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Annonces sur l’automobile : faut-il aider Renault même si l’entreprise ferme des sites en France ?

Alors que quatre sites Renault sont menacés de fermeture, Emmanuel Macron annonce ce mardi un plan d'aide à la filière automobile.

Annonces sur l’automobile : faut-il aider Renault même si l’entreprise ferme des sites en France ?

Par : Romain Herreros

Alors que quatre sites Renault sont menacés de fermeture, Emmanuel Macron annonce ce mardi un plan d’aide à la filière automobile.

POLITIQUE – Ce sont des révélations qui tombent mal au moment où le chef de l’État s’apprête à faire “d’importantes annonces” visant à soutenir le secteur automobile, durement touché par la crise provoquée par l’épidémie de covid-19. Selon le Canard enchaîné, Renault envisagerait la fermeture de quatre sites en France dans le cadre de son plan de sauvegarde : Flins, Choisy-le-Roi, Dieppe et Caudan.

Or, ce mardi 26 mai, Emmanuel Macron doit révéler un ensemble de mesures visant à relancer le marché, à l’arrêt depuis le confinement. Parmi les pistes évoquées par Le Parisien, l’instauration d’une prime pour l’achat d’un véhicule hybride ou encore l’augmentation de celle existante sur les véhicules électriques. Des mesures dont bénéficiera Renault, en plus du prêt de 5 milliards d’euros garanti par l’État… et sans contreparties.

Si le ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait en effet mis en garde le constructeur en faisant savoir vendredi qu’il n’avait pas encore signé la garantie pour le prêt, le ton a semble-t-il changé ce lundi. Sur le plateau de BFMTV, le locataire de Bercy a affirmé que l’État n’exigerait pas de la part de Renault le maintien de l’activité des sites évoqués par le Canard enchaîné. “Bien sûr que nous serons attentifs à chaque emploi, mais nous voulons laisser la possibilité à Renault d’adapter son outil de production”, a précisé Bruno Le Maire.

“Ce n’est pas possible”

Une déclaration qui a beaucoup été commentée, à l’heure où même le chef de l’État donne dans le registre de la souveraineté économique dans la perspective du “monde d’après”. Sur Twitter, la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse a ainsi solennellement demandé à Emmanuel Macron d’assortir ces mesures d’aide à des engagements sur l’emploi. “Des réorganisations sont peut-être souhaitables, mais les délocalisations, avec la casse sociale qui les accompagne, ne sont plus tolérables”, estime-t-elle.

“Bruno Le Maire prétend défendre la ‘souveraineté économique de la France’ mais va laisser Renault délocaliser avec nos impôts”, renchérit Nicolas Dupont-Aignan, allant jusqu’à accuser le gouvernement de “trahison”. Même son de cloche du côté de l’Insoumis Adrien Quaternes. “Le cas Renault est emblématique : un plan d’économies prévoit des fermetures de sites et pourtant l’État s’est engagé à garantir 5 milliards d’euros de prêts pour cette entreprise, et ce matin Bruno Le Maire nous apprend que l’État n’exigera rien s’agissant des fermetures envisagées. Et bien ce n’est pas possible”, a déploré le député du Nord lors d’une conférence de presse.

Inquiétudes sur place

Au-delà de la sphère politique, la situation se tend sur les sites concernés. Ce lundi matin, plusieurs salariés de la Fonderie de Bretagne à Caudan, filiale du Groupe Renault, bloquaient l’accès à l’usine. “Depuis 8 heures, il y a un arrêt d’activité sur le site. On est plus d’une centaine devant, on va se relayer de jour comme de nuit. On proteste contre l’annonce de la fermeture de l’entreprise, on n’a pas eu de démenti depuis les annonces dans la presse”, a déclaré à l’AFP Maël Le Goff, secrétaire CGT sur place.

Les élus du secteur, qui s’inquiètent également de la situation, demandent à l’État d’exiger des “contreparties” sur ce dossier. “En tant qu’actionnaire du groupe Renault à hauteur de 15%, et compte tenu des possibles engagements qu’il pourrait prendre en soutien de ce dernier, l’État est légitime à interroger cette stratégie industrielle, consistant à organiser la disparition d’un outil industriel rénové et performant, et des centaines d’emplois directs et indirects concernés par cette activité”, soulignent les élus de Lorient Agglomération, sous la plume de son président socialiste Norbert Métairie.

Même observation du côté de Flins, où le site d’assemblage est également menacé par le plan de restructuration. ”À quelques jours de l’annonce du plan de relance de l’automobile par le gouvernement, je ne comprendrais pas que Renault prenne une décision en total désaccord avec ce plan”, souligne la sénatrice LR des Yvelines Sophie Primas. Soit exactement ce qu’expriment sur site les salariés. “Alors que l’État vient d’accorder un prêt de 5 milliards d’euros à Renault, ça serait inadmissible de laisser faire”, s’indignait la semaine dernière un délégué CFDT cité par Libération. À Emmanuel Macron ce mardi de répondre à ces incompréhensions.

 Source : HuffPost 26/05/2020

 

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