Catalogne: manifestations contre la violence, des appels au dialogue pour éviter l’escalade

Catalogne: manifestations contre la violence, des appels au dialogue pour éviter l’escalade

BARCELONE- Des centaines de milliers de personnes  manifestaient mardi à Barcelone sur fond de grève générale pour protester  contre les violences policières ayant émaillé le référendum d’autodétermination de dimanche en Catalogne, alors que les appels au  dialogue se multiplient afin d’éviter l'”escalade” dans le conflit opposant  Madrid et cette région séparatiste.

Appelées par les principaux syndicats à paralyser cette région de 7,5  millions d’habitants, des centaines de milliers de personnes se sont  mobilisées lors de manifestations d’étudiants, de pompiers ou de simples  citoyens indignés par les violences de dimanche et la manière dont le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy gère la crise, selon les médias  locaux.

“Les rues seront toujours à nous”, criaient les manifestants, agitant des  drapeaux séparatistes alors que différents défilés paralysaient des rues du  centre.Selon la police locale, un total de près de 300.000 personnes  manifestaient dans différents défilés dans les rues de Barcelone.

La préfecture était protégée par d’innombrables fourgons de cette même  police nationale, des policiers locaux et même des pompiers, ont rapporté  des médias.Des manifestations visant la police nationale et ainsi que la Garde civile  se sont multipliées à partir de lundi devant les hôtels qui les hébergent,  selon des syndicats et des témoins.

Le port de Barcelone, troisième d’Espagne, et le marché alimentaire de  gros de Catalogne, l’un des plus importants d’Europe, étaient quasiment à  l’arrêt.”La paralysie est presque totale. Elle affecte les dockers et les  transporteurs”, a expliqué une porte-parole du port, citée par l’AFP.

Le métro de Barcelone assurait le service minimum et les usagers entraient  sans payer. Environ 50 routes ont été bloquées par des manifestants.Le FC Barcelone s’est aussi joint à la grève : ni les équipes  professionnelles ni celles des jeunes d’aucune disciplines ne se sont  entraînées.

Beaucoup de monuments et sites touristiques de Barcelone, comme la Sagrada  Familia, n’ont pas ouvert leurs portes.

Des appels pour  des négociations immédiates-

Dans ce contexte et suite à son entrevue avec Mariano Rajoy, le leader du  parti socialiste (PSOE) Pedro Sanchez a estimé que le dialogue entre le  gouvernement espagnol et les autorités catalanes est plus que jamais  nécessaire, appelant le chef de l’exécutif à ouvrir “des négociations  immédiates” avec le président de la Generalitat, Carles Puigdemont.

Tout en déplorant les incidents survenus lors du déroulement du scrutin,  le secrétaire général du PSOE a en outre appelé à “associer tous les partis  politiques, y compris Podemos afin d’aborder la crise catalane avec  ambitions et sans exclusions”.

Sanchez avait appelé dans la soirée de dimanche, après les heurts et les  débordements qui ont eu lieu dans plusieurs villes de la Catalogne lors du  déroulement du référendum interdit par la justice, l’ensemble des acteurs

politiques en conflit à “revenir au dialogue et au bon sens pour l’intérêt  du pays” et à “éviter tous les calculs partisans”.

Des appels au dialogue entre le gouvernement et les autorités catalanes  ont été lancés également par diverses institutions internationales comme le  Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme et l’Union européenne.

Ces  instances ont exhorté les parties en conflit de “dialoguer afin de trouver  une issue politique à cette crise”.Critiquée pour son silence après ces violences, l’UE est sortie de sa  réserve pour appeler les parties au conflit au dialogue, dénonçant l’usage  de la force qui “ne peut être un instrument de politique” .

“Nous appelons tous les acteurs à passer rapidement de la confrontation au  dialogue”, a déclaré le porte-parole de la Commission européenne Margaritis  Schinas, soulignant que “la violence ne pourra jamais être un instrument en  politique”.

De son côté, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a appelé  Madrid à éviter l'”escalade” dans le conflit qui l’oppose au gouvernement  régional catalan, soulignant toutefois qu’il “partageait les arguments  constitutionnels” du chef du gouvernement, Mariano Rajoy.

Par ailleurs , le porte parole du gouvernement Inigo Mendez de Vigo a  indiqué lundi que le gouvernement reste disponible au dialogue “cependant,  le dialogue est très difficile avec quelqu’un qui ne veut que  l’indépendance”, a-t-il souligné.

Le président catalan Carles Puigdemont qui a présidé une réunion  extraordinaire du gouvernement catalan a lancé quant à lui un appel à la  médiation internationale pour régler le conflit,soulignant que cette  médiation internationale pourrait venir de différents institutions et  organisations spécialisées dans la résolution des conflits, “bien qu’il  soit clair que l’Union européenne devrait parrainer ce processus et arrêter  de regarder ailleurs”.

“La question catalane et une affaire européenne”, a-t-il insisté. La grande majorité (90%) des Catalans ayant participé à la consultation  interdite de dimanche a voté oui à la séparation avec l’Espagne, selon le  gouvernement catalan.

Cependant, les sondages montrent que les Catalans sont divisés sur  l’indépendance : 41,1% pour et 49,4% contre, d’après la dernière enquête  d’opinion publique du gouvernement catalan publiée en juillet.

Aps

 

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