Analyse

Analyse : Pernicieux et dangereux angle d’attaque

Tant que le mouvement populaire sera capable de faire descendre dans la rue chaque vendredi et sur l'ensemble du territoire national des centaines de milliers de citoyens, le Général Ahmed Gaïd Salah et le pouvoir de fait dont il est l'homme fort seront dans l'impossibilité d'exécuter l'agenda politique qu'ils ont unilatéralement fixé pour censément sortir le pays de la crise sans déroger au cadre constitutionnel.

Analyse : Pernicieux et dangereux angle d’attaque

Oran par : Kharroubi Habib

Tant que le mouvement populaire sera capable de faire descendre dans la rue chaque vendredi et sur l’ensemble du territoire national des centaines de milliers de citoyens, le Général Ahmed Gaïd Salah et le pouvoir de fait dont il est l’homme fort seront dans l’impossibilité d’exécuter l’agenda politique qu’ils ont unilatéralement fixé pour censément sortir le pays de la crise sans déroger au cadre constitutionnel. Le mouvement populaire ne veut pas en effet de cet agenda et de ce cadre jugeant qu’en s’y laissant enfermer, il lui faut renoncer à sa revendication d’un changement de régime ne laissant rien subsister des fondamentaux de celui ayant été bâti par le président déchu et ses soutiens. Gaïd Salah, qui est aux commandes du pouvoir de fait, a adopté au départ une position conciliante à son égard avec le calcul que son attitude lui vaudrait l’adhésion citoyenne à la feuille de route qu’il a déclinée, mais non sans tenter d’en casser l’unité des rangs en les faisant infiltrer pour essayer de lui inoculer les ferments de la discorde et de la dissension. La maturité politique et son discernement des pièges qui lui ont été tendus ont permis au mouvement populaire de ne pas tomber dans ces derniers.

Pour autant, Gaïd Salah n’a apparemment pas renoncé à mettre fin a ce mouvement qui persiste à contester son pouvoir et à ne pas vouloir de sa feuille de route. Ses dernières déclarations ont laissé transparaître qu’il est pris de la tentation d’user de la force pour y parvenir. En fustigeant le déploiement lors des marches du mouvement de l’étendard symbolisant l’identité berbère aux côtés du drapeau national et en donnant l’ordre aux forces de sécurité d’y mettre un terme, le chef de l’état-major pense vraisemblablement s’être trouvé un prétexte à réprimer le mouvement populaire qui, par son pacifisme et son civisme, ne lui en donne pas d’autre.

Son angle d’attaque contre le mouvement populaire est cette fois pernicieux, car il est vrai que le déploiement de l’étendard symbolisant l’identité berbère suscite débat et controverse en son sein. Le dire n’est pas prendre position en la matière mais attirer l’attention que l’on veut par ce biais casser l’unité du mouvement et, par voie de conséquence, jeter le discrédit sur ses objectifs. Le chef de l’état-major sait que les courants islamiste et national-conservateur ne désapprouveront pas sa sortie contre le déploiement de l’étendard symbole de l’amazighité et qu’elle est susceptible de leur donner raison à accélérer leur acceptation à sa feuille de route. Ces courants étant eux-mêmes à la recherche d’un prétexte pour prendre leur distance avec un mouvement auquel ils ont adhéré  »circonstanciellement » mais qui les frustre de l’ambition qu’ils ont eue d’en devenir les composantes déterminantes à même de lui dicter ses positions et choix d’objectifs.

 KH.H

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