Analyse

Conflit syrien: fragile trêve à la merci du moindre incident

Conflit syrien: fragile trêve à la merci du moindre incident

Par : Kharroubi Habib

Devenu effectif dans la nuit de vendredi à samedi, le cessez-le-feu en Syrie a permis à la population des zones et localités où il est respecté de renouer avec un semblant de « normalité » telle celle de ne plus vivre terrée et de vaquer à la recherche de moyens de subsistance sans craindre que le feu et les obus ne s’abattent sur elle. Il ne faut cependant pas s’illusionner, la trêve intervenue peut à tout moment être interrompue tant les belligérants syriens que les pressions internationales ont forcé à l’accepter ne manqueront pas de se saisir du moindre prétexte pour faire à nouveau parler les armes.

Elle est d’autant fragile et sujette à remise en cause que des parties étrangères impliquées dans le conflit syrien n’ont souscrit que du bout des lèvres à l’accord russo-américain l’ayant imposé aux acteurs de ce conflit et qu’il faut s’attendre de leur part à ce qu’elles vont tout faire pour qu’elle soit rompue. Le Conseil de sécurité de l’ONU a certes averti que les Nations unies ne toléreront pas le viol du cessez-le-feu et que ses transgresseurs en subiront les conséquences. Il aurait dû tout aussi fermement intimer à ces parties étrangères d’avoir à cesser d’alimenter le brasier syrien en poussant leurs protégés et affidés locaux à la rupture de l’arrêt des combats.

Pour que celles-ci arrêtent leur ingérence criminelle et cause qu’une solution politique au conflit syrien s’éloigne aussitôt qu’un processus pour sa recherche est préconisé, il faut que l’Amérique et la Russie, les deux grandes puissances ayant négocié l’accord du cessez-le-feu, leur signifient sans ambiguïté qu’elles sont elles aussi tenues à ne rien faire qui rallumerait la guerre en Syrie. Si Moscou a émis un message de cette nature en direction de ces parties étrangères s’estimant avoir le droit d’ingérence dans le conflit, Washington en a servi qui donnent au contraire à comprendre à ces mêmes parties que les Etats-Unis ne considèrent leur accord avec la Russie sur la Syrie que comme un coup tactique destiné à stopper le cours défavorable pour leurs alliés syriens communs qu’a pris le conflit avec l’intervention militaire russe.

Le pessimisme qui émane des déclarations de John Kerry et d’autres responsables américains sur la durabilité de l’arrêt des combats et la possibilité qu’il serait une étape vers le règlement du conflit syrien doit à l’évidence les conforter dans la certitude que la poursuite de leur ingérence dans celui-ci arrange les Etats-Unis et que de ce fait ils ne laisseront ni la Russie ni les Nations unies entreprendre quoi que ce soit contre elle.

Il se joue sur le conflit syrien un cynique spectacle: celui d’une communauté internationale fermant les yeux sur les responsables dont les ingérences et les actions empêchent que soit mis fin à ce conflit et faisant mine de croire que cette fin est possible si ses protagonistes syriens en conviennent, alors même qu’elle sait que ces derniers sont réduits pour leur survie politique et physique même aux «alliés» étrangers qui leur dictent que faire.

 

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