Barzani lâché et désavoué par les faux amis de son peuple

Barzani lâché et désavoué par les faux amis de son peuple

Par : Kharroubi Habib

Quand Massoud Barzani, le président auto-reconduit du Kurdistan autonome, a pris la décision d’organiser un référendum sur l’indépendance de cette province, il ne se doutait probablement pas que l’initiative du même genre qui allait prendre corps en Catalogne susciterait à son projet un front d’opposition qui ne se limiterait pas à celui englobant l’Irak et les Etats régionaux qui ont en commun avec lui d’être hostiles à la constitution d’un Etat kurde. Sa déconvenue a dû être grande en constatant que ces pays ne sont pas les seuls à avoir déclaré nul et non avenu le référendum sur l’indépendance qu’il a organisé et ont refusé d’en reconnaître le résultat.

Ni l’Europe ni les Etats-Unis qui l’ont pourtant entretenu dans l’illusion qu’ils sont favorables à une déclaration d’indépendance du Kurdistan irakien autonome n’ont adopté l’attitude qu’il a dû en attendre. Leur lâchage n’a pas peu à voir avec la crise née en Espagne du fait que s’est tenu en Catalogne le référendum visant à l’identique pour cette province. Quels que soient les intérêts qui sont les leurs au Kurdistan irakien, Européens et Américains ne pouvaient reconnaître le résultat du référendum indépendantiste qui s’y est tenu dont l’objectif est la sécession de la province d’avec le reste de l’Etat irakien et en même temps prendre position contre celui organisé en Catalogne au motif qu’il porte atteinte à l’union de l’Etat espagnol dont ils défendent l’intégrité. Leurs prises de position sur son initiative ont incontestablement mis Barzani et les indépendantistes kurdes irakiens dans une situation de faiblesse vis-à-vis des autorités de Baghdad et du front régional hostile à l’objectif qu’ils ont voulu atteindre.

Avec un soutien international qu’il a imaginé allant être franc et massif en faveur de l’indépendance de la province qu’il dirige, Massoud Barzani s’est cru dans la possibilité de défier y compris militairement l’Etat irakien hostile et la Turquie et l’Iran ses alliés de circonstance concernant la question kurde. Au lieu de cela, le président auto-reconduit du Kurdistan autonome irakien et l’autorité provinciale dont il est à la tête se retrouvent internationalement isolés et soumis à des pressions les poussant à renoncer à leur projet de déclaration d’indépendance et à se contenter de négociations avec Baghdad se limitant à obtenir que l’autonomie déjà acquise par leur province soit quelque peu élargie et confortée. A moins de prendre le risque d’une confrontation militaire ouverte avec les parties régionales hostiles au projet d’Etat kurde, Massoud Barzani va devoir rabattre de ses prétentions et faire des concessions qui enterreront l’option indépendantiste. Dans les deux cas, le leader kurde aura à compter avec ses opposants qui exploiteront son affaiblissement pour essayer de mettre fin à son omnipotente autorité sur le Kurdistan autonome. Ce qu’ils font déjà en l’accusant d’avoir fourvoyé la province dans un conflit qu’elle ne peut espérer gagner et qui risque même de déboucher sur la remise en cause du statut de large autonomie dont elle jouit depuis la chute du régime de Saddam Hussein. Comme son père avant lui, Massoud Barzani a succombé au chant des sirènes que l’Occident intéressé et cynique a entonné à leurs oreilles et à celles de leur peuple mais en les abandonnant sans état d’âme parce que ses intérêts le lui commandent.

 

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