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Boudjedra malmené par Ennahar

Boudjedra malmené par Ennahar

Synthèse par : M. AZZEDE

« J’ai tout simplement eu la chair de poule et mes cheveux se sont hérissés en visionnant un extrait de la scène vécue par Boudjedra à En nahar ». Voilà une phrase qui revient souvent un peu partout à propos des minutes infernales vécues par l’auteur de « L’escargot entêté ». Incroyable. Inouï. Impensable. Un combat de rue.

Et encore une fois, la chaîne privée En nahar TV vient de remettre les pieds dans le plat en diffusant récemment «une caméra cachée où l’écrivain Rachid Boudjedra se faisait piéger lors d’une fausse interview. Des images que j’ai trouvées terrifiantes. Elles portent les effluves nauséabonds du fascisme et de l’Inquisition. Deux concepts qui partagent bien des points communs. Ils sont par essence totalitaires et despotiques, et visent le contrôle absolu de l’individu, ainsi que l’édification d’une société uniforme et « pure ». De pareilles réflexions, il y en a à chaque « coin de rue ». Un combat de rue…

Dans cette caméra cachée, Rachid Boudjedra pensait participer à une émission télévisuelle. L’interview à peine entamée, trois hommes débarquent brusquement et interrompent le tournage. Leur ton est agressif. Ils affirment être des agents de sûreté, et lui délivrent un document dans lequel il est accusé d’espionnage. Bien entendu, l’écrivain récuse, proteste et se justifie, tout en demeurant calme et coopératif..

Jusque-là tout va bien. Ce n’est pas drôle, mais cela reste encore correct. Cependant,  l’interrogatoire glisse rapidement sur le terrain des convictions personnelles et des choix individuels. On le lui demande s’il croit en Dieu, il répond par l’affirmative, et récite la chahada pour prouver sa bonne foi. On lui demande de proclamer « Allah Akbar » par trois fois. L’entrevue vire au harcèlement. Les voix sont de plus en plus menaçantes. On le pousse à se justifier sur son épouse française, on cherche à savoir si elle s’est convertie à l’islam ou non, on fouille dans sa vie privée, on traque la moindre trace de non-conformité islamique, on redresse les torts, on exfiltre le démon, bref, on purifie.

Face aux réactions suscitées par l’émission, le directeur d’Ennahar TV, Anis Rahmani, présente ses excuses sur Twitter.

Une pétition circule et réclame aux autorités de régulations télévisuelles une condamnation ferme d’un tel programme et une sanction pour les participants.

A.M

 

 

 

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