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Analyse : Gaïd Salah persiste et signe

Depuis plus d'une semaine, les choses s'accélèrent en Algérie. Du moins au plan juridique. La justice a en effet procédé à l'ouverture d'enquêtes et de procédures pénales à l'encontre de hautes pointures tant politiques que du monde des affaires présumées impliquées dans des affaires de corruption, de dilapidations des deniers publics et d'octroi d'avantages indus au détriment des intérêts de la collectivité nationale.

Analyse : Gaïd Salah persiste et signe

Oran par : Kharroubi Habib

Depuis plus d’une semaine, les choses s’accélèrent en Algérie. Du moins au plan juridique. La justice a en effet procédé à l’ouverture d’enquêtes et de procédures pénales à l’encontre de hautes pointures tant politiques que du monde des affaires présumées impliquées dans des affaires de corruption, de dilapidations des deniers publics et d’octroi d’avantages indus au détriment des intérêts de la collectivité nationale.

L’opération mains propres ainsi diligentée suscite une satisfaction populaire incontestable d’autant que la justice semble ne pas vouloir la circonscrire au nettoyage des seules sphères par lesquelles elle l’a commencée.

Mais la satisfaction populaire est indubitablement gâchée par le constat qu’en dehors de l’action judiciaire entamée, le pouvoir de fait qui est aux commandes du pays se montre toujours aussi peu disposé à répondre favorablement à la revendication centrale du mouvement citoyen qui a obtenu la démission de Bouteflika et la chute de son clan prédateur, qui est que ceux qui subsistent de ce clan dans les hauts rouages de l’Etat soient eux aussi « dégagés ».

Et ce n’est pas la déclaration politique faite ce lundi passé par l’homme fort du moment de ce pouvoir de fait, le Général chef d’état-major de l’ANP Ahmed Gaïd Salah, qui va leur permettre d’augurer une sortie rapide du pays de la crise qu’il traverse. Droit dans ses bottes, Gaïd Salah a non seulement réitéré que l’institution militaire est et restera résolument « attachée aux solutions légales et constitutionnelles pour résoudre la crise », mais affirme aussi qu’en cela sa position a « l’approbation de la grande majorité du peuple Algérien ».

Une affirmation de la part du chef de l’armée qui est révélatrice qu’il ne voit pas dans le mouvement citoyen qui formule l’exigence d’une solution extra-constitutionnelle à la crise la source de la souveraineté populaire malgré que ses marches hebdomadaires rassemblent sans discontinuité des centaines de milliers de citoyens.

Ce lundi, Gaïd Salah n’a même pas scellé l’aversion que lui inspire ce mouvement en donnant à comprendre qu’il serait sous l’influence d’activistes et de meneurs « adeptes de la surenchère politique et idéologique ». Ce même mouvement Gaïd Salah l’a pourtant encensé et lui a prodigué son soutien quand sa révolte a visé le Président déchu et ses proches sur le point de lui notifier son limogeage. Il est allé même à lui promettre que l’armée soutiendra l’application de l’article 102 et même 7 et 8 de la Constitution faisant de la souveraineté populaire la source du pouvoir et sa dispensatrice.

Ce en quoi il a dérogé en défendant une solution que cette souveraineté populaire rejette grandiosement chaque vendredi.

KH.H

 

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