Analyse

Ce processus d’Astana trop vite enterré

Ce processus d’Astana trop vite enterré

Par : Kharroubi Habib

Leur attention rivée sur les évolutions de la situation en Syrie au plan militaire, les médias mainstreams occidentaux ont totalement cessé de s’intéresser au processus d’Astana dont les promoteurs poursuivent pourtant la consolidation malgré les embûches semées par ses détracteurs pour tenter de le faire capoter. Ils n’ont ainsi même pas relevé que ce processus vient d’enregistrer une avancée qui augure que ses protagonistes ont désormais décidé d’aller à la négociation politique en vue de mettre fin à leur confrontation armée.

L’annonce faite à Sotchi par l’envoyé spécial russe pour la Syrie que l’opposition au régime de Bachar El Assad a présenté sa liste de candidats au comité chargé de travailler à l’élaboration de la nouvelle Constitution syrienne dont la mise en place avait été décidée le 30 janvier 2018 à Sotchi dans le cadre formel du congrès du dialogue national syrien confirme indubitablement que le processus d’Astana n’a pas été abandonné par cette opposition à laquelle les médias ont prêté l’intention de s’en retirer en raison de ses désaccords sur la composante de ce comité et sur l’espace qu’elle s’estime en droit d’occuper en son sein. Le gouvernement Syrien a quant à lui déjà présenté sa liste.

Contrairement aux médias mainstreams qui persistent à considérer que le processus d’Astana est fatalement voué à l’échec, l’opposition au régime de Damas a pris conscience qu’il est pour elle la planche de salut qui lui reste après la débâcle militaire qui a résulté pour elle sur le terrain en Syrie. Il faut espérer qu’elle s’en tienne à ce constat et se détourne des parties étrangères qui la pressent de s’entêter dans la position maximaliste du « tout ou le chaos » qu’elles lui ont fait adopter sur le conflit en lui faisant miroiter une victoire militaire qui lui ouvrirait les portes du pouvoir.

L’indice qu’elle a pris acte que la situation qui prévaut en Syrie ne lui laisse pas d’autre choix que celui de parvenir à un terrain d’entente avec le régime sur le devenir de la Syrie est venu de son aile qui se distinguait par son refus catégorique de toute négociation sur le conflit syrien qui ne serait pas conditionnée par le préalable du départ du président El Assad et le démantèlement de son régime. Cette aile dont les composantes sont regroupées au sein du Haut comité des négociations (HCN) s’agitant à partir de Ryad qui a barre sur ses positions et décisions a elle-même fini par tempérer sa posture maximaliste après s’être rendu compte que les redistributions des cartes dans le conflit syrien et dans les rapports de force dans la région ne sont plus en faveur de ses sponsors.

Après des débats en son sein qui ont provoqué l’éclatement de ses rangs, le HCN ou ce qu’il en reste a finalement opté lui aussi pour intégrer le comité chargé de l’élaboration de la Constitution dont même l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mitsura, a convenu que la mise en place va contribuer à relancer le processus de paix enclenché par Astana sans remettre en cause celui qui est placé sous l’égide de l’ONU. Les médias mainstreams ont beau faire silence sur les avancées qu’enregistre le processus d’Astana, ils ne parviendront pas à en faire des non-évènements n’ayant aucune influence sur l’issue du conflit Syrien.

KH .H

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