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Analyse : Une marge de manœuvre à ne pas dilapider

Dans l'entretien qu'il a eu à l'APS vendredi 12 juillet, le Ministre des Finances Mohamed Loukal a indiqué que les réserves de change de l'Algérie ont reculé à 72,6 milliards de dollars à la fin avril 2019. Toutefois le grand argentier du pays a tenu à rassurer en précisant que le niveau des réserves est relativement satisfaisant car il équivaut à deux années d'importations et permet une marge de manœuvre importante en matière de redressement de la situation financière.

Analyse : Une marge de manœuvre à ne pas dilapider

Oran par : Kharroubi Habib

Dans l’entretien qu’il a eu à l’APS vendredi 12 juillet, le Ministre des Finances Mohamed Loukal a indiqué que les réserves de change de l’Algérie ont reculé à 72,6 milliards de dollars à la fin avril 2019. Toutefois le grand argentier du pays a tenu à rassurer en précisant que le niveau des réserves est relativement satisfaisant car il équivaut à deux années d’importations et permet une marge de manœuvre importante en matière de redressement de la situation financière.

Mais si le niveau de ses réserves de change met momentanément l’Algérie à l’abri d’un éventuel recours à l’endettement extérieur pour honorer ses engagements financiers, elle y sera inéluctablement condamnée au cas où le gouvernement se contenterait d’user d’expédients et de faire dans le bricolage au lieu de soumettre l’économie nationale à un programme global d’ajustement. Les deux années de répit dont dispose l’Algérie selon Mohamed Loukal sont à mettre à profit pour prendre des mesures qui en dynamisant l’économie nationale et en améliorant sa productivité atténueront la dépendance à l’égard des importations.

Mohamed Loukal a rassuré que c’est ce à quoi s’est attelé le gouvernement dont il fait partie. Saura-t-il prendre les « bonnes » décisions ? C’est moins certain. Les « bonnes » décisions que requiert la situation économique et financière de l’Algérie vont avoir inéluctablement un coût social que le gouvernement Bedioui est incapable de faire accepter aux Algériens qui en outre le rejettent en tant que continuation d’un régime et d’une gouvernance ayant réduit le pays à la sombre situation dans laquelle il se trouve. Pour administrer au pays une thérapie douloureuse mais salvatrice, il faut un gouvernement de compétences et de probité agissant et décidant sous l’autorité d’un président de la République jouissant d’une légitimité irrécusable.

Tant que l’Algérie sera dépourvue d’un tel président et d’un tel gouvernement, il ne sera possible au gouvernement Bedioui que des initiatives de replâtrage sans conséquences déterminantes sur la situation économique et financière du pays. L’urgence est de l’en doter d’autant que le relatif confort que lui procure encore le niveau de ses réserves de change n’a qu’une durée limitée qui risque de se rétrécir si au lieu de se redresser son économie s’effondre comme elle en donne le signe conséquemment aux déboires que connaissent les empires économiques bâtis par les oligarques en délicatesse désormais avec la justice du pays.

Cette urgence ne semble pas s’être imposée aux acteurs parties prenantes de la crise politique tant ils avancent à reculons sur la voie de la résolution de cette crise sans laquelle le redressement économique du pays restera à l’état d’objectif relégué aux calendes grecques avec tous les périls qu’induit son traitement de la sorte.

KH.H

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