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Algérie : Panique dans les agences de voyage 

Le Président du Syndicat National des Agences de Voyage de l’ouest (SNAV), Tewfik Midoune, a estimé que la pandémie du Coronavirus a fait l’effet d’"un véritable séisme" pour les agences de voyage et de tourisme contraintes de baisser rideau.

Algérie : Panique dans les agences de voyage 

Lille par : Mohammed CHOUAKI

Le Président du Syndicat National des Agences de Voyage de l’ouest (SNAV), Tewfik Midoune, a estimé que la pandémie du Coronavirus a fait l’effet d’ »un véritable séisme » pour les agences de voyage et de tourisme contraintes de baisser rideau.

« Les agences de voyage ont été frappées de plein fouet par la pandémie du virus Corona. Ceci est arrivé au moment où nous préparions les packages pour les vacances au Sud du pays et à l’étranger ou pour des voyages de Omra durant le Ramadhan. C’est un véritable séisme. Toutes les agences du pays sont fermées », a indiqué M. Midoune.

« Toutes les agences de voyage du pays resteront fermées tant que les avions resteront cloués au sol. Cette situation nous revient très cher, depuis le mois de mars dernier, car nous avons des charges à honorer et un personnel à payer », a ajouté Tewfik Midoune, précisant que plus de 10.000 travailleurs du secteur sont actuellement à l’arrêt forcé.

Pour remédier à cette situation, des démarches ont été faites pour l’annulation pure et simple des paiements versés à la Casnos et non pas leur report, ainsi que l’annulation des charges fiscales et parafiscales. »Durant cette période de crise sanitaire, nous n’avons eu aucune activité », a-t-il souligné.

Le même responsable a estimé que le secteur se trouve « actuellement dans une situation délicate », précisant que pour y remédier, son syndicat a formulé au Premier ministre plusieurs propositions dont l’utilisation de la taxe de 2.500 DA versée par chaque candidat à la Omra, à l’Office du Hadj et de la Omra, comme fonds de garantie pour aider les agences de voyage lors des catastrophes naturelles. « Ceci évitera de recourir aux caisses de l’Etat », précise le même interlocuteur.

Pour l’avenir, Tewfik Midoune pense que la reprise des activités des ATV se fera avec celle des compagnies aériennes. « Aucune date n’a été avancée et plusieurs scénarios sont envisagés en fonction de l’évolution sanitaire dans le monde », a-t-il précisé. Évoquant les billets d’avions émis avant la pandémie et non utilisés, le même responsable a fait état de « pressions » exercées par les compagnies aériennes internationales sur les agences de voyage Algériennes.

« Ces compagnies n’ont pas cessé de faire pression sur les agences de voyage pour le paiement des ventes réalisées alors que 90% des voyageurs n’ont pas effectué leurs déplacements », a-t-il déploré.

« Aujourd’hui, il existe quelque 3.000 agences de voyage activant dans le pays. Ce nombre est énorme alors que l’apport du secteur à l’économie nationale reste faible », a-t-il souligné. Dans ce contexte, il a déploré le fait que « l’activité de nos agences de voyage soit basée presque exclusivement sur la vente de quelques destinations à l’export, en plus de la Omra et de la saison du hadj ».

« Nous possédons tous les moyens pour rendre incontournable la destination Algérie, à condition de corriger quelques facteurs », a-t-il affirmé, tout en soulignant la nécessité d’abroger le décret autorisant à toute personne l’ouverture d’une agence de voyage.

Pour assainir le secteur, il est également question, selon le responsable du SNAV de trouver solution au problème des bureaux d’affaires. « Ceux-ci ont plusieurs casquettes, à savoir agences de voyages, agences immobilières et autres. C’est pourquoi nous avons demandé de changer cette situation, et que chacun joue le rôle qui lui est dévolu », a-t-il indiqué.

Évoquant l’avenir du tourisme en Algérie, Tewfik Midoune souligne que le syndicat préconise, entre autres, « la fin de la formule de concession, qui a fait beaucoup de ravage et a plutôt desservi le tourisme, l’attribution des zones d’expansion touristique (ZET) aux professionnels du tourisme, avec un cahier des charges nécessitant une application stricte, avec un investissement conséquent dans lequel l’Etat peut intervenir pour faciliter les procédures, bancaires notamment ».

« Nous avons appelé à la création d’un véritable tourisme interne pour relancer le secteur, car, nous professionnels, nous connaissons les secrets de la réussite de tous les pays dans ce domaine et nous sommes en mesure de les appliquer dans notre pays pour développer notre tourisme », souligne M. Midoune.

« Tout reste à faire, nous devons coordonner nos efforts pour réussir ce challenge. Nous sommes optimistes pour le lancement de la destination Algérie, car le potentiel existe », a souligné M. Midoune.

M.CH

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