Analyse

Conférence sur le Moyen-Orient: Paris II doit aller au-delà de la condamnation

Conférence sur le Moyen-Orient: Paris II doit aller au-delà de la condamnation

Par : Kharroubi Habib

La conférence de Paris sur le Moyen-Orient qui réunira soixante dix pays et s’ouvrira le 19 janvier prochain a été précédée par l’évènement diplomatique marquant qu’a été le vote par le Conseil de sécurité d’une résolution condamnant la politique de colonisation d’Israël dans les territoires palestiniens occupés. La réunion de Paris perdrait dès lors toute crédibilité si elle devait se conclure par uniquement la réitération de la condamnation de cette politique. L’on est en droit d’attendre des soixante dix Etats participant à la conférence qu’ils s’entendent sur une initiative allant au-delà de la simple condamnation.

Dans les coulisses des préparatifs de la réunion de Paris, il se murmure en effet qu’il pourrait en être ainsi et à l’instigation des Etats-Unis dont le secrétaire d’Etat John Kerry est crédité comme allant soumettre à la discussion un plan pour la solution au conflit israélo-palestinien sur la base de la solution à deux Etats s’accompagnant d’une feuille de route pour sa mise en œuvre à délivrer aux deux parties concernées. Il se dit aussi que Barack Obama et John Kerry ont décidé de ne pas s’en tenir seulement à soumettre ce plan mais à faire comprendre aussi à l’Etat sioniste qu’ils le tiennent pour responsable du blocage de toutes les initiatives internationales ayant tenté de relancer le processus de paix au Moyen-Orient. Ce qui pourrait se traduire par l’annonce de leur part de la reconnaissance par les Etats-Unis de l’Etat palestinien.

La même intention est prêtée à la France qui pour rappel agite cette possibilité pour elle depuis que son Assemblée nationale a, il y a deux ans, voté une résolution préconisant la reconnaissance de l’Etat palestinien. Ce dont François Hollande et son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avaient pris acte mais ont opté pour n’y souscrire qu’en mettant à l’épreuve la volonté d’Israël d’accepter la solution à deux Etats. Volonté qui s’est avérée absente au constat que l’Etat sioniste a carrément rejeté l’initiative française d’une conférence internationale sur le Moyen-Orient dont le premier acte a été la réunion de Paris en juin dernier et le second sera celle de la mi-janvier prochain.

L’intransigeance pleine de morgue de l’Etat sioniste a fini par lasser et irriter ses plus inconditionnels défenseurs qui de ce fait ne se montrent plus irrévocablement opposés à ce qu’il lui soit fait sentir que la communauté internationale ne sera plus passive devant son comportement. C’est ce qu’a été la signification des gestes américain et français au Conseil de sécurité.

Le premier ayant été l’abstention américaine sur le vote de la résolution condamnant la politique israélienne de colonisation et le second le vote par Paris de cette même résolution. Pour sûr que la reconnaissance de présagée de l’Etat palestinien par ces deux parties ayant jusque-là pris fait et cause pour l’Etat sioniste constituerait un message qu’Israël ne pourrait ignorer même venant d’une administration et d’un gouvernement tous deux en voie de céder le pouvoir à d’autres.

Il aura le mérite de lui faire comprendre que la communauté international n’est plus encline à se « coucher » au moindre froncement de sourcil de ses dirigeants et encore moins à reculer sur la pression ou sanctions au prétexte que cela traduirait de l’antisémitisme.

 

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