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Analyse : Le cacheur de soleil avec un tamis

 

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Le cacheur de soleil avec un tamis

Par : Kharroubi Habib

C’est encore l’inusable Ahmed Ouyahia que le pouvoir a délégué pour aller au charbon afin de convaincre l’opinion Algérienne que le pays est gouverné et qu’il ne connaît pas de crise politique comme le laisse entendre le monde politico-médiatique en exploitant l’inexplicable cafouillage auquel donne lui l’extravagant bras de fer au sein de l’Assemblée Nationale entre la majorité parlementaire et le Président de l’institution. Aux journalistes qui l’ont interpellé sur cette péripétie qui paralyse la chambre basse y voyant effectivement la manifestation d’une crise au sommet qui s’est invitée dans l’enceinte parlementaire, Ouyahia a sans se démonter assené que ce qui se passe actuellement au boulevard Zighout  Youcef « est un problème interne à l’APN qui trouvera son règlement dans le cadre interne ». Pour preuve, selon lui, que les démêlés entre les députés de la coalition parlementaire et Saïd Bouhadja, le Président de leur institution, n’ont aucun impact sur le calendrier politique national, Ouyahia a affirmé que l’élection Présidentielle que d’aucuns ont présentée comme justificative du méli-mélo dont l’enceinte parlementaire est le théâtre se tiendra bien au mois d’avril, et que cela ne va pas entraîner la dissolution de l’APN.

A l’encontre de ceux qui répandent la thèse d’une dissolution de l’APN destinée à faire reporter, voire à faire l’impasse sur l’élection Présidentielle programmée, le Premier Ministre et néanmoins chef du RND, deuxième pilier de l’alliance Présidentielle, a déclaré qu’ils veulent « faire peur aux députés » et a envoyé à ces derniers un message rassurant en estimant que la situation d’impasse que leur mouvement a suscitée au sein de l’APN ne va pas durer. Egal à lui-même dans l’exercice de faire prendre des vessies pour des lanternes, le patron du RND s’est évertué à nier l’existence d’une crise politique devenue pourtant perceptible même pour les zélés laudateurs du pouvoir qui contrairement à lui en sont à douter que le quatrième mandat de Bouteflika finisse sans une déflagration cause de la réalité de cette crise dont il veut faire croire à l’inexistence. Aux yeux même de ces milieux le déni par Ouyahia d’une situation de crise politique en Algérie n’est pas crédible, car venant d’un responsable qui au mépris du bon sens et alors que tous les indicateurs montraient en 2014 que l’Algérie entrait dans une crise économique en raison de la chute abyssale des cours pétroliers, affirmait imperturbablement que cette perspective ne reposait sur aucun fondement et que ceux qui l’ont agitée le faisaient dans le but là aussi de faire peur à la population et la pousser à prendre parti pour leurs desseins politiques.

La dure réalité que la suite a induite pour cette population a totalement disqualifié Ahmed Ouyahia pour l’exercice du « parler vrai » dont il prétend qu’il est sa règle de conduite à l’égard de l’Algérie et des Algériens. Ces derniers ne le voient plus qu’en préposé chargé par le pouvoir de leur « cacher le soleil avec un tamis ».

KH.H

 

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