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Castex suit le cap de Macron : on accélère sans rien changer

Le Premier Ministre s'est attaché, lors de son discours de politique générale, à détailler l'action du gouvernement pour les 600 prochains jours : des moyens, mais rien de très neuf.

Castex suit le cap de Macron : on accélère sans rien changer

Par : Anthony Berthelier

Le Premier Ministre s’est attaché, lors de son discours de politique générale, à détailler l’action du gouvernement pour les 600 prochains jours : des moyens, mais rien de très neuf.

POLITIQUE – Après l’annonce du menu, Jean Castex a dévoilé sa recette. Vingt-quatre heures après l’interview d’Emmanuel Macron et la présentation du nouveau cap de l’exécutif, le Premier ministre s’est attaché à entrer dans les détails des 600 jours à venir lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale.

Tour à tour, le chef du gouvernement a promis un plan pour la “croissance verte”, une loi contre le séparatisme ou la nomination prochaine d’un haut-commissaire au Plan. Le tout dans un brouhaha général et une ambiance de bizutage, avec une attention toute particulière accordée à “la France des territoires.” Un concept répété à l’envi par Jean Castex pour “ressouder” le pays, dont une partie de la population se sent “laissée pour compte.”

La suite, en somme, du mea culpa d’Emmanuel Macron la veille. Tout au long de son discours, le nouveau chef du gouvernement s’est logiquement glissé dans les pas du président de la République. Avec une ligne directrice : l’accélération des réponses économiques et les moyens qui vont avec, sans changement profond de politique.

Inventaire de mesures et de moyens

 Contraint par une crise sanitaire qui a “ébranlé” la France, Jean Castex a notamment dévoilé plusieurs mesures conjoncturelles sur le pouvoir d’achat ou l’emploi des jeunes, une des “priorités absolues” de la fin du quinquennat selon l’exécutif. En ce sens, le Premier ministre a par exemple précisé une disposition annoncée par Emmanuel Macron en promettant “un dispositif exceptionnel de réduction du coût du travail, à hauteur de 4000 euros par an, pour les jeunes de moins de 25 ans.”

Le Premier ministre a également annoncé le repas à un euro pour les étudiants boursiers dans les restaurants universitaires et fait un geste pour les ménages en promettant la revalorisation exceptionnelle de l’allocation rentrée scolaire en septembre prochain.

Voilà pour le volet social. Le chef du gouvernement, saluant les avancées du Ségur de la Santé, a également fait état d’une nouvelle enveloppe de 6 milliards d’euros d’investissements dans le système de santé.

Détaillant quelque peu le plan de relance de 100 milliards d’euros déjà annoncé par l’exécutif, Jean Castex a promis que 40 d’entre eux seront “fléchés” pour la sauvegarde des entreprises. Sans mettre en avant de possibles contreparties sociales ou écolos réclamées par la gauche.

Pas grand-chose de neuf

Car sur le fond et dans le détail, rien ne va réellement changer dans la politique gouvernementale. Ce que regrettent déjà les oppositions politiques avec plus ou moins de virulence. “On reste sur sa faim. Il n’y avait pas l’élan qu’on pouvait espérer avoir et tout cela paraît relativement convenu”, constate le député Les Républicains Philippe Gosselin. “C’est le simple prolongement de la politique conduite depuis plusieurs années, c’est d’une pauvreté ahurissante”, ajoutait de son côté le patron des députés communistes André Chassaigne dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

Force est de constater que les mêmes logiques incitatives et de “responsabilités” sont toujours à l’ordre du jour gouvernemental. Le dialogue social, l’ode aux territoires et les thèmes sécuritaires en plus. Quelques-unes des annonces faites par Jean Castex en sont le reflet.

Sur l’écologie par exemple, le Premier ministre a entre autres annoncé un plan vélo “très ambitieux”, et un accent mis sur la rénovation thermique des bâtiments. Le premier, est développé depuis 2018 par les ministres de la Transition écologique successifs. Le deuxième aspect, réclamé à cor et à cri par les responsables de gauche est quant à lui une promesse du président de la République.

Même redite sur la sécurité. Jean Castex a eu beau accorder une large partie de son discours à ce thème chéri par la droite, les annonces qui en ressortent ne sont pas franchement nouvelles. Le premier ministre a notamment annoncé une loi contre le séparatisme dès la rentrée -sans en dévoiler le contenu- alors que le séparatisme est déjà puni par la loi.

Un bonbon pour tout le monde

 Dans la droite ligne des annonces d’Emmanuel Macron contre les risques de “séparatisme” religieux en février 2020, à Mulhouse, le chef du gouvernement a rappelé que la lutte contre “l’islamisme radical sous toutes ses formes” demeure une préoccupation majeure de l’exécutif.

Il a également promis la création, “dans les territoires des juges de proximité” à partir de 2021 pour lutter contre la “petite délinquance.” ”Ça existe”, lui a alors répondu un député des bancs de l’opposition alors que le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti affichait une moue réprobatrice, sans que l’on sache à qui elle était destinée. Sous ce nom, “la juridiction de proximité” a été supprimée en 2017.

Malgré tout, sur ces sujets, comme sur d’autres, le chef du gouvernement s’est attaché en somme à piocher quelques ingrédients chez les oppositions pour assaisonner sa recette. Il a confirmé l’exhumation d’un Haut-Commissariat au Plan, totem des Insoumis. Il a mis l’accent sur la rénovation thermique, un thème cher aux écolos, et fait feu de tout bois sur la sécurité.

Une façon de donner des gages aux oppositions quant aux orientations de son gouvernement “de combat”, transpartisan. Une stratégie sans doute risquée face à des adversaires politiques qui ont logiquement tendance à voir le verre à moitié vide. C’est ainsi que Jean-Luc Mélenchon, non content de sa “victoire culturelle” sur le retour du Plan, s’est étonné, dans sa réponse au Premier ministre de ne pas voir l’exécutif ressusciter le Comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail pour les salariés.

Source : HuffPost 16/07/2020

 

 

 

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