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Chronique d’une victoire annoncée d’Emmanuel Macron

Chronique d’une victoire annoncée d’Emmanuel Macron

Mon plus jeune fils, Jules, 25 ans, m’a mis sur la piste. C’est bien la première fois que je l’entends s’emballer politiquement. Emmanuel Macron m’avait pourtant profondément énervé en qualifiant les ouvrières de Gad «d’illettrées».

J’avais hurlé: « dans le pays d’Edith Piaf, il y a des analphabètes, des gens qui ne savent pas écrire. Mais avec la chanson française, la langue française, il n’y a pas d’illettrées!».

Mon fils m’a troublé. Mon livre «Il faut tout reconstruire» venait de sortir. J’ai alors décidé de l’envoyer à Emmanuel Macron qui m’a remercié d’une lettre manuscrite dans laquelle il me disait qu’il trouvait plein de choses intéressantes et qu’il aimerait me rencontrer fin juillet.

Entre temps, le 12 juillet, lors de son meeting de la Mutualité, j’ai eu un sentiment politique assez étrange, remuant chez moi des affects d’avant la période bénie où je suis devenu révolutionnaire, la période démocratique donc. J’y ai retrouvé beaucoup d’anciens camarades qui, comme moi, ont envie de croire, cherchent. Il y avait quelque chose, toute proportion gardée, qui ressemblait à de l’enthousiasme.

Durant l’été, j’ai fouillé un peu dans la presse et j’ai tenté de décrypter son fond politique et humain. J’ai constaté avec plaisir que nous partagions deux concepts: la naïveté, assumée chez lui, volontaire chez moi. Et la bienveillance. Celle empruntée à Houellebecq.

Son entrée dans le temps médiatique A la rentrée, il démissionne.

Dans le système médiatique, rien ne dure plus de 15 jours. Un candidat à la présidentielle s’apparente donc à un joueur de ricochet dont une parole, un acte, provoque une onde qui dure maximum quinze jours. En huit mois de campagne, il faut réussir à faire 16 ricochets pour espérer arriver au bout, voire sortir vainqueur de l’élection. Un candidat à la présidentielle s’apparente à un joueur de ricochet dont une parole, un acte, provoque une onde qui dure maximum 15 jours.

Le premier rebond de la sortie a été réussi pour Macron et au vu des sondages, l’élément le plus intéressant était que 25% des électeurs du Front National déjà se disaient prêts à voter pour lui.

Après un passage chez les agriculteurs, il a pris un rendez vous assez intéressant avec des opposants catholiques de la Manif pour tous, dans la foulée de sa visite au Puy du Fou. Par petites touches, qui pourraient chaque fois provoquer ma révolte, en tout cas celle de la bien-pensance, il se rapprochait de l’idée que je trouve juste: il faut parler à tout le monde dans ce pays si on veut le rassembler.

De sa singularité politique

A ce moment de la non-campagne de Macron (il n’était pas encore candidat déclaré), je précise ma pensée. Je ne suis pas pour Macron, je suis avec Macron. Je ne suis pas forcément d’accord avec l’avis de celui pour lequel je fais campagne, je suis avec celui qui va permettre d’ouvrir les portes et créer un choc institutionnel suffisant pour que les deux partis dominant la scène, et ne représentant au mieux que 30% des électeurs inscrits, puissent être dépassés.

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