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Algérie : Bouteflika, les clans et le Hirak

Alger : Bouteflika voulait mourir au pouvoir et avoir des funérailles nationales. Mais cela prenait du temps, et c’était les autres qui décédaient comme s’il les tuait un à un (Chadli, Kafi, Ait Ahmed, Ben Bella, Lamari, Belkheir...) Les anciens rendaient l’âme un à un, mais lui, malgré la maladie, restait encore en vie. A-t-il sept âmes, comme les chats ? Avant l’avènement du Printemps arabe, Il était même question qu’il y ait une succession dynastique, par l’élection du « frère-conseiller » à la magistrature suprême, par la création d’un parti politique pour enclencher la mécanique appropriée. Le refus de forces au pouvoir (au sein de l’armée et du DRS) fut systématique : niet à la succession de Saïd !

Algérie : Bouteflika, les clans et le Hirak

Alger par : Mohamed Balhi

Alger : Bouteflika voulait mourir au pouvoir et avoir des funérailles nationales. Mais cela prenait du temps, et c’était les autres qui décédaient comme s’il les tuait un à un (Chadli, Kafi, Ait Ahmed, Ben Bella, Lamari, Belkheir…) Les anciens rendaient l’âme un à un, mais lui, malgré la maladie, restait encore en vie. A-t-il sept âmes, comme les chats ? Avant l’avènement du Printemps arabe, Il était même question qu’il y ait une succession dynastique, par l’élection du « frère-conseiller » à la magistrature suprême, par la création d’un parti politique pour enclencher la mécanique appropriée. Le refus de forces au pouvoir (au sein de l’armée et du DRS) fut systématique : niet à la succession de Saïd !

La maladie du Président, longue et imprévisible, poussa les clans à placer leurs poulains. Les gens de l’ouest jetèrent leur dévolu, tout à tour, sur Chekib Khellil puis le général major Hamel, patron de la police et aussi Tayeb Louh qui espérait être à la tête du FLN pour ensuite viser plus haut ; à l’opposé le clan kabyle avait les siens (Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal) adoubé par « les hommes d’affaires » et syndicat ( Ali Haddad, Sidi Saïd) »

Tout est bon pour acheter les âmes des gens, par le recours aux zaouias, aux versets coraniques, à la manne pétrolière, à l’argent sale, aux caisses noires, aux menaces…

Les clans se battaient entre eux, mais, pour des raisons tactiques, ils préservaient une entente de façade. Il n’y avait pas de consensus entre eux pour choisir un candidat et continuer à gérer leurs affaires et prendre en otage le pays.

Côté « Services », le chef du DRS, Mediene, avait tous les moyens pour mettre fin au règne de Bouteflika aussitôt que celui-ci fut évacué en urgence à l’hôpital d’instruction des armées du Val-de-Grâce, en France. Tewfik, alors tout puissant patron des services de renseignement, joua la carte du légalisme (d’aucuns, qui le connaissent bien, le traitèrent plus tard, de lâche ! Pour n’avoir pas déboulonné Bouteflika et son régime)
Côté armée, il y avait Ahmed Gaïd Salah. Il se disait pourquoi pas moi ! Mais tant que Bouteflika était vivant, il ne pouvait rien faire. Et puis, l’armée ne voulait pas d’un scénario, préjudiciable à sa réputation, semblable à celui de 1991. Elle jouera un rôle salvateur en évitant le piège de la répression.

Sur le papier, Bouteflika était le véritable maître à bord. Il bénéficiait de la protection de la France officielle au prétexte qu’il était le garant contre une déferlante islamiste en cas de déstabilisation de l’Algérie. Les vrais pilotes, eux, constitués en « forces extra-constitutionnelles » agissaient dans l’ombre. Ils s’entre-déchiraient. Ils reconduisirent alors Bouteflika pour un 5e mandat. Et jamais, au grand jamais, y compris dans leurs cauchemars, ils n’imaginèrent le scénario qui les enverrait à la prison d’El Harrach : le 19 février 2019, à Khenchela, le portrait du Président de la république est arraché de la façade de l’APC par la population hostile au 5e mandat. Un geste symbolique incroyable. Bouteflika déboulonné comme un vulgaire dictateur ! Le roi est nu. Un portrait arraché par les Chaouis ! Quelle revanche pour ceux qui furent, en privé, traité de « Serbes » par Bouteflika. D’ailleurs, l’ancien Président Liamine Zeroual, natif des Aurès, comprit très tôt les mesquineries et les manœuvres de celui qui lui succéda.

De toute manière, Bouteflika, jouant les uns contre les autres, n’avait d’estime que pour lui-même et les siens. Tous les autres ont des avatars : les Kabyles, des « nains », les Chaouis, des « Serbes », les journalistes « Tayabett el hammam », etc.

Bordj Bou Arreridj, Kherrata, Khenchela, l’effet boule de neige. Ce sur quoi, il faut insister, c’est que le Hirak n’est pas une génération spontanée, il faut revenir un peu en arrière, et notamment à la grève des médecins, annonciatrice de quelque chose de nouveau, dans l’engineering et la qualité citoyenne des revendications ; grève réprimée par la police, sur instruction venue, comme d’habitude, « d’en haut »

Le 22 février 2019, un tsunami populaire, alimenté par les humiliations endurées, déferle sur tout le pays. Le mécontentement venait, par ailleurs, de l’intérieur et de l’extérieur de l’Etat, y compris des institutions stratégiques. L’appel pour une manifestation le 22 février, par le biais des réseaux sociaux, ne pouvait venir que d’une force organisée, avec ses propres réseaux, d’autant que la situation s’y prêtait.
Des années de frustrations, de rancœurs et de batailles furent décisives, alimentant le volcan. Le clan Bouteflika et les premiers cercles de soutien agissaient en association, ruinant le pays et bloquant son développement.

لشركة هلكة، يا لوكان في طريق مكة.

« Toute association est ruineuse, fût-ce sur la route de La Mecque. » avertit un dicton Algérien. Evidemment, là il s’agit d’association mafieuse.

M.B

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