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Analyse : Un durcissement répressif qui n’entame pas la détermination populaire

Avant Hier vendredi, les marcheurs ont défilé en scandant les mêmes slogans revendicatifs qu'ils font entendre semaine après semaine depuis le 22 février, avec la particularité cette fois d'avoir rendu saillants ceux ayant trait aux libertés civiques et citoyennes mises à mal par le durcissement du comportement des forces de l'ordre lors de ces rendez-vous populaires

Analyse : Un durcissement répressif qui n’entame pas la détermination populaire

Oran par : Kharroubi Habib

Avant Hier vendredi, les marcheurs ont défilé en scandant les mêmes slogans revendicatifs qu’ils font entendre semaine après semaine depuis le 22 février, avec la particularité cette fois d’avoir rendu saillants ceux ayant trait aux libertés civiques et citoyennes mises à mal par le durcissement du comportement des forces de l’ordre lors de ces rendez-vous populaires. Il est vrai que ces libertés sont malmenées sans ménagement depuis que le chef d’état-major de l’armée s’en est pris au déploiement en ces circonstances de l’étendard Amazigh à côté du drapeau national et a ordonné aux forces de l’ordre de l’empêcher et d’intervenir contre ceux qui le brandiraient. Ce qui donne lieu à des interventions policières musclées et qui plus est à des décisions judiciaires d’incarcération à l’encontre de manifestants ayant transgressé l’oukase du chef d’état-major

S’il pouvait paraître à tort ou à raison que le mouvement citoyen antisystème amorçait son déclin d’intensité ayant pour cause la lassitude ressentie par de plus en plus d’Algériens devant l’impasse politique induite par son face-à-face avec le pouvoir de fait incarné par Gaïd Salah, le durcissement du ton employé par ce dernier à son encontre et sa détermination à en saper l’unité en s’en prenant aux porteurs de l’étendard amazigh, force est de constater que les atteintes aux libertés civiques et citoyennes ordonnées par l’homme fort du pays ont cimenté les fissures qui menaçaient l’union de ses rangs. En portant atteinte à ces libertés que les Algériens pensaient avoir recouvrées le 22 février, le pouvoir de fait a non seulement redonné souffle au mouvement populaire mais a également mis en mauvaise posture les pôles politiques et de la société civile qui ont fait signe d’être favorables au dialogue préconisé par lui autour des conditions et mécanismes à mettre en place pour aller à l’élection présidentielle en guise de solution à la crise politique qui s’éternise dangereusement.

Pour aussi enclins qu’ils sont à entrer dans cette démarche avec le pouvoir de fait, le durcissement répressif de celui-ci les contraint à lui poser le préalable de mettre fin à son comportement qui leur dicte de rester solidaires du mouvement citoyen porteur des revendications du peuple.

Le respect des libertés civiques et citoyennes est l’exigence non négociable qu’ils font entendre au pouvoir de fait tant pour le mouvement populaire que pour les pôles constitués par des acteurs politiques et de la société civile. Si le pouvoir persiste à répondre par la répression à la prolongation des revendications populaires, il n’est pas un parti, une personnalité nationale ou une représentation de la société civile qui oserait ouvrir avec lui le dialogue qu’il préconise.

KH.H

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