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Confinement : Macron poussé par tous à durcir les règles

Alors que l'épidémie de coronavirus continue de prendre de l'ampleur, le président de la République doit recevoir l'avis du Conseil scientifique sur la prolongation ou non du confinement. POLITIQUE - Le “en même temps” peut-il marcher contre le coronavirus ? Depuis mardi 17 mars, les Français sont confinés chez eux pour enrayer la propagation de l’épidémie de Covid-19. Emmanuel Macron proscrit ainsi toute sortie -à l’exception de cinq motifs impérieux- mais exhorte en même temps les citoyens pouvant encore le faire à travailler.

Confinement : Macron poussé par tous à durcir les règles

Par : Anthony Berthelier

Alors que l’épidémie de coronavirus continue de prendre de l’ampleur, le président de la République doit recevoir l’avis du Conseil scientifique sur la prolongation ou non du confinement.

POLITIQUE – Le “en même temps” peut-il marcher contre le coronavirus ? Depuis mardi 17 mars, les Français sont confinés chez eux pour enrayer la propagation de l’épidémie de Covid-19. Emmanuel Macron proscrit ainsi toute sortie –à l’exception de cinq motifs impérieux– mais exhorte en même temps les citoyens pouvant encore le faire à travailler.

Dans le même temps, les images d’artères remplies de passants, de marchés bondés ou de quais de Seine saturés ont choqué les soignants français ou étrangers. Beaucoup se relaient dans les médias pour réclamer désormais un confinement plus strict, autour notamment du mot d’ordre #restezchezvous.

Les scientifiques au rapport

 Le Président de la République a depuis demandé au conseil scientifique créé sur le Covid-19 de se prononcer sur “la durée” et “l’étendue” du confinement. Son avis est attendu ce lundi 23 mars, mais tout laisse à penser qu’il se prononcera pour une prolongation, et comme -tout le monde ou presque- un renforcement des mesures.

Car le Président de ce comité de onze experts, l’immunologue Jean-François Delfraissy n’a jamais caché son opinion quant à la nécessaire prolongation du confinement. “On part au moins pour quatre à six semaines. Je pense que le confinement va se prolonger […] les faits sont là pour qu’il le soit”, a-t-il une nouvelle fois indiqué samedi 21 mars sur Europe 1, “suppliant” les Français de “respecter les règles.”

Contacté par Le HuffPost, l’épidémiologiste Pascal Crépey confirme que de telles mesures prises sur quinze jours ne pourront pas venir à bout de l’épidémie, à moins de “zéro contact.” Ce qui n’est pas franchement le cas.

Le message du Conseil d’État 

 Parce qu’au-delà de sa durée, la question de la qualité du confinement se pose. La grande majorité des personnels soignants, a été quelque peu déstabilisée de voir de nombreux Français dans les rues, faire leur jogging, ou sur les marchés lors des premières heures de confinement. Les témoignages se multiplient dans les médias pour réclamer des annonces plus strictes… jusqu’à ce qu’ils arrivent aux oreilles du Conseil d’État.

Jeunes Médecins et l’Isni, deux syndicats représentant les internes et étudiants en médecine ont effectivement porté plainte en référé devant la plus haute administration juridique française pour obtenir du gouvernement qu’il impose un confinement total aux Français, pour les protéger du coronavirus. Si les Sages refusent d’ordonner cette mesure exceptionnelle, ils enjoignent le gouvernement à revoir d’ici 48 heures certaines dérogations de déplacement, notamment pour motifs de santé ou pour l’activité physique.

Ils jugent “trop large” l’autorisation de pratiques sportives individuelles -telles que le jogging-, demandent à l’exécutif de préciser le “degré d’urgence” des motifs de santé justifiant un déplacement, mais également d”’évaluer les risques pour la santé publique du maintien (…) des marchés ouverts”.

Autant de recommandations qui vont dans la lignée de ce que réclamaient les jeunes médecins. “Nous avons besoin pour baisser le nombre de morts des mesures drastiques déployées en Chine: aucune sortie, aucun contact interpersonnel extérieur au foyer, arrêt strict de toutes les entreprises non vitales, des transports en commun, ravitaillement des familles au domicile par des personnels protégés”, écrivait l’Inter Syndicale Nationale des Internes dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron.

L’exemple Italien

 D’autant que ces mesures de “confinement total” viennent d’être prises, peu ou prou, par l’Italie. Pays le plus touchés au monde -avec près de 5500 décès depuis le début de la crise- dont la situation sanitaire aurait dix jours d’avance sur celle de la France, selon les spécialistes.

Quand il avait décrété dans la soirée du 9 mars l’interdiction de tout rassemblement et la stricte limitation des déplacements, le Premier ministre Giuseppe Conte tablait sur des résultats visibles en des deux semaines, soit au milieu de la semaine prochaine. Mais face à des bilans sans cesse en hausse (plus de 53.000 cas en tout, soit une augmentation de 6500 en 24 heures), et au moment où le système sanitaire est submergé, il n’a pas eu d’autres que d’opter pour des mesures encore plus drastiques. Entre autres : l’arrêt de toute activité productive non essentielle.

“Le moment est arrivé de s’arrêter, mais de le faire vraiment”, a par exemple écrit Giuseppe Conte au maire de Bergame Giorgio Gori. “Une tragédie”, selon Gianfranco Gafforelli le Président de cette province particulièrement touchée par le Covid-19, qui poussera peut-être les autorités à procéder à ce confinement total. “Quand on compare les courbes, on voit qu’il y a un décalage temporel entre ce qui se passe en Italie et ce qui se passe chez nous”, confirme Pascal Crépey au HuffPost.

L’épidémiologiste veut cependant croire que l’exemple terrifiant de ce qui se joue aujourd’hui de l’autre côté de la frontière fasse évoluer les consciences en France. “Dire que ce qui se passera en France est exactement en train de se passer en Italie, on peut espérer que non. Car une personne avertie en vaut deux”, explique-t-il.

Des élus prennent les devants

Certaines communes Françaises n’ont d’ailleurs pas attendu l’éventuel tour de vis du gouvernement pour en faire davantage. Une façon aussi de mettre la pression sur l’exécutif.

Ainsi, une dizaine de villes ont imposé le couvre-feu à leurs administrés. C’est le cas notamment à Nice, Perpignan, Arras ou encore Montpellier, comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessous. Toute sortie nocturne est même proscrite dans l’ensemble du département des Alpes-Maritimes.

 Sans parler de couvre-feu, d’autres grandes villes, à l’image de Paris ou Lyon ont également pris des arrêtés pour interdire formellement l’accès à certaines zones prisées pendant le printemps. Le Champ-de-Mars dans la capitale ou les quais entre Rhône et Saône.

Anne Hidalgo a d’ailleurs exhorté le gouvernement à imposer “confinement beaucoup plus sévère”, dans une interview au Parisien. “Il faut absolument rester chez soi, c’est la seule façon de vaincre le virus. Il faut aller vers un confinement beaucoup plus sévère. Chaque fois qu’on sort de chez soi on met les autres en danger”, y déclare-t-elle notamment.

Message reçu par la majorité ? L’Assemblée Nationale a déjà durci, samedi, les règles en cas de non-respect du confinement pendant l’épidémie de coronavirus. Au programme: six mois d’emprisonnement et 3750 euros d’amende pour les récidivistes. Ce qui fait d’ailleurs passer l’infraction de la contravention au délit, au même titre par exemple que les vols, les violences aggravées, le port d’arme, ou les agressions sexuelles.

Source : HUFFPOST 23/03/2020

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