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Analyse : Alep gazée dans l’indifférence des Occidentaux 

Une pluie d'obus s'est abattue samedi sur la ville d'Alep sous contrôle du gouvernement syrien. Selon les médias étatiques syriens, le bombardement a fait des dizaines de blessés et a entraîné des difficultés respiratoires chez les habitants, ce qui est le signe que les projectiles dont il a été fait usage contenaient des gaz toxiques.

Analyse :

Alep gazée dans l’indifférence des Occidentaux 

Oran par : Kharroubi Habib 

Une pluie d’obus s’est abattue samedi sur la ville d’Alep sous contrôle du gouvernement syrien. Selon les médias étatiques syriens, le bombardement a fait des dizaines de blessés et a entraîné des difficultés respiratoires chez les habitants, ce qui est le signe que les projectiles dont il a été fait usage contenaient des gaz toxiques. Pour une fois, le très contesté Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a confirmé le fait rapporté par les médias gouvernementaux en se gardant toutefois d’imputer les tirs d’obus à la rébellion armée pointée du doigt par ces mêmes médias. Bizarrement, cet observatoire qui prétend disposer d’un réseau d’informateurs grâce auquel il est renseigné sur tout ce qui se passe sur le terrain dans l’ensemble du territoire syrien semble incapable de déterminer l’origine des tirs d’obus dont il admet qu’ils ont occasionné des suffocations à des dizaines de personnes dont des femmes et des enfants. Il n’aurait pas été aussi scrupuleux dans l’annonce de l’incident s’il avait eu lieu dans une ville occupée par la rébellion armée et aurait immédiatement accusé les forces gouvernementales d’en être les responsables.

Le soupçon d’usage de gaz toxiques sur la ville d’Alep, bien que pourtant corroboré par l’OSDH, n’a nullement provoqué le branle-bas médiatique auquel l’on assiste dans les pays occidentaux à chaque fois que ce même observatoire en fait état en mettant en cause les forces du pouvoir syrien. Il n’a donné lieu à aucune de ces réactions martiales dont se fendent les chancelleries occidentales en les occurrences. Pour ces milieux, l’usage dans le conflit syrien de gaz toxiques ne semble pas être la ligne rouge à ne pas enfreindre par tous les belligérants. Par leur silence sur ce qui s’est passé à Alep, ils en donnent une éloquente confirmation.

Il reste que le bombardement d’Alep qui a été opéré par des éléments de groupes armés qui occupent la province d’Idleb a incontestablement visé à faire capoter les pourparlers qui vont s’engager prochainement à Astana et dont ni ces groupes ni leurs sponsors occidentaux et régionaux ne veulent la réussite. Il a été sciemment fait usage de gaz toxiques sur la ville d’Alep pour susciter l’effroi de sa population et pousser le gouvernement syrien à rompre la trêve qu’il observe dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu pour la province d’Idleb conclu entre Ankara et Moscou.

Le calcul de ces groupes et de leurs sponsors est qu’en agissant ainsi le gouvernement syrien replâtrerait contre lui le front anti-régime dans la province d’Idleb mis à mal par l’acceptation de certaines de ses composantes de participer aux pourparlers d’Astana. Les Aleppins savent désormais que les Occidentaux leur sont indifférents à ce qui peut leur advenir puisque leur ville est sous contrôle du gouvernement et qu’il leur importe peu qu’ils soient gazés par les groupes armés qu’ils sponsorisent et entretiennent les capacités de nuisance même chimiques.

 KH.H

 

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