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Analyse : Face-à-face entre obstination et détermination

Au peuple qui a brisé le mur de la peur et n'entend plus être dessaisi de sa souveraineté quant au choix du régime qu'il veut pour le pays, il ne peut être demandé de faire confiance à des institutions et des hommes contre lesquels il s'est précisément soulevé et en revendique et la dissolution et le départ.

Analyse : Face-à-face entre obstination et détermination

Oran par : Kharroubi Habib

Au peuple qui a brisé le mur de la peur et n’entend plus être dessaisi de sa souveraineté quant au choix du régime qu’il veut pour le pays, il ne peut être demandé de faire confiance à des institutions et des hommes contre lesquels il s’est précisément soulevé et en revendique et la dissolution et le départ.

Or c’est ce qui lui est demandé par le pouvoir de fait qui régente le pays depuis la démission de l’ex-Président Abdelaziz Bouteflika sous la pression populaire. La solution « constitutionnelle » de résolution de la crise politique découlant de cette démission pour laquelle a opté le pouvoir de fait est en effet inacceptable pour l’écrasante majorité des Algériens tant elle comporte à ses yeux des risques de voir sa revendication fondamentale d’un changement radical de régime de gouvernance être pervertie et réduite à une opération de ravalement de la façade de celui dont elle ne veut plus.

Le mouvement populaire qui est venu à bout de Bouteflika et de son régime signerait par conséquent sa défaite et sa renonciation au changement radical de régime politique s’il en venait à accepter l’ouverture d’un dialogue avec le pouvoir de fait ou ses porte-voix sur la seule base que comporte la solution « constitutionnelle ». Cela ne veut pas pour autant dire qu’il lui faille rejeter le principe du dialogue en tant que « mécanisme civilisé » de résolution de la crise politique dont le pays est le théâtre. Au contraire, il lui faut réitérer systématiquement sa disposition au dialogue tout en signifiant à l’autre partie qu’elle doit accepter que celui-ci ne se limite pas à la tenue d’une élection présidentielle dans le cadre « constitutionnel ».

Par ses marches du vendredi dont l’ampleur et le grandiose ne se démentent pas, le mouvement populaire démontre qu’il s’en tient à sa revendication fondamentale. Il lui reste seulement à faire preuve qu’il recèle la potentialité d’émettre des propositions de sortie de crise à hauteur de la complexité de celle-ci et des défis à relever qu’elle entraîne. Le foisonnement de celles qui ont émané de son sein, de la société civile et de la classe politique en est une illustration positive.

Le pouvoir de fait ne peut persister à les discréditer en les qualifiant « d’irresponsables » au motif qu’elles préconisent le dépassement consensuellement admissible du cadre «constitutionnel». Ce qu’il fait pourtant depuis presque trois mois tout en rejetant sur le mouvement populaire la responsabilité de l’impasse politique dans laquelle est le pays.

KH.H

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