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Analyse : Une exhortation tombée à plat

Dans le message qu'il a adressé à la nation à l'occasion de la Journée nationale du moudjahid, le Président par intérim de l'Etat, Abdelkader Bensalah, partant du présupposé que l'instance de dialogue et de médiation coordonnée par Karim Younes est parvenue à enclencher le dialogue national auquel il a appelé à prendre part toutes les bonnes volontés Algériennes parmi les forces politiques, les acteurs de la société civile et les personnalités, a exhorté ces mêmes composantes à réunir « les conditions appropriées et à faire avancer le processus de dialogue pour atteindre rapidement ses objectifs ». 

Analyse : Une exhortation tombée à plat

Oran par : Kharroubi Habib

Dans le message qu’il a adressé à la nation à l’occasion de la Journée nationale du moudjahid, le Président par intérim de l’Etat, Abdelkader Bensalah, partant du présupposé que l’instance de dialogue et de médiation coordonnée par Karim Younes est parvenue à enclencher le dialogue national auquel il a appelé à prendre part toutes les bonnes volontés Algériennes parmi les forces politiques, les acteurs de la société civile et les personnalités, a exhorté ces mêmes composantes à réunir « les conditions appropriées et à faire avancer le processus de dialogue pour atteindre rapidement ses objectifs ».

Pourtant, le chef de l’Etat par intérim qui est à l’évidence parfaitement renseigné que l’instance dont il a béni la création, et c’est un euphémisme, peine à rallier à sa vision du dialogue ceux à qui il a adressé son appel. Il ne peut pas également ignorer que son appel et sa réitération ne sont pas de nature à mieux les disposer à l’égard de cette instance. Et cela en raison qu’elle a accepté son parrainage alors que quasi unanimement les Algériens clament qu’il ne peut y avoir de dialogue tant que lui et le gouvernement Bedoui, survivances exécrées du régime honni de Bouteflika, resteront en place. Son exhortation à « accélérer » le processus de dialogue qu’il prête à l’instance de Karim Younes d’avoir effectivement déclenché est révélatrice que le pouvoir qu’il incarne officiellement mais pas dans les faits s’en tient à l’exécution de sa feuille de route concernant la gestion de l’après-Bouteflika même si le mouvement populaire persiste à en rejeter les dispositions.

Il apparaît clairement qu’il importe peu à ce pouvoir que l’instance de dialogue et de médiation n’a pour l’heure de contacts qu’avec des parties dont la notoriété et l’influence ne sont pas probantes. L’essentiel est pour lui que les médias publics et privés fassent grande publicité aux contacts qu’elle a laborieusement engagés afin d’entretenir l’illusion que son initiative attire des adhésions qui rendent possible l’ouverture d’un dialogue national dans la forme qui lui a été tracée à travers l’offre que Bensalah a été chargé de faire connaître. Cette illusion que le pouvoir de fait cherche à ancrer comme une réalité dans l’esprit des citoyens est l’illustration que le pouvoir de fait est déterminé à opérer un passage en force pour concrétiser sa feuille de route.

Cette façon de procéder démontre la survivance au sein de ce pouvoir du culte de la ruse, de la force et du mépris que Bouteflika a érigé en mode de fonctionnement du sien pour étouffer toute aspiration du peuple à voir sa souveraineté reconnue et respectée. Elle présage en tout cas que la sortie de crise rapide que le pouvoir de fait recherche à travers elle est utopique en raison que les Algériens refuseront d’y être associés et ne se contenteront pas de faire avec maintenant qu’ils ont brisé le mur de la peur.

 

KH.H

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