/2020

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