Analyse

Analyse : L’arroseur arrosé

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L’arroseur arrosé

Par : Kharroubi Habib

L’enquête menée aux Etats-Unis par le procureur spécial Robert Mueller cherchant à établir la vérité sur une présumée ingérence de la Russie dans la course présidentielle américaine et qui de surcroît, selon les ennemis politiques de Donald Trump, a été sollicitée par son équipe de campagne semble avoir libéré le côté extravagant et irréfléchi du président américain. Preuve en est qu’après avoir qualifié l’enquête en question de «chasse aux sorcières» visant son équipe et lui-même par ricochet, il en est arrivé à suggérer aux enquêteurs à regarder du côté de la Chine qu’il accuse d’ingérence dans cette même campagne électorale mais tout comme l’ont fait ceux qui ont ciblé la Russie sans fournir la moindre preuve à l’appui de son accusation.

En proférant sa surprenante accusation, le président américain ne s’est nullement inquiété que la Chine la prenne pour une provocation à son égard dans un contexte où elle fait front à la guerre économique qu’il lui a déclarée. Comme il ne semble pas avoir eu conscience qu’il a ce faisant abondé dans le sens de ses adversaires tenants de la thèse que son élection est redevable à l’ingérence étrangère. En validant de la sorte leur thèse, l’inénarrable président américain conforte dans l’opinion américaine que l’élection dont il a été le gagnant a été en somme pervertie par l’ingérence étrangère, qu’elle ait été russe ou chinoise. Ce n’est pas parce qu’il l’a orientée sur Pékin que cette opinion américaine va l’absoudre de l’accusation plus grave que l’enquête du procureur spécial Robert Mueller cherche à établir qui est que son équipe ou lui-même ont été en collusion avec la partie étrangère ayant recouru à l’ingérence.

L’establishment américain que l’élection de Donald Trump a abasourdi n’a trouvé d’explication à la déroute électorale que lui a infligée l’Amérique «profonde» que la main de l’étranger qui serait celle encore non établie de la Russie avec laquelle le candidat honni promettait pendant sa campagne de nouer des relations plus apaisées privilégiant le dialogue sur les dossiers clivants de la politique internationale. Il est tout de même extravagant que cet establishment américain en a été réduit à cette seule justification de sa «dégelée» électorale. En s’y accrochant, il a fait la démonstration qu’il ne prête aucun libre arbitre à la société américaine et à son électorat et persiste à n’y voir qu’une masse ayant été influencée dans ses choix électoraux par le venin subversif que lui a instillé une présumée ingérence étrangère. Ce n’est pas grandir la démocratie américaine que de la présenter être exercée par un magma citoyen n’ayant ni discernement ni capacité d’esprit qui le mette à l’abri des manipulations.

En partant en guerre contre une présumée ingérence étrangère (russe dans son cas), ce même establishment américain s’est aux yeux de l’opinion internationale mis dans la situation de «l’arroseur arrosé». Car question d’ingérence dans les affaires des autres Etats, l’Amérique détient la palme. L’ingérence lui est devenue consubstantielle et l’instrument primordial dont elle fait usage dans ses relations au reste du monde.

KH.H

 

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